Gilles Barissat : "Le private equity a pris ses lettres de noblesse"

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(Crédits : Fred Lefeuvre)
Si le private equity tient salon c'est que l'investissement dans les sociétés non cotées n'est plus tabou. C'est même un exercice qui place la France dans le peloton de tête de l'Europe, explique l'organisateur du salon IPEM qui se tient à Cannes.

Plus de 1 000. Le chiffre est révélateur à la fois d'une tendance de fond et d'une bonne tenue. Car 1 000 c'est le nombre de deals conclus en 2016. "La France est le pays en Europe il y a le plus de deals", appuie même Gilles Barissat. Finie la mauvaise image des fonds d'investissements, plus souvent perçus comme des synonymes de fossoyeurs d'entreprises que comme des bons samaritains financiers. Pratique encore jeune en France - elle n'a pas plus de trente ans - elle est aujourd'hui entrée dans les mœurs entreprenariales. Et pour cause.

Changer d'échelle

Voie supplémentaire de financement ou de refinancement pour les entreprises, le private equity bénéficie aussi d'une conjoncture qui lui est favorable. Comme le précise l'AFIC, l'association française des investisseurs pour la croissance, les entreprises accompagnées ont un chiffre d'affaires cumulé d'environ 225 milliards d'euros soit 1/5 du CAC 40. "La France est considérée comme le pays en Europe apportant le plus d'opportunités", poursuit Gilles Barissat, évoquant comme facteur d'attractivité, la fameuse French Touch, ce mélange de talents en matière de créativité, de luxe, de design. "L'image de la France est bonne pour sa compétence humaine" ajoute-t-il. Et puis, "les entreprises ont besoin d'ouvrir leur capital". Et de grandir. Car c'est bien cela le vrai sujet, c'est le changement de taille, le passage de la PME à l'ETI et de l'ETI au groupe. Une modification d'échelle qui a encore du mal à se faire.

Et l'organisateur en revient au pourquoi de la manifestation, c'est pour dire que "IPEM est le seul salon dédié au sujet qui se tienne sous cette forme : c'est un salon de business pour lier des relations concrètes". De fait, les premiers chiffres donnent 39 nationalités présentes, 575 compagnies à 48 % d'origine étrangère et une augmentation des professionnels présents de l'ordre de 46 %. Un signe que la profession a aussi besoin d'échanger et que pour les entreprises qui veulent faire venir à elles, les fonds, l'exercice en vaut la chandelle.

Propositions franches

Tout va donc très bien au pays du private equity. Oui et non. Car il y a inévitablement les bâtons dans les roues. Législatifs notamment. Ce qui a d'ailleurs conduit l'AFIC et son président Olivier Millet a coucher noir sur blanc 16 propositions pour améliorer l'environnement du private equity en France. Evidemment, elles sont destinées aux candidats à la présidentielle. Y figure notamment la révision des règles prudentielles des investisseurs institutionnels, l'ouverture et la rotation du capital dans les entreprises en supprimant l'ISF, la construction d'un environnement favorable au réinvestissement des plus-values en fonds propre dans les startup, les PME et les ETI, la promotion du corporate-venture, l'aménagement du régime fiscal des FIP et des FCPI... Si comme le dit Gilles Barissat, le "private equity a pris ses lettres de noblesse", lui donner un cadre favorable de développement c'est bon pour les entreprises. Et donc pour l'économie. C'est ce que l'on appelle un cercle vertueux. Pour ne pas tourner en rond.

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