Pourquoi Euronext chouchoute les entreprises familiales

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(Crédits : © Lucas Jackson / Reuters)
Avec un programme spécial et dédié appelé FamilyShare, la bourse paneuropéenne veut promouvoir et aider le développement de ces entreprises souvent dynamiques mais peu regardées par les investisseurs car trop discrètes. Et crée même un indice tout exprès.

Elles sont plus nombreuses que ce que les apparences peuvent laisser penser. En Europe elles sont 14 millions et en France elles représentent 83 % du tissu économique. Les entreprises familiales, telle est la nouvelle cible d'Euronext qui a concocté un programme sur-mesure pour ces entités pleines de qualité. Car si elles sont discrètes - voire timides - elles sont surtout bourrées de qualités et ça, ça plaît aux investisseurs. Mais encore faut-il qu'elles soient visibles. Avec Family Share, le manque devrait être réparé.

Bonnes élèves

Car la bourse paneuropéenne ne cache pas ses espoirs dans la mise en place de cet accompagnement aussi ciblé que pointu. "Les entreprises familiales sont une classe d'actifs à part entière, notamment en France", explique Eric Forest, le PDG d'EnterNext, la filiale dédiée au financement et à la promotion des PME et ETI par les marchés. "Les entreprises familiales se développent dans la durée, leur gestion est plus prudente. Leur résilience est, de fait, plus forte".

Pourquoi cet intérêt - qui peut paraître soudain - pour les entreprises familiales ?

"Nous avions déjà un socle d'entreprises familiales cotées. Elles représentent la deuxième famille sur nos marchés, avec 20% des 755 PME-ETI cotées sur les marchés d'Euronext. Nous sommes convaincus que les marchés financiers constituent également un outil pertinent dans la gestion de la liquidité familiale. Nous avons mené une cinquantaine d'entretiens afin d'écouter et comprendre les attentes et les besoins de ces entreprises. En fonction de tout cela nous avons construit et designé un programme spécifique", poursuit Eric Forest.

360 °

Le programme justement s'appuie sur des partenaires-experts dont Deloitte, KPMG France, NewCap, Oddo & Cie, l'IFA, JeantetFamily, L'Ecole de la Bourse, Brunswick et le groupe Crédit Agricole. Et surtout, il ne concerne pas uniquement le dirigeant mais tout son écosystème. "L'approche est différente de ce que nous avons fait avec TechShare (le programme dédié aux entreprises technologiques NDLR), il est ici à 360°". C'est-à-dire que peuvent être concernés ici les dirigeants mais pas que, les actionnaires familiaux aussi, les salariés clés, les administrateurs, la nouvelle génération. L'idée est d'aborder tous les sujets,  transmission, financement de la croissance, accroissement de la visibilité. Mais aussi de lever les principaux freins qui résistent encore.

Indice européen spécifique

Comme touche finale et complémentaire, un indice spécifique, baptisé Euronext Family Business sera lancé le 21 février prochain. Composé de 90 entreprises cotées, il le sera pour un tiers d'entreprises du compartiment A, un tiers d'ETI et un tiers de PME. Là encore, son rôle est d'apporter une plus grande visibilité. Et qui dit visibilité dit business amélioré.

PACA aussi

En région Sud (un territoire allant de Perpignan à Nice en passant par Marseille), 15 % des entreprises cotées sont familiales. Et si certaines sont très visibles, d'autres préfèrent appliquer le proverbe "pour vivre heureux vivons cachés". Ce que détaille Guillaume Mordelet, le représentant d'EnterNext pour cette région. "Certaines entreprises familiales cotées utilisent et réutilisent la Bourse. Certaines profitent de l'effet notoriété que cela produit, notamment à l'international, telle Delta Plus. D'autres en revanche sont plus discrètes, comme Robertet". Evidemment le programme FamilyShare a aussi pour objet de séduire celles qui ne voient pas la Bourse comme un outil pouvant leur correspondre. Ce qui exige donc également de la pédagogie. Et de ne pas hésiter à redire que les investisseurs aiment les entreprises familiales. Parce qu'il n'y a pas que les startup...

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Commentaires
a écrit le 06/02/2017 à 18:56 :
Bref les vampires de la finance cherchent de nouvelles sources de revenus, attention danger.

Quel est l'intérêt de donner ses revenus à des gens que l'on ne connaît pas ? Il vaut mieux investir dans des outils de production plutôt que de gaspiller son argent en dividendes.

Petits patrons, nombreux d'entre vous sont fragiles psychologiquement, ne vous faites pas avoir par ces gens qui ne vous veulent du bien que pour prendre votre argent.

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