Cédric Messina, premier de cordée

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(Crédits : DR)
Pas « borderline » mais souvent hors des lignes conventionnelles, le dirigeant de My Coach a très vite vu dans le tandem sport et numérique un duo qui a de l'avenir. Pour ce Niçois qui vibre depuis toujours aux couleurs rouge et noir du maillot des Aiglons, c'est même un terrain à explorer sous tous ses angles.

Assez logiquement, étant donné l'appétence de son dirigeant pour le ballon rond, My Coach s'est d'abord intéressé au football. Et comme souvent, l'histoire démarre d'une idée, plutôt considérée comme farfelue à l'époque - nous sommes en 2011 mais qui prend aujourd'hui toute sa dimension. Il y a six ans donc, Cédric Messina est dans la com. Pour ce pur Niçois qui a fréquenté le stade du Ray avec assiduité - il est né dans le quartier - il est déjà question de sport. En fait, il en a toujours été question. En 2001, il lance ActuFoot 06 alors que l'OGC Nice est en Ligue 2. Mais la foi aura raison des statistiques et l'équipe niçoise grimpe la même année dans l'élite. Le succès du journal est tel qu'il essaime dans d'autres départements. Le digital pointant le bout de son nez, le tout vire alors sur support numérique. En 2010, c'est le passage du côté de la communication, d'abord avec OGC Nice Media puis avec la création de l'agence Comback dont il passe les rênes deux ans plus tard à un duo d'entrepreneuses.

Car si Cédric Messina revient sur le terrain de l'entrepreneuriat, c'est que My Coach connaît un succès sans doute profondément espéré mais pas si vite envisagé. D'ailleurs, lorsque la petite entreprise est créée, c'est à Thomas de Pariente que Cédric Messina confie son développement. Ils sont amis depuis leur rencontre sur les bancs de la fac de Nice, Thomas de Pariente en arrive même à liquider sa propre entreprise pour s'engouffrer totalement dans l'aventure qui compte un troisième coéquipier, Philippe Garcia. Et de solution préalablement destinée à la gestion de la performance sportive pour les entraîneurs de football amateur, My Coach passe vite dans le camp des professionnels. Hugo Lloris, le capitaine de l'équipe de France (et niçois), entre au capital. L'OGC Nice, l'AS Monaco ou Évian Thonon-Gaillard sont les premiers à adopter My Coach. La même année, Early Metrics, l'agence de notation des startups, la classe parmi les trois pépites hexagonales les plus prometteuses. Elle rejoint en même temps l'accélérateur national déployé par Allianz au sein du nouveau stade de Nice. Une première levée de fonds pour mettre le pied à l'étrier est suivie d'une seconde, en mai 2016, pour un montant de 2,60 millions d'euros, réalisée auprès des investisseurs historiques, dont ACG Management. « Nous avons créé une marque, maintenant il faut créer une plateforme ouverte et sécurisée qui puisse convenir du joueur au préparateur physique, du professionnel à l'amateur », explique alors Cédric Messina, qui part à Londres recruter un ex-Ebay pour en faire son directeur technique. Car la plateforme prend de l'ampleur et à besoin d'être redesignée.

But suprême : l'international

Ambitieux sans que ce soit un gros mot, Cédric Messina vise clairement le leardership mondial sur la numérisation du sport. Car My Coach, aujourd'hui, ce n'est plus uniquement le ballon rond. La signature avec la Fédération française de football, officialisée fin septembre, celle avec la Fédération de cyclisme, en mars dernier, et avec la Fédération de volley-ball, très récemment, sonnent comme un encouragement, considérant le plan de développement imaginé. Cependant la startup de 25 collaborateurs, dont 12 ingénieurs, est déjà dans les starting-blocks pour d'autres disciplines.

« Disrupter un marché ne signifie pas pour autant manquer de discipline. Nous voulons conserver notre vision d'entrepreneur. Notre première victoire est d'être devenus la première application française pour les entraîneurs. Nous avions prévu d'en équiper 100.000 d'ici 2020. Nous avons trois ans d'avance. Mais rien n'est figé. À nous de pérenniser. Si nous voulons être un acteur mondial, nous devons être reconnus sur le marché domestique », explique Cédric Messina, qui compte s'inspirer du modèle d'Amazon.

My Coach est regardée avec intérêt par la ministre des Sports, Laura Flessel, venue début octobre en visite dans les locaux de la startup, qui occupe désormais ses propres bureaux au sein de l'Allianz Riviera. Mais elle sort déjà du strict terrain du sport professionnel. Avec l'Université Côte d'Azur, elle vient de donner naissance à My Coach Activity, une joint venture dont elle détient 70 % du capital, et une application destinée à favoriser l'activité sportive chez les travailleurs et les personnes âgées en proposant des entraînements sur-mesure définis selon le profil des utilisateurs, de leurs antécédents médicaux, leur âge, leur profession, leurs objectifs... Pour celui qui est aussi secrétaire général du mouvement French Tech Côte d'Azur, il est essentiel de jouer collectif, « pour le territoire ». Car Cédric Messina n'envisage pas d'entreprendre ailleurs qu'à Nice.

« Nous avons fini d'écrire le premier chapitre, mais d'autres s'ouvrent », résume Thomas de Pariente. Un capitaine cramponné à sa stratégie, à l'aise dans ses baskets et le regard porté au-delà du ciel niçois. Si ce n'était pas la devise de l'autre équipe du Sud, l'OM, « Droit au but » pourrait assez bien résumer l'homme comme l'entrepreneur.

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TIMELINE

  • 16 mars 1975 Naissance à Nice.
  • 21 décembre 2001 Création d'ActuFoot 06 à Nice.
  • 2 juillet 2010 Création d'OGC Nice Media.
  • Février 2011 Création de My Coach.
  • 2013 Première levée de fonds.
  • Décembre 2015 Création de l'association Nice Startups qui rassemble les pépites niçoises.
  • 14 mars 2016 Seconde levée de fonds d'un montant de 2,6 M€.
  • Mars 2017 Accord avec la Fédération de cyclisme.
  • Septembre 2017 Accord avec la Fédération française de football.
  • Remporte le prix EY de la stratégie disruptive.

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