Quel développement pour la marque Jean-François Rey ?

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(Crédits : DR)
Le créateur d’optique positionné sur le haut de gamme et établi à Marseille fait rimer collections et innovation. Nouvelles formes, nouvelles matières... et de points de vente supplémentaires à moyen terme, en misant toujours plus sur l’internationalisation.

Le monde de l'optique vit au rythme de deux grands salons internationaux. En septembre, il y a le Silmo, à Paris. Et février, c'est le mois du Mido milanais. Deux événements que Jean-François Rey, créateur de lunettes haut de gamme établi à Marseille, ne saurait manquer afin d'y dévoiler ses nouvelles collections. "Nous étions donc en Italie le dernier week-end de février, mais aussi en janvier à l'Opti Munich, un troisième salon qui prend de l'importance", avance le créateur. L'occasion d'y présenter notamment Double Jeu... Un nouveau thème bien nommé : "on observe une tendance générale qui va de l'acétate de cellulose vers le métal, ou encore au mélange des deux matières combinées. Et c'est une bonne chose pour nous, puisque nous sommes assez forts dans le métal. Cette nouvelle collection consiste donc en un jeu entre deux montures juxtaposées l'une sur l'autre, ce qui offre un effet graphique, et deux couleurs. Nous l'avons lancée avec quatre formes, nous allons multiplier les modèles au fil de l'année", soit quatre nouvelles formes à venir en vue du Silmo de septembre. Mais chez Jean-François Rey, la créativité s'exprime à tous crins. "Nous avons aussi continué à innover dans le plus haut de gamme, en développant notamment de nouvelles formes dans l'acétate recouverts de cuir, ou encore dans les mélanges de bois et de carbone pour une cible plus masculine. Les retours sont très bons, la collection cuir, lancée il y a deux ans a rencontré son public".

Trois concepts par marque et par an

Ainsi naissent les collections, qui forment autant de compartiments au sein des cinq marques estampillées du sceau du créateur : JF Rey, avec notamment Kids&Teens et JF Rey Petite, pour les femmes à petit visage, "une niche de collection développée à partir du Canada et des Etats-Unis, où les femmes peuvent avoir des visages assez petits". Le designer a aussi lancé Jean-François Rey, en toutes lettres, comprenant donc la collection cuir, mais aussi la 1985, des rééditions en séries limitées de modèles des années 80. Histoire de séduire un public plus jeune et féru de vintage. Boz, Volte Face et enfin Sky Eyes, la marque dévolue aux solaires, ferment la marche. "Il se peut que cette année, deux autres thèmes naissent, nous y réfléchissons. Nous faisons en sorte de développer au moins trois concepts principaux par marque et par an, parfois davantage". Une multiplication des collections afin de séduire tout autant de cœurs de cible, c'est l'un des axes de développement de Jean-François Rey. Ce n'est pas le seul, puisque l'autre levier de croissance demeure l'export, qui représente 65 % de l'activité de l'entreprise. "En France, le marché de l'optique est un peu compliqué, à cause des remboursements de mutuelles, réalisés de manière plafonnée. Conséquence, les marchés du moyen et du haut de gamme s'érodent, la consommation opère un glissement vers des produits plus abordables. Il faudra un peu de temps avant que le consommateur s'habitue à cela et admette qu'il va devoir mettre davantage de sa poche. En attendant, pour compenser cet effet, nous misons davantage sur l'international".

L'Asie, une belle terre de conquête

Parmi les zones cibles, l'Asie. En Chine, des accords ont été mis récemment en place avec des distributeurs positionnés eux aussi haut de gamme... et ça fonctionne. "Nous nous sommes également confortés sur le Japon et la Corée du Sud, il va falloir à présent se concentrer sur d'autres pays de ce continent, à l'instar de la Thaïlande ou du Vietnam". Se frayer un chemin vers une notoriété accrue, cela passe enfin par des collaborations avec des artistes du cru en vue de collections capsules. C'est ainsi que Jean-François Rey devrait réitérer son partenariat avec le créateur de jeu vidéo Hidéo Kojima, "d'autres projets de ce type sont dans les tuyaux avec des artistes issus du monde du graf pour donner lieu à une collection capsule ciblée street art". Une omniprésence qui se traduit aussi par la multiplicité de points de vente : près de 4 000 à l'échelle de la planète, et en 2019 une nouvelle boutique au Japon. Mais en France aussi, la marque songe à s'étendre, puisque cette même année devrait voir le jour une boutique à Paris. Bref, un mouvement perpétuel, créatif et stratégique, qui permet à l'entreprise marseillaise de garder un chiffre d'affaires stable, à 15 M€, malgré les troubles caractérisant le marché français.

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