Comment Mathieu Lustrerie brille à l’étranger

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(Crédits : Mathieu Lustrerie)
C’est grâce aux innovations et à un repositionnement vers le luxe que Régis Mathieu a relancé la société fondée par son père en 1948. Aujourd’hui, l'entreprise vauclusienne cartonne à l’export.

Le lustre en objet d'art ou de spéculation. C'est l'évolution que constate Régis Mathieu, le PDG de Mathieu Lustrerie. "Nos acheteurs sont des collectionneurs, ils investissent dans une pièce qu,i dès qu'elle sort de la production, a déjà pris de la valeur", décrypte-t-il.

Une vision bien loin de celle du début des années 90, quand Régis Mathieu décide à seulement 20 ans de reprendre la société familiale fondée en 1948. "Après le décès de mon père, ma mère avait repris l'entreprise qui était au plus mal à cause de la concurrence des grands magasins qui proposaient des prix bas et les architectures qui ne prévoyaient plus la place pour des lustres d'antan", se souvient l'entrepreneur de 46 ans.

Restauration, réédition puis création

Faute de trouver des clients pour produire en masse, il décide à l'époque de se tourner vers le sur-mesure faisant alors de ses lustres un produit de luxe. Autre pari, celui de développer prioritairement les marchés étrangers. "J'étudiais en commerce international donc j'étais plus à l'aise. L'export m'a permis d'être fort sur le plan national", raconte Régis Mathieu.

La PME familiale commence à reprendre des couleurs grâce à la restauration et la réédition de lustres. "Cela ne me suffisait pas, j'ai voulu créer nos propres pièces avec un style contemporain". Une évolution accompagnée d'un déménagement de Marseille vers le Luberon, à Gargas. C'est dans une ancienne usine d'ocre que se trouvent désormais les ateliers de l'entreprise et ses 30 salariés qui traitent chaque année entre 350 et 550 lustres, vendus entre 5 000 et 500 000 euros.

L'innovation depuis toujours

Un musée est également présent à Gargas depuis 2010, une activité débutée par passion, mais qui renforce l'image luxueuse des lustres, au même titre que les galeries à travers le monde. "Il y a 10 ans, on parlait de showroom, aujourd'hui ce sont des galeries, cela montre l'évolution des lustres d'objets de luxe à œuvres d'art", estime Régis Mathieu.

Si la PME provençale a réussi à repartir de l'avant, c'est aussi parce qu'elle innove depuis toujours en utilisant des ampoules LED en forme de bougies, de la lumière cachée ou encore des amortisseurs en plastique pour stabiliser les lustres. Un dernier point particulièrement utile lorsque les produits se trouvent proches du métro.

Extension du musée

Car Mathieu Lustrerie est derrière la rénovation des lustres de l'Opéra de Paris ou encore de la galerie des Glaces de Versailles. "La restauration concerne plutôt les lieux publics, mais quand nous vendons des pièces, les acheteurs ont aussi besoin que nous nous en occupions", précise Régis Mathieu. Aujourd'hui, l'entreprise de lustres et luminaires génère un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros, dont plus de deux tiers à l'export. "Les principaux marchés sont la Chine et l'Inde, mais notre image colle à la France synonyme de travail de qualité", précise le dirigeant provençal.

Le passionné de lustres se montre cependant prudent sur les objectifs de sa société et mise sur "une petite croissance maîtrisée" avec "une ou deux embauches par an". Son prochain projet est l'agrandissement pour l'été 2019 du musée afin d'ouvrir les jours où les ateliers sont fermés. De quoi faire, un peu plus encore, du lustre une œuvre d'art.

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