Levées de fonds : que dit le premier trimestre ?

 |   |  603  mots
(Crédits : DR)
Au pays du tour de table en monnaie sonnante et trébuchante, tout va bien mais les opérations sont moindres et le ticket moyen plus élevé. C'est ce que dit le baromètre publié par In Extenso Innovation Croissance, basé à Sophia-Antipolis.

2018 se met-elle dans les pas de 2017 ? Alors que Revolut - certes britannique - a fait l'actualité ce 26 avril avec un tour de table conclut à 250 M€, alors que l'on attend la nouvelle feuille de route de la French Tech et que "licorne" semble vouloir se faire un destin français, les levées de fonds demeurent une sorte d'indicateur de performance, à apprécier cependant en le replaçant dans un contexte global.

Moins et plus

Ainsi donc, au niveau national, les opérations ont été moins nombreuses, tout comme les montants levés, respectivement 118 au total contre 163 et à 620 M€ contre 694 M€ sur la même période l'année dernière. Mais (heureuse ?) surprise, le ticket moyen est plus élevé à 5,25 M€ contre 4,4 M€ en 2017.

Des chiffres qui pour Patricia Braun, ne sont pas suffisamment significatifs pour tracer une tendance ni dire ce que sera 2018. En revanche, le ticket moyen plus conséquent est pour la présidente d'In Extenso Innovation Croissance le signe - constant - de startups qui sont plus matures au moment de l'appel à de l'oxygène financier extérieur et donc "plus proches du marché". Et de fait, lorsque l'on observe l'âge de l'entreprise au moment de la finalisation de la levée, elles ont entre 1 à 3 ans ou plus de 5 ans.

La baisse du nombre de levées réalisées peut en revanche s'expliquer par des investisseurs qui ont désormais davantage le choix, les projets soumis étant plus nombreux. Ce qui pourrait être considéré comme une sorte de cercle vertueux.

L'intermédiation, c'est tout bon

Toujours premières de la classe, les plateformes d'intermédiation cumulent à la fois les montants levées les plus importants - 181,12 M€ - et le nombre de levées les plus nombreuses avec 39 opérations contre 17 à titre d'exemples aves les activités Saas ou cloud qui cumulent 17 opérations.

Très prudente face à ce qui semble être une envolée des fintech, Patricia Braun tient à rappeler que sur les 82 M€ réunis par les pépites du secteur, 61 M€ ont été réalisés par la seule Ledger. Autant dire qu'avant de s'enthousiasmer, il va falloir attendre ne serait-ce que les résultats du second trimestre pour pouvoir en tirer une conclusion plus définitive.

A la peine en volume mais pas en terme de ticket moyen qui progresse à + 75 %, les biotechs se trouvent confrontées à un tissu de fonds spécialisés restreint, alors que la R&D est forcément consommatrice de monnaie sonnante et trébuchante.

PACA en forme

Pris sous le prisme de l'origine géographique des startups, le baromètre montre un étonnant mais net recul de l'Île-de-France alors qu'en Auvergne et en Provence Alpes Côte d'Azur, les startups se comportent bien, à l'instar du marseillais HalioDX et ses 18,5 M€ levés, de l'aixois GoJob (17 M€) ou du sophipolitain Wildmoka (6,5 M€).

Et de fait, en Provence Alpes Côte d'Azur, les pépites du cru ont su se montrer convaincantes. Il suffit de considérer l'incroyable + 235 % du montant des levées et un ticket moyen qui fait encore mieux, à 250 %, s'élevant à 7,5 M€.

"Le succès des plateformes d'intermédiation n'est pas un effet de mode", insiste Patricia Braun. "Elles viennent occuper le marché et sont attractives pour les fonds".

Du second trimestre il est notamment attendu la confirmation ou non d'un ticket moyen plus élevé. Quid du nombre d'opérations concrétisées ? Autant d'éléments à analyser à l'aune des potentielles licornes qui ont besoin de fonds, sans oublier la question "de l'indépendance de certaines startups". L'essentiel : "que les investisseurs accompagnent sur le long terme".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :