Néhô Group ou l’hôtellerie d’affaires multi-usages

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(Crédits : DR)
Le jeune groupe hôtelier niçois développe un concept d’hôtellerie d’affaires inédit selon lequel une même chambre peut cumuler les fonctions d’hébergement - la nuit - et d’espace professionnel - le jour. Et c’est à Nice, dans le quartier d'affaires de l’Arenas, que l’établissement verra le jour en 2020.

Petit à petit, Néhô Group fait son nid. Né en juin 2014, le groupe hôtelier niçois créé par d'anciens cadres de l'immobilier, de l'hôtellerie et de la finance, s'est constitué en moins de quatre ans un portefeuille de 18 établissements - 17 en France et 1 Belgique - lui permettant de générer en 2017 un chiffre d'affaires de 25 M€. "Notre objectif premier est rempli", indique Patrick Boero, directeur général du groupe dont le capital est détenu à 33% par le fonds Audacia. A savoir, "l'acquisition d'un ensemble d'établissements multi-gamme, multi-site et multi-enseigne pour démontrer la capacité de gestion et d'exploitation de Néhô". Et ainsi atteindre un seuil critique en termes de chiffre d'affaires et de marges dégagées afin de se doter de tous les outils nécessaires au développement de ses propres projets et opérations immobilières. Car dans le monde de l'hôtellerie comme ailleurs, lancer un concept ex-nihilo n'est pas chose aisée. Mieux vaut partir avec des fondations solides. Surtout lorsqu'on entend bousculer les codes établis.

Des chambres modulables

Car le concept développé par Néhô Group n'a rien d'ordinaire. "Nous sommes partis du constat suivant : si un hôtel est rempli la nuit, quid des m² construits et dédiés à l'hébergement le jour ? Ne pourrait-on pas s'en servir pour proposer une offre "day use" à la clientèle affaire ?" D'où ce concept d'établissement hybride, classé 4 étoiles, où une partie des chambres serait modulable et se transformerait, en 30 minutes chrono, en mini centre d'affaires le jour, avec bureau, salle de réunion, de visioconférence, vestiaire, le tout évidemment connecté en très haut débit... avant de retrouver, la nuit, leur fonction initiale.

"L'idée est d'éviter le produit figé pour privilégier des modules qui s'adaptent à la saisonnalité et aux différents segments de marché". Des modules qui, par ailleurs, permettraient d'ouvrir l'unité hôtelière à un public de non-résident via des abonnements à des services de jour.

Développement d'un PMS adapté

Avec un tel concept, le développement d'outils digitaux adaptés s'impose. Aussi le groupe s'est-il rapproché fin 2017 de l'éditeur de logiciels sophipolitain Séquoïa Soft pour mettre au point un PMS (Property Management System) dédié, capable d'agglomérer des check in check out à la carte, par tranche horaire. "Il s'agit de permettre au client de réserver de la même manière une chambre pour la nuit, un bureau pour deux heures ou une salle de séminaire pour deux jours".

De même, "nous allons initier un système de yield particulier qui proposera des prix dégressifs en fonction du temps d'usage de la chambre". Autrement dit, "moins je passe de temps à dormir, moins la chambre me coûtera". L'objectif étant de valoriser la plage "day use".

35 M€ pour l'établissement de Nice

Premières villes à accueillir ce nouveau concept d'hôtellerie d'affaires, Nice, avant Villejuif puis Bordeaux. Et c'est dans le quartier d'affaires de l'Arénas, que sera construit l'établissement de 1 1000 m² de surface plancher, sur 8 niveaux, pour un budget de 35 M€. Il sera doté de 240 lots, dont 70 modulables, d'espaces de coworking, de séminaire, de spa et de restauration. Le permis obtenu, les travaux devraient commencer d'ici à la fin de l'année pour une ouverture programmée en 2020.

Et Patrick Boero de conclure : "Ce produit est adapté à l'évolution du parc hôtelier niçois qui, dans les trois ans à venir, comptera rien que sur la zone qui nous occupe 1 200 chambres supplémentaires. La bataille se situera donc au niveau des prix. A nous de faire la démonstration que l'on peut trouver un prix moyen satisfaisant, en l'occurrence sous la barre des 100€, en se positionnant sur des marchés complémentaires centrés sur des services affaires". Car, on le devine, l'intérêt d'un tel concept est "d'accumuler, sur les mêmes m², dans les mêmes 24 h, une, deux ou trois recettes différentes pour densifier le chiffre d'affaires". Lequel devrait se situer, en vitesse de croisière, entre 7 et 8 M€ par an, pour un taux d'occupation estimé de 58 %.

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