Guillaume Pellegrin, le Marseillais qui veut moderniser le marché immobilier

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(Crédits : DR)
S’il est né à Marseille, c’est à Paris et à l’étranger que Guillaume Pellegrin fait ses premières armes dans l’investissement immobilier. Puis, de retour dans sa ville natale, il crée sa société de gestion d’actifs, Tivoli Capital, avant de s’intéresser à un nouveau marché : le co-working.

Lorsqu'il déambule le long des trois étages de son espace de co-working, Guillaume Pellegrin est fier de s'attarder sur ces détails qu'il a tant soignés. "Cette pièce", indique-t-il, "c'est le carrefour, la place du village où les membres se croisent. On a voulu faire entrer la nature, avec des plantes, du bois, et au sol, une reproduction d'une toile de Denis Rousseau qui représente la jungle équatoriale". Le co-working : un nouveau défi pour ce Marseillais de 36 ans qui en a déjà relevés bon nombre. Il faut dire que l'entrepreneuriat, Guillaume Pellegrin y a été quelque peu "conditionné", comme il le dit lui-même.

Grand-père, père, frère, tous sont entrepreneurs. La société familiale s'appelle SMTRT, Société marseillaise de transports routiers, un groupe de transport et de logistique situé au nord de Marseille.

À 18 ans, Guillaume Pellegrin fait ses valises. Direction Paris où il entre en prépa puis à la prestigieuse HEC, spécialisation "Entrepreneur". Puis ses expériences successives l'amènent à voyager. À Shanghai, il accompagne des entrepreneurs du secteur automobile. Nous sommes en 2005, en plein boom économique. "Il y avait énormément de besoins à satisfaire", se rappelle-t-il. "Mais ma première longue expérience, ça a été dans un fonds d'investissement américain : the Carlyle group". Il fait alors ses premiers pas dans l'immobilier. Un domaine qu'il ne quittera plus, tant il en apprécie la polyvalence. "On touche à l'architecture, l'ingénierie, l'urbanisme, le fiscal, la finance, et même la politique".

"Euro Méditerranée est un quartier qui compte sur le marché immobilier"

Fort de ses expériences, il souhaite monter sa propre entreprise et choisit Marseille. "La ville me manquait", tout simplement. En 2012, il fonde Tivoli Capital. L'entreprise accompagne les investisseurs de l'acquisition à la cession de leurs actifs immobiliers notamment. Parmi ses clients, des fonds d'investissement internationaux ou des foncières cotées en bourse. Il participe à l'opération Euromed Center, ayant en charge plus de 300 millions d'euros de transaction. Il est également gestionnaire d'actifs pour le projet The Camp, à Aix-en-Provence.

Marseille : un terrain propice aux investissements immobiliers ? Guillaume Pellegrin a constaté de nettes améliorations ces dernières années. "Aujourd'hui, EuroMéditerranée est un quartier qui compte. Il fallait une certaine taille critique pour compter, c'est désormais chose faite. Il faut aussi qu'une ville sache attirer des talents. Là aussi, c'est aujourd'hui plus facile grâce aux écoles et à l'offre culturelle. C'est une ville qui bouge, qui vit bien, sans parler du climat qui est exceptionnel".

Le co-working pour répondre aux nouveaux schémas de consommation

Marseille a bien changé depuis que Guillaume Pellegrin est né. Mais elle n'est pas la seule. Plus globalement, c'est le rapport à la consommation qui a évolué ces dernières années. "Nous assistons à une révolution de l'usage dans l'économie. On le voit avec Uber ou Netflix. On ne veut plus posséder mais utiliser. C'est aussi le cas dans le secteur immobilier, qui est pourtant le symbole de la propriété par excellence".  Il fallait donc répondre aux nouveaux besoins liés à ces mutations. C'est ainsi que naît en 2016 "I Lov'It" - anagramme de Tivoli - un concept de co-working.

Situé au pied d'EuroMéditerranée, le lieu propose des espaces de travail individuels ou collectifs sans qu'il soit forcément nécessaire de s'engager plusieurs années comme c'est le cas avec les baux commerciaux. Il s'agit de répondre aux besoins de souplesse d'entreprises dont la visibilité peut être limitée dans le temps. Parmi les clients : des freelances, des startupers mais aussi de grands groupes comme Engie. "I Lov'It" leur propose de nombreux services tels que la domiciliation des entreprises, des services de restauration, de bien-être, une blanchisserie ou encore la gestion du courrier. Pour mettre en place ce projet, l'entrepreneur s'est inspiré de ce qu'il a observé au Royaume-Uni et aux Pays-Bas où ce genre d'offre est très répandu. La France est-elle en retard dans ce domaine ? "Nous sommes des latins, on analyse mieux" plaisante-t-il.

A l'avenir, Guillaume Pellegrin veut développer son offre de co-working. S'il loue actuellement l'immeuble qu'occupe "I Lov'It worlabs", le modèle souhaité à terme reposerait sur l'achat d'infrastructures. Puis il s'agirait de mailler le territoire, en s'implantant à Aix-en-Provence et au sud de Marseille, mais aussi de se développer au niveau national. Objectif affiché : une quinzaine de sites d'ici 2022, dans différentes métropoles.

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