Comment EMM amorce son virage vers l’industrie du futur

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(Crédits : DR)
A 70 ans d’âge, la PMI de Pégomas, spécialisée dans la réalisation de pièces de précision et d’ensembles mécaniques et mécanosoudés, se tourne résolument vers l’industrie du futur en pariant sur la fabrication additive. Avec l’ambition d’intervenir au-delà de la sous-traitance…

Spécialiste de la mécanique de précision, EMM fait partie des 36 entreprises industrielles azuréennes engagées dans le programme Industrie 4.06. Porté par la CCI Nice Côte d'Azur, il vise à sensibiliser, diagnostiquer les besoins et accompagner les PMI du territoire vers l'industrie du futur. « C'est un sujet auquel nous réfléchissions depuis un moment, indique son dirigeant, Bénito Pisani. Ce programme n'a certes pas allumé la mèche mais il nous aide dans la bonne planification de notre stratégie ». Laquelle, en misant sur la fabrication additive, doit permettre à l'industriel de Pégomas d'accélérer sa transformation digitale afin de gagner en compétitivité et d'attaquer de nouveaux marchés.

De la pièce à l'outillage complexe

Il faut dire que l'entreprise de 70 ans d'âge n'en est pas à sa première révolution. Le premier virage date de 2008, lorsque Bénito Pisani reprend cette société "endormie", encore "très artisanale", qu'il s'attache à industrialiser, puis à "ingénieuriser". "L'idée était de monter en compétence et d'apporter à nos clients de nouveaux services en ne se limitant plus à la livraison des pièces fabriquées, mais en proposant des ensembles mécaniques complexes incluant la fabrication des pièces et des prestations connexes comme le traitement de surface, les essais ou encore la tôlerie et la chaudronnerie de précision", détaille-t-il.  Des prestations pour lesquelles un atelier dédié, spécialisé dans l'inox et baptisé EMS, a été créé en 2011. L'ensemble (EMM + EMS), chapeauté par la holding Orion, réalise aujourd'hui 1,1 M€ de chiffre d'affaires (contre 400 000€ en 2008) auprès d'une clientèle positionnée dans des secteurs à haute valeur ajoutée comme le spatial, la défense, l'optique et le nucléaire pour EMM, le nautisme, le médical (équipements de mobilité) et le mobilier urbain pour EMS. C'est d'ailleurs EMS qui réalise le garde-corps du littoral boccassien à Cannes, en pleine métamorphose depuis le lancement du projet de rénovation BoccaCabana.

Bureau des méthodes

L'orientation vers l'impression 3D vise donc à aller plus loin dans cette stratégie d'excellence. D'autant que, là encore, Bénito Pisani veut "faire plus que des prestations de sous-traitance" et entend profiter d'une fenêtre de tir de 5 à 10 ans pour creuser son sillon. Il s'explique : "Lorsque l'on dessine une pièce destinée à l'impression 3D, on ne la conçoit pas de la même manière qu'une pièce fabriquée en mécanique de précision. Je dirais même que les façons de penser le développement de l'une et de l'autre sont à l'opposé. Or aujourd'hui, aucune école, dont les référentiels datent de 2004, ne forme des ingénieurs et techniciens à cette nouvelle façon de concevoir. Ce qui se traduit par un retard d'adoption de la technologie additive, notamment chez les grands donneurs d'ordres pourtant friands de ce type de pièces car beaucoup moins chères à fabriquer". En attendant une remise à niveau des enseignements, EMM joue donc sa carte. Et se positionne pour combler ce retard via un service global délivré par un bureau des méthodes tout juste formé, allant de la fabrication additive à l'aide à la reconception en 3D des pièces déjà conçues.

Vers la fabrication en série

Pour ce faire, l'entreprise a investi sur fonds propres près de 50 000€ dans deux machines, attendues cet été. Elles lui permettront d'initier l'activité et de fabriquer des pièces en polymère chargée en carbone, fibres de carbone ou fibres de kevlar. "L'objectif est d'élargir dès l'an prochain notre gamme de compétences en acquérant des machines plus rapides pour des fabrications en série et capables de réaliser des pièces en métal", reprend le dirigeant. Qui envisage toutefois de faire appel à des partenaires financiers - investisseurs, business angels ou crowdfunding - pour accompagner la montée en puissance de cette activité 3D. Laquelle devrait lui permettre de gagner des parts de marchés chez ses clients existants et d'ouvrir de nouveaux débouchés dans le médical embarqué (prothèses, dentaires), l'électroménager, l'automobile ou encore l'aéronautique. Et ainsi doubler son chiffre d'affaires d'ici à 5 ans. L'effectif (14 personnes), lui, devrait s'étoffer d'une demi-douzaine d'ingénieurs.

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