Pourquoi Tertium Croissance va (aussi) jouer un rôle dans l'attractivité du territoire

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(Crédits : © XXSTRINGERXX xxxxx / Reuters)
Après Tertium 1, voici le nouveau véhicule d'investissement de Tertium Management. Doté de 60 M€, il poursuit avec la même philosophie : réunir entrepreneurs, institutionnels et investir dans des sociétés régionales à fort potentiel de croissance. Ce qui en vient même à le rendre séduisant… à l'étranger.

On peut dire que cette deuxième salve était attendue. Car en 2012, l'apparition de Tertium I dans le paysage du financement, avait déjà fait parler. Consacré au capital développement, réunissant comme investisseurs des institutionnels et entrepreneurs de la région, il était l'heureuse cerise sur le gâteau pour des PME en phase de croissance, soucieuses de trouver chaussure - ou plutôt accompagnement financier - à leur pied. Durant 5 ans, 8 prises de participation sont conclues, une sortie négociée, ce qui constitue le portefeuille actuel de 7 entreprises, venues du maritime connecté, du commerce bio, de l'éolien flottant, de l'expertise technologique, de la traçabilité alimentaire... bref un portefeuille "équilibré", revendique Pierre Grand-Dufay, le président de la société de gestion Tertium Management. Le tout pour 22,6 M€ investis. Mais ça c'était avant. Arrivé au terme de sa période d'investissement, Tertium I, de fait, cède la place à un second véhicule. Baptisé Tertium Croissance, il reprend les mêmes principes mais financièrement, il va plus loin. Et c'est là que ça devient intéressant.

Force de frappe

Parce que Tertium Croissance secoue bigrement le cocotier du financement régional. Sur les principes, on prend les mêmes et on recommence : des entreprises du tissu provençal, alpin ou azuréen, dotés de perspectives de développement fortes, si possibles capables de devenir leader de leur secteur. Sauf que c'est au niveau de la force de frappe financière que ça se passe : Tertium Croissance est en effet doté de 60 M€. Et ça, ça veut dire beaucoup.

Ça signifie que les investissements qui seront réalisés le seront pour des sujets de capital développement et de transmission, via une quinzaine de participations. Et avec des tickets moyens plus conséquents, de l'ordre de 4 à 5 M€ quand ils atteignaient avec Tertium I, 1 à 2 M€.

Surtout, cette force de frappe financière élargie est la conséquence d'un rapprochement entre les fondateurs de Tertium Management, Pierre Grand-Dufay et Stéphane Assuied, et deux institutions bancaires, la Caisse d'Epargne Cepac d'un côté, Arkéa de l'autre, qui investissent dans Tertium Croissance mais qui sont désormais aussi impliqués dans la société de gestion, Tertium Management.

Et là encore, c'est pour servir la (bonne) cause. Evidemment, les deux banques, qui connaissent bien, elles aussi, leur écosystème économique régional, apportent de surcroît leurs capacités techniques.

Et c'est important aussi, parce que si Tertium est présent dans  les entreprises via des prises de participation minoritaires, son rôle au quotidien est tout sauf du second plan. "Nous sommes présents dans les organes de décision, dans les reportings", précise Stéphane Assuied. "Nous avons un métier d'influence", ajoute Thierry Blondel, ex- M Capital, directeur général de Tertium Management. Comprendre que pour orienter au mieux le dirigeant, il faut savoir conseiller finement, avoir des arguments... De fait, "nous entrons dans une entreprise lorsque nous sentons que le dirigeant à besoin de nous", renchérit Pierre Grand-Dufay.

Renforcer le tissu

Et voilà le second ou troisième effet kiss cool : la participation à l'attractivité du territoire. Car finalement c'est une sorte de cercle vertueux qui se met en place. Des entrepreneurs et institutionnels locaux qui mettent au pot pour pousser le développement d'entreprises locales... ça ne peut faire que du bien à l'économie régionale. D'ailleurs c'est bien ce que dit Pierre Grand-Dufay en affirmant que "les entreprises qui ont des fonds d'investissement dans leur capital performent davantage, et cela en terme de croissance, d'employabilité, de RSE". D'après une étude AFIC de 2017, 146 entreprises implantées dans la région ont été soutenues par du capital investissement en 2016, contre 64 en 2012, année du lancement de Tertium I. Car oui, entre temps, les mentalités ont évolué. Les fonds d'investissement ne sont plus assimilés aux vilains fonds américains qui balayaient tout sur leur passage. Conséquence, "la nouvelle génération conçoit le private equity comme une étape normale", dit Stéphane Assuied.

Le marché, en Provence Alpes Côte d'Azur est estimé à 270 M€. Et le tissu économique est aussi vif que diversifié, entre les deux Opérations d'intérêt national - Euroméditerranée et Eco-Vallée -, Sophia-Antipolis, les ports... un tout qui représente 7,3 % du PIB national.

De plus, les entreprises peinent souvent à dénicher des solutions de financement proches géographiquement parlant et à la hauteur de leur problématique d'investissement. Tertium Croissance vient donc combler les trous dans la raquette, les manques qui poussent ces mêmes PME dynamiques à aller chercher du financement plutôt du côté de la Capitale.

L'autre cerise sur le gâteau, c'est que parmi les investisseurs potentiels de Tertium Croissance, pourrait figurer des family offices... basés à Londres. Et ça, ça prouve que le regard porté sur les entreprises et le tissu économique de Provence Alpes Côte d'Azur est en train de se modifier. C'est évidemment bon pour le moral... et la sacro-sainte compétitivité.

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