Airbnb : dans le Sud, la plateforme est tolérée mais contrôlée

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À Nice, les professionnels de l'hôtellerie ont pris le sujet à bras-le-corps.
À Nice, les professionnels de l'hôtellerie ont pris le sujet à bras-le-corps. (Crédits : DR)
De Nice à Marseille, en passant par Cannes ou Saint-Tropez, le spécialiste des locations de courte durée n'est pas honni, mais les professionnels comme les institutionnels entendent encadrer cette concurrence à l'hôtellerie classique.

Dans le Sud, entre tourisme de loisir et tourisme d'affaires, mamelles économiques essentielles, autant dire que les annonces de location courte durée ont rapidement trouvé leur place sur le marché de l'hébergement.

Comme partout ailleurs en France, les professionnels de l'hôtellerie, du tourisme, du logement et les villes elles-mêmes, dépassées par le phénomène, ne sont pas restés sans réaction.

À l'instar de Nice, où les professionnels de l'hôtellerie ont pris le sujet à bras-le-corps. « Nous avons été les premiers en France à mettre en place un numéro d'enregistrement », dit Denis Cippolini, le président de la Fédération de l'hôtellerie et du tourisme UMIH Nice Côte d'Azur. « Nous avons voulu clarifier la situation . » Et cela passe depuis l'été 2017 par une e-déclaration qui permet aux propriétaires de déposer leur offre et d'être dans les clous administratifs et législatifs.

Cannes rapidement montée au créneau

De son côté, Cannes est aussi montée rapidement au créneau. Et comme à Nice, l'un des sujets est bien la récolte de la taxe de séjour. Mais dans la cité des festivals, Thierry Migoule, le DGS de la Ville, rappelle que c'est dès avril 2015 que contact a été pris avec les plateformes de location et qu'une expérimentation concernant la collecte de la taxe de séjour a été mise en place. Comme chez la voisine niçoise, dès juillet 2017, la e-déclaration devient l'étape indispensable avant toute mise en ligne d'une annonce de location courte durée par un particulier. La ville de Saint-Tropez est même venue à Cannes s'inspirer de ses pratiques.

À Aix-en-Provence, on a mis plus de temps à réagir face au « phénomène » Airbnb et consorts mais, à l'instar d'autres communes, une plateforme de déclaration est active depuis le mois de mai.

Marseille, qui a vu sa désignation comme Capitale européenne de la culture en 2013 booster ses besoins en hébergement, a aussi mis en place une plateforme de déclaration en 2017.

Pas la même prestation que l'hôtel

Si les professionnels et les collectivités sont attentifs à la concurrence que représentent les plateformes de location de courte durée, ils ne souhaitent pas toutefois, « la disparition d'Airbnb ». D'abord parce que « cette nouvelle pratique est dans l'air du temps », souligne Denis Cippolini, qu'« elle contribue à l'attractivité de la ville et concourt à absorber la demande lors des congrès », ajoute Thierry Migoule.

« Elle répond à des besoins », renchérit Nicolas Guyot, le vice-président de l'UMIH 13. Néanmoins, précise-t-il, « il faut davantage de contrôles » et ne pas oublier que « là où poussent les hôtels, l'environnement est sécure ». Comprendre que les locations entre particuliers n'apportent pas l'ensemble des services que fournit un établissement hôtelier.

« Le produit que l'on a vu [sur le site, Ndlr], c'est le produit que l'on a », approuve Denis Cippolini. Les sanctions prévues par la loi Élan sont également un sujet de satisfaction pour les acteurs du tourisme. Qui n'ont au final qu'une revendication : l'égalité d'obligations.

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