S.O.F.I.A. Cosmétiques parie sur le solaire "low tox"

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(Crédits : DR)
Le laboratoire spécialiste des produits cosmétiques et d’hygiène en marque blanche, basé à Carros, mise sur le lancement prochain d’une gamme de produits solaires éco-friendly pour consolider ses positions et accompagner le redéploiement d’une partie de son activité impactée par les problématiques économiques et géopolitiques des pays du Proche et du Moyen-Orient.

Les bienfaits de l'écran solaire pour protéger la peau des rayons UV ne sont plus à prouver, ses effets toxiques sur l'environnement marin, et notamment les coraux, non plus. Deux substances sont particulièrement montrées du doigt, l'oxybenzone et l'octinoxate, à tel point qu'aux Etats-Unis, Hawaï va interdire l'utilisation des crèmes qui en contiennent afin de protéger son récif. Votée le 1er mai dernier, la loi a été ratifiée par le gouverneur du 50e état américain le 3 juillet et entrera en application le 1er janvier 2021.

Une gamme éco-friendly sur le marché en octobre

De l'autre côté de l'Atlantique, à Carros, S.O.F.I.A. Cosmétiques se frotte les mains. Spécialisé dans le développement, la fabrication et le conditionnement à façon de produits cosmétiques et d'hygiène, le laboratoire azuréen, dont la production de crèmes solaires représente 20 % de l'activité, entend bien profiter de cette nouvelle donne pour conforter voire accentuer ses positions. Après 18 mois de recherche, la PME va en effet lancer sur le marché début octobre, à l'occasion du salon Cosmetic 360 à Paris, sa première gamme de produits anti-UV éco-friendly, baptisée SPF Low Tox. "Sa formulation éco-conçue permet d'atteindre un SPF 50+, le niveau de protection le plus élevé du marché, tout en réduisant l'utilisation de filtres solaires", explique Alexandre Dingas, son dirigeant-fondateur. Moins toxique donc, "hautement biodégradable" et tout autant protectrice... ou "comment faire plus pour la peau et la planète avec moins", sourit-il. Des premières livraisons sont d'ores et déjà programmées à la fin de l'année en prévision de la saison estivale 2019.

Anticiper les tendances

Si S.O.F.I.A. Cosmétiques n'est pas le seul laboratoire à s'être penché sur le sujet, c'est "certainement l'un des plus en pointe", avance son dirigeant. Pour qui "le secteur est depuis quelques années engagé dans une course à l'anticipation des tendances et des réglementations nouvelles guidées par un sentiment public" de plus en plus hostile aux parabènes et autres conservateurs, perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés. "Il y a une demande du marché, à nous d'apporter des solutions aux marques", insiste le sous-traitant. En solaire comme dans d'autres segments de produits, skincare en tête.

D'où un pôle R&D de 10 personnes, récemment renforcé avec l'embauche d'un second pharmacien, qui travaille en collaboration avec le monde académique au développement de futurs actifs naturels en puisant dans la biodiversité régionale et méditerranéenne, et en orientant ses recherches autour des plantes aromatiques et médicinales. "C'est, avec le solaire, les bases de notre croissance actuelle et future", reprend Alexandre Dingas. Les fers de lance sur lesquels le laboratoire carrossois s'appuie aussi pour redéployer une activité légèrement mise à mal par une situation conjoncturelle et géopolitique "compliquée" au Proche et au Moyen-Orient.

La France, marché refuge ?

Il faut dire que depuis sa création en 1989, S.O.F.I.A. Cosmétiques s'est souvent développée à contre-courant de la concurrence, notamment à l'export qui représente 60 % de son chiffre d'affaires. Présente dans une quarantaine de pays, elle a fait le pari dès les années 90, en réaction à un marché européen saturé, d'investir les pays du pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient, notamment l'Iran. Une "stratégie qui a été valable pendant 20 ans et qui le sera certainement de nouveau demain", plaide-t-il. En attendant, il s'agit de se consolider en Asie et d'ouvrir de nouveaux pays comme la Russie... et la France "qu'on n'avait jusque-là pas tellement cherché à prospecter". Bonne pioche ! Car "si le chiffre d'affaires global du groupe s'est un peu tassé (environ 14 M€, contre 15 M€ en 2016 NDLR), les marges, elles, ont progressé".

Masse salariale en hausse de 13 %

Le laboratoire veut y voir là une capacité à rebondir, à se déployer hors de ses marchés traditionnels, à s'ancrer sur le chemin de la croissance. Lui qui vient par ailleurs de réceptionner une nouvelle cuve de fabrication d'émulsions de 2 tonnes et de relancer une machine de remplissage de tubes afin de fluidifier sa production et de soutenir la cadence. Lui qui affiche aussi une capacité de production journalière de 10 tonnes de produits en vrac et, selon les contenants, de 30 000 à 100 000 pièces finies à la journée. Lui qui enfin se dote de nouvelles compétences scientifiques, techniques, informatiques et managériales avec une masse salariale en progression de 13% en 2018 pour un effectif stabilisé autour d'une soixantaine de collaborateurs. Et ce, afin de tenir ses objectifs, à savoir : réaliser 20 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2020.

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