MonacoTech en mode startup

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MonacoTech est un programme d'incubation et d'accélération de startups, co-fondé par la Principauté de Monaco, Monaco Telecom et Xavier Niel.
MonacoTech est un programme d'incubation et d'accélération de startups, co-fondé par la Principauté de Monaco, Monaco Telecom et Xavier Niel. (Crédits : Philippe Fitte)
Annoncé il y a près de douze mois, opérationnel depuis moins de six mois, l’incubateur-accélérateur monégasque est en train de faire la preuve de son concept. Avec rigueur et souplesse à la fois. En mode startup.

L'année dernière, l'annonce de sa création avait - au choix - surpris et/ou enthousiasmé. L'arrivée de Xavier Niel au capital de Monaco Telecom avait un « double effet Kiss Cool » : outre le fait de prendre la majorité du capital de l'opérateur monégasque, voilà que ­Monsieur Station F développait avec le gouvernement l'idée d'un incubateur-accélérateur avec une philosophie claire : laisser venir à soi les entreprises innovantes, les jeunes pousses en gestation et les autres, mais toutes avec comme horizon des applicatifs qui siéent bien à Monaco et une volonté de s'implanter durablement sur le territoire. Bref, de quoi susciter sinon des vocations, au moins l'intérêt des entrepreneurs urbi et orbi.

Et c'était bien cela le pitch de départ : donner envie, pas uniquement, aux entreprises du Rocher ou de la proche région Provence-Alpes-Côte d'Azur de venir en terre monégasque, mais aussi à celles implantées « all over the world ». Une façon d'être raccord avec l'envergure internationale de la principauté qui n'est plus à démontrer. Une ambition affichée, répétée, revendiquée. Annonce en juin 2017, coupage de rubans officiels en octobre 2017, passage à l'opérationnel début 2018. Telle une jeune pousse pleine d'allant, MonacoTech s'est donc jetée dans le grand bain de l'aide à l'entrepreneuriat. Aux manettes - c'est-à-dire les mains dans le cambouis -, un Monégasque passé par la recherche et la case internationale du côté de la Grosse Pomme : Fabrice Marquet.

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Une sélection exigeante

Un chef de tribu qui joue pêle-mêle le rôle de conseil, d'accompagnateur, de redresseur de torts, de confident. Mais à ceux qui douteraient du sérieux de l'incubateur-accélérateur, le message envoyé est clair : ce n'est pas parce qu'on est dans un pays considéré comme synonyme de dolce vita qu'on se la coule douce.

« Nos sélections se font avec attention », pointe Fabrice Marquet, alors que la troisième promotion vient d'être annoncée. Toujours avec les mêmes exigences : que l'un des objectifs soit de pérenniser le business à Monaco et être innovant « de toutes les façons ». Une manière intelligente d'ouvrir la porte à ceux « qui doivent avoir une ambition internationale ». En trois critères, voilà résumé ce qui compte pour avoir la chance d'intégrer l'espace consacré, un vaste plateau en plein cœur de la principauté, fonctionnel, pratique, pile dans l'esprit décoratif que l'on se fait d'un incubateur, mais sans être ostentatoire.

Pour choisir ces pépites en devenir, on ne rigole pas non plus sur la constitution du jury qui rassemble investisseurs, business angels et ­spécialistes de l'innovation comme de l'accompagnement aux entreprises, évidemment avec un profil... international.

Une feuille de route individualisées

« Nous voulons être en accord avec la vision et la stratégie de Monaco », annonce Fabrice Marquet. Si une feuille de route a été dressée, c'est parce qu'elle est stratégique et guide non seulement la sélection, mais aussi la phase de croissance qui suit. « Nous visons le long terme. Nous souhaitons ­cristalliser une communauté autour de nous, améliorer l'image et l'attractivité de Monaco. » En plus concret, « participer à modeler ­l'industrie de demain, créer de l'emploi et de la valeur ajoutée ». Pour cela, il y a donc l'état d'esprit et la méthode. « Ce que nous voulons apporter aux startups, c'est une structure et une approche client », appuie Fabrice ­Marquet.

Et son modèle, il le défend. « C'est un modèle qui n'existe pas en Europe. Nous ne prenons aucune participation, nous ne voulons pas nous approprier leur succès. » Alors l'accompagnement made in MonacoTech, c'est quoi ?

« Nous offrons des feuilles de route individualisées, afin que le projet soit un succès. Certaines peuvent quitter l'incubateur, soit parce que le projet ne fonctionne pas, soit parce qu'elles ne respectent pas notre philosophie. »

Car en effet, on ne badine pas avec MonacoTech, qui n'est pas, précise bien Fabrice Marquet, « ni une adresse ni une plateforme pour obtenir de la visibilité ». Le but, côté incubateur, n'est pas davantage de faire du volume mais « d'adresser par un programme actif les raisons principales pour lesquelles les startups échouent. »

« Ce que nous adressons, c'est le manque de structure, le manque d'approche marché. Le financement, c'est le dernier sujet, l'avant-dernier étant le produit. Les questions à se poser sont : "Le projet est-il désirable ?", puis "Le projet est-il faisable ?", puis "Est-il rentable ?" Un bon startuppeur sait abandonner. L'équipe qui a la bonne attitude réussira ».

Dans le concret, cela passe par du « coaching collectif et individuel avec l'idée d'aller creuser le business model, comme le ferait un investisseur », explique Fabrice ­Marquet. Kick-off le lundi matin, « pour expliquer ce qu'il s'est passé durant la semaine précédente, ce qui a éventuellement été compliqué », présentation le mercredi, roadmap le vendredi, workshop avec un contributeur, une fois par semaine. « Nous nous appuyons sur des outils connus pour développer une méthodologie unique », revendique Fabrice ­Marquet.

Le rythme est soutenu et c'est bien fait exprès. « Ce que nous demandons, c'est une feuille de route avec la vision macro-­économique, que les startuppeurs aient un profil de société qu'ils updatent dès qu'un élément vient modifier leur projet. » Pour conserver l'esprit de challenge, une évaluation a lieu tous les trois mois, face à un jury, où il est question de l'avancée du projet, de philosophie MonacoTech respectée, et des valeurs qui s'alignent avec. « Nous sommes là pour aider les porteurs de projet à prendre du recul. » À être efficace et pertinent dès qu'arrive notamment la phase face-à-face avec les investisseurs.

Mais il y a la cerise sur le gâteau, pas moins savoureuse, de la constitution d'un écosystème. « Au-delà de l'approche collaborative, l'idée est de créer un écosystème réel, un engagement pertinent, un langage commun », défend Fabrice ­Marquet. Un an après son premier appel, l'incubateur-accélérateur affiche 230 candidatures reçues, 10 nationalités et 17 startups accompagnées. Le pitch de départ semble donc avoir été convaincant. « MonacoTech joue comme un label, un tampon de qualité », appuie Fabrice Marquet. Un made in Monaco qui brille par innovation interposée...

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