Ces investissements qui consolident la stratégie d'ADF

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(Crédits : DR)
Le groupe spécialisé en ingénierie et maintenance industrielle, originaire de Vitrolles, renforce sa capacité à être un fournisseur de solutions taillées pour les marchés qu'il vise comme l'aéronautique, le pétrole ou la chimie. Si possible avec une couche de numérique lorsque ça se justifie.

ADF est un groupe ambitieux et il l'affiche. Pour preuve le dernier investissement réalisé - d'un montant de 5 M€ - pour donner vie à une chaudronnerie à haute valeur ajoutée sur le site que l'entreprise provençale possède à Fos-sur-mer. Un projet fort, qui ne s'exprime pas uniquement dans le montant injecté, mais qui est bien plus significatif de la stratégie d'ADF.

Car cette chaudronnerie, qui offre une capacité de production accrue et pointue, aurait bien pu ne pas voir le jour en Provence, mais au Portugal. C'est finalement sur le territoire des Bouches-du-Rhône que Marc Eliayan décide de donner vie à cet outil destiné à servir les secteurs de la sidérurgie, de la pétrochimie ou du nucléaire. Des 5 M€ annoncés en investissement, 3,5 M€ ont déjà été injectés, et 66 emplois, à terme, devraient être créés. Un équipement conséquent qui a par ailleurs bénéficié d'une prime d'aménagement du territoire, incluant le soutien de l'Etat, de la Région Sud, du Département et de la Métropole Aix-Marseille pour un montant de 800 000 euros.

Au-delà des chiffres et de la bonne nouvelle qu'est toujours l'annonce d'un investissement, c'est le positionnement stratégique d'ADF qui est ainsi mis en lumière. "Nous pensons que nous devons conserver du manufacturing, c'est un prolongement naturel", dit Marc Eliayan.

C'est même plus que cela, car si ADF a déjà collaboré sur Ariane 6 via sa filiale Latésys, la chaudronnerie va elle aussi apporter son expertise au programme en accueillant un partie de celui-ci sur site. Ou comment amener du spatial à Fos-sur-Mer...

Ouvrir les chakras

La stratégie d'ADF inclut aussi la volonté de s'inscrire dans l'industrie du futur. Ainsi les équipements de la chaudronnerie de Fos intégreront-ils une couche de numérique dès 2019, permettant notamment d'assurer une traçabilité qui paraît bien normale dès qu'il est question d'industrie de haute technologie. Les salariés, eux, se verront proposer une augmentation des compétences afin de permettre la polyvalence. "C'est à nous de les former très spécifiquement" dit Marc Eliayan, "c'est cela aussi l'industrie du futur, nous avons besoin de profils qui nous ouvrent un peu les chakras".

Au point d'avoir créé un institut de formation, One Training Institute axé vers les défis que pose l'industrie du futur et qui a accueilli 2 600 stagiaires depuis 2015. "Si l'on veut rendre les emplois durables, il faut des hommes et des femmes capables de faire fonctionner les processus, plus que les machines".

Le choix de Fos est aussi un joli signal donné envers ce bout de territoire des Bouches-du-Rhône, quelques jours après la signature de la promesse de bail du chinois Quechen. "Fos est un bassin qui demeure intéressant, avec des compétences, même si ce n'est pas comme c'était il y a 10 ans, avec des acteurs historiques qui maintiennent leurs investissements. Fos reste un port important de la Méditerranée".

Renforcer les piliers

Très structuré dans son organisation - pour rappel le groupe c'est trois marques Latésys (ex Latécoère Services), G2 Métric et ADF - le groupe poursuit son plan de développement. Dont l'un des piliers est l'internationalisation. Au Japon, c'est via une filiale qu'ADF s'est positionné. "Nous avons continué à investir en Europe et en Amérique du Nord. Ce sont deux territoires auxquels nous croyons beaucoup, par rapport aux secteurs que nous servons". Très présent en Afrique jusqu'à l'année dernière, ADF y a été moins actif cette année ce qui se traduit par "des investissements plus neutres".

Mais consolider les piliers cela passe aussi par la structuration capitalistique. En octobre dernier, la société d'investissement Abénex a fait son entrée au capital, de façon minoritaire, accompagné d'Etoile ID, déjà présent. Une arrivée qui est prometteuse pour l'avenir, Marc Eliayan ne cachant pas que toute croissance externe est complémentaire à la croissance organique. Pour l'heure, "le carnet de commandes est robuste, les fondamentaux de l'économie réelle sont présents". L'optimisme est donc de mise pour l'ETI qui emploie 3 800 personnes dans 14 pays et qui table sur un chiffre d'affaires de 500 M€ à l'horizon 2020.

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