Sanoïa, la startup de e-santé devenue société de recherche

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(Crédits : DR.)
Créée en 2010 à Gémenos, l’entreprise spécialiste de la collecte de données médicales auprès des patients a su intéresser les laboratoires pharmaceutiques qui lui ont confié toujours plus de responsabilités. Si bien que la startup s’est transformée en société de recherche contractuelle.

"Toute notre histoire est faite d'opportunités" résume Naïma Hamamouche, dirigeante de l'entreprise. Mais pour saisir ces opportunités, il a fallu faire preuve d'une agilité sans laquelle Sanoïa ne serait probablement jamais devenue l'experte en recherche clinique qu'elle est aujourd'hui.

2010. Naïma Hamamouche et Hervé Servy, tous deux ingénieurs informaticiens créent Sanoïa, "un carnet de santé anonyme sur internet". Il s'agit de regrouper les données d'un patient sur une fiche que celui-ci est libre de communiquer ou non à son médecin, et ce gratuitement. Un travail pas toujours évident dans la mesure où la création de fiches relève de l'initiative du patient qu'il faut donc convaincre au moyen d'affiches collées ci et là.

Un "tiers de confiance" entre laboratoires et patients

Mais rapidement, l'entreprise intéresse un laboratoire pharmaceutique à la recherche de données sur des malades atteints de polyarthrite rhumatoïde. Première fois que cela arrive, et pas la dernière. "Les premières années nous ont permis d'être perçus comme un acteur ayant une expertise dans la collecte de données en direct du patient", alors même que la e-santé commence - vers 2012 - tout juste à intéresser et que les laboratoires tendent à se rapprocher des patients pour étudier les effets des médicaments. Un contexte propice donc, qui permet à Sanoïa de se positionner comme "tiers de confiance entre les industries et les malades".

De fil en aiguille, la jeune pousse se charge de la collecte de données pour des études cliniques de plus en plus conséquentes, notamment "une étude européenne sur les maladies gastro-entérologiques qui concerne 10 000 patients dans 15 pays de 2016 à 2022". Malgré l'ampleur de la tâche, l'équipe n'est alors constituée que de trois salariés à ce moment-là. L'année 2017 l'obligera à accroître ses effectifs.

Une CRO à caractère digital

En effet, alors que Sanoïa se voyait jusqu'alors confier la seule collecte de données, on lui demande soudain de prendre en charge la totalité d'une étude, de l'écriture du protocole à la publication scientifique, en passant par la recherche de centres hospitaliers partenaires et l'analyse statistique. Une mission pour laquelle elle doit embaucher, constituant alors une équipe d'une dizaine de salariés. "Nous sommes passés d'une société digitale à une société de recherche contractuelle (CRO) sous-traitant l'étude". Du moins pour la partie postérieure à la mise sur le marché d'un médicament. Ces études permettent de vérifier les bénéfices et éventuels effets indésirables des molécules sur un public plus large que celui qui a fait l'objet des premiers essais cliniques.

Des tests que Sanoïa sous-traite pour ses clients, des laboratoires pharmaceutiques dans 80% des cas. "Les 20 % restant sont des fédérations de malades, des promoteurs académiques ou institutionnels..." Des clients face auxquels l'entreprise a su se différencier par son caractère digital. "Si les clients viennent ici, c'est parce que qu'on arrive à proposer des designs d'étude innovants", assure Naïma Hamamouche. Autre force que souligne la dirigeante : l'utilisation de quatre sources de données pour alimenter les études : celles collectées auprès du patient lui-même, auprès des médecins, via les objets connectés et enfin les données issues du Système national des données de santé (SNDS), la base de données de l'Assurance maladie. "Nous avons eu la chance de recruter un statisticien habilité pour manipuler le SNDS". Il faut savoir que cette base est ouverte aux entreprises privées depuis un an à condition qu'elles disposent d'un personnel habilité.

Rester agile

A ce jour, la start-up compte 12 salariés et aimerait doubler ce nombre d'ici 2020. Une nécessité si elle parvient, comme elle l'espère, à développer sa clientèle. "Jusqu'alors, on n'a fait aucune prospection, les clients venaient à nous. Cela a bien marché pendant un an et demi", mais la volonté est de passer à la vitesse supérieure.

Alors qu'elle affichait un chiffre d'affaire d'un demi-million en 2017, Sanoïa aimerait voir doubler ce chiffre d'ici 2019 et tripler en 2020. L'ambition étant de "continuer à faire la différence dans le domaine de la recherche clinique en maintenant deux choses qui nous caractérisent : une agilité vis-à-vis des clients et la bonne ambiance entre les membres de l'équipe".

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