Les ambitions internationales de FlexFuel Energy Development

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(Crédits : iStock)
Spécialiste de la dépollution écologique des moteurs et des économies de carburant, l’entreprise basée à Sophia-Antipolis pose ses pions sur le marché européen qu’elle entend couvrir d’ici à la fin de l’année 2019… avant d’attaquer les terres prometteuses de l’Empire du milieu et ses 185 millions de véhicules.

Née en 2009 à la faveur du rapprochement des sociétés franciliennes Flexfuel Company et Ethanol Development, la cleantech FlexFuel Energy Development (FFED), devenue depuis sophipolitaine, s'attaque à une problématique de taille : la pollution automobile. Et ce grâce à une technologie brevetée et certifiée de dépollution moteur, baptisée Hy-Calamine, qui s'affranchit des additifs chimiques communément utilisés pour privilégier l'injection d'hydrogène dans l'admission d'air. Ce procédé de décalaminage moteur, écologique et économique, "permet de réduire la consommation de carburant, de prolonger la durée de vie des pièces mécaniques tout en baissant en moyenne de 40 % la pollution du véhicule", revendique son dirigeant, Sébastien Le Pollès. Disponible à ce jour dans 1 200 points de service partenaires en France, parmi lesquels des garages indépendants, des concessionnaires ainsi que des centres d'entretien automobile comme Point S ou encore Midas, il est utilisé pour des traitements tant préventifs que curatifs en fonction de l'état du véhicule.

L'effet contrôle technique

En 2017, la cleantech de 70 personnes, également présente à Paris et Fontainebleau, a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 M€, dont 70 % engendrés par son activité de dépollution moteur. Laquelle a connu, en 2018, une très forte croissance permettant à l'entreprise de doubler "a minima" ses facturations. FFED est en effet portée par les évolutions législatives et réglementaires imposant un durcissement du contrôle technique qui devait prendre effet le 1er janvier prochain et que le gouvernement Philippe a mis entre parenthèses suite au mouvement des gilets jaunes. "Nous allons profiter de ces 6 mois de décalage pour mieux préparer les garages à une montée en puissance car c'est une obligation européenne à laquelle la France ne peut échapper, comme les autres pays de l'UE d'ailleurs".

D'où l'ouverture dès mai 2017 de deux premières filiales, en Belgique et en Angleterre, la première disposant d'une quarantaine de points de service, la seconde de près d'une centaine. "Les deux sont déjà rentables", affirme le dirigeant qui vient de se positionner en Italie et prévoit le recrutement dès janvier "d'un team manager et d'une vingtaine de commerciaux" pour y développer son business. Suivront l'Espagne, en mars, puis, au cours du second semestre, le Portugal et l'Allemagne. L'objectif ? "Boucler la totalité des filiales européennes d'ici à la fin 2019". Cette expansion accélérée est financièrement soutenue par la levée de 3 M€ opérée en février dernier auprès du fonds d'investissement américain ValueAct Spring Fund, entré à hauteur de 10 % dans le capital de la PME.

La Chine dans le viseur

Quelques semaines auparavant, FFED, à la faveur de la sortie de son partenaire historique, le fonds A Plus Finance, avait fait évoluer son actionnariat en y accueillant des entrepreneurs de renom - Olivier Duha (co-président de Webhelp), Christophe Karvelis-Senn (président du fonds Capzanine) et Jean-Christian Kipp (président de Direct Medica) -, mais aussi et surtout le fonds chinois Agricultural Fund of China Investments Limited. Lequel occupe "une part inférieure à 10%". Un choix éminemment stratégique lorsqu'on a l'ambition de rayonner jusque sur les terres prometteuses de l'Empire du Milieu et ses quelque 185 millions de véhicules. "Quand on attaque un marché comme celui-là, avec les contraintes qu'on lui connaît, il faut le faire de manière uniforme et d'un seul tenant, d'où notre parti-pris qui vise à préparer tant sur le plan logistique que technique le déploiement de notre offre en Chine une fois le marché européen consolidé", explique le dirigeant. Qui a déjà pris ses marques en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam et en Malaisie, au travers d'une filiale située à Hong Kong qui commercialise des unités mobiles de décalaminage à l'hydrogène auprès des collectivités et flottes automobiles comme celle, par exemple, des taxis hongkongais.

La marine aussi

En attendant, FFED cherche à élargir plus encore ses segments de marché en ajoutant à ceux déjà adressés - l'automobile, le poids lourd et le bus - celui du bateau. "Il s'agit de proposer une alternative aux méthodes de dépollution actuelles des moteurs marins qui consistent soit à les démonter entièrement, ce qui est long et coûteux, soit à mettre les gaz en pleine mer, ce qui n'a rien d'écologique". Ainsi la PME travaille-t-elle depuis 2015 sur un prototype de décalaminage dédié, soutenu à hauteur de 500 000 € par la Direction Générale de l'Armement (DGA) via le dispositif RAPID (Régime d'APpui à l'Innovation Duale) dont l'un des critères d'éligibilité est que l'innovation présente des applications à la fois sur le marché militaire et civil. "Nous entrons en phase de test, avec une démonstration sur une frégate programmée pour le premier semestre 2019".

Boîtiers éthanol

Enfin, la PME poursuit son bonhomme de chemin sur le marché "franco-français cette fois-ci" des boîtiers de conversion bioéthanol (E85), la gamme de produits originelle de FFED qui permet "d'adapter tous les véhicules essence immatriculés à partir de 2001 à cet agro-carburant propre et écologique". Une activité qui progresse rapidement depuis son homologation, en 2017, par la Direction Générale de l'Energie et du Climat (DGEC) qui a eu le mérite "de créer un environnement sécurisé, sain et serein". Elle représente 30 % de son chiffre d'affaires France avec, à ce jour, 600 garagistes et concessionnaires partenaires, ce qui en fait le premier réseau d'installation de boîtiers de conversion au bioéthanol. "On espère que d'autres pays européens suivront la France sur ce biocarburant qui a l'avantage d'élargir le panel de solutions alternatives opérationnelles limitées aujourd'hui à l'électrique et à l'hybride". Et ainsi contribuer à tenir les objectifs que s'est fixé l'entreprise, à savoir "devenir un acteur européen de référence de la transition énergétique d'ici à trois ans" et totaliser un chiffre d'affaires de 54 M€.

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