Axid, l’électronique de puissance et l’accélération du tout électrique

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(Crédits : Pixabay.com/geralt)
Fondé en 2010, le bureau d’études basé à Sophia Antipolis, spécialiste de l’électronique de puissance, profite à plein de l’accélération du tout électrique, notamment dans les domaines de l’énergie et de l’automobile.

Souvenez-vous ! C'était en décembre 2016. Ségolène Royal, alors ministre de l'Environnement, inaugurait le premier kilomètre d'une route solaire expérimentale réalisée par Colas à Tourouvre dans l'Orne. Pour sécuriser les usagers en cas de détérioration de ce tronçon pavé de panneaux électriques, le groupe de BTP avait fait appel au bureau d'études sophipolitain Axid, spécialiste de l'électronique de puissance qui, en deux petits mois, avait relevé le défi en adaptant à la Wattway un convertisseur photovoltaïque développé précédemment pour décharger des batteries industrielles de 48 volts. Cette capacité à réaliser des convertisseurs de puissance à haut rendement, comprenez "moins chers, plus petits et qui ne chauffent pas", dixit son dirigeant, Roland d'Authier, place la TPE de quatre personnes en bonne position sur un secteur - l'électronique - très sollicité par l'accélération du tout électrique.

Du photovoltaïque à l'automobile

Il faut dire que le savoir-faire développé par le bureau d'études fondé en 2010 profite d'un parfait timing. "A l'inverse de nombreuses entreprises, Axid n'est pas né d'un besoin, mais d'une techno", raconte son dirigeant. En l'occurrence, les onduleurs photovoltaïques imaginés à l'origine pour sa société sœur, Axun, spécialisée dans la distribution de matériel photovoltaïque. Une "technologie très consommatrice d'électronique de puissance qui a redonné un coup de jeune au secteur en le poussant à innover pour répondre aux besoins en termes de volume". Et si la crise du solaire, couplée à la concurrence chinoise, a un temps déstabilisé l'entreprise, elle lui a aussi permis d'élargir ses cibles à d'autres marchés, désormais fortement demandeur en la matière : l'énergie, le spatial, la défense, l'aéronautique, l'industrie et bien sûr l'automobile. Un secteur porté par l'avènement de l'offre électrique et hybride pour laquelle le bureau d'études travaille actuellement sur le développement de chargeurs et déchargeurs de batterie embarquée capables, lorsque le véhicule est branché, d'alimenter temporairement le réseau électrique en cas de pic de consommation. "Tous les constructeurs se penchent sur le sujet car derrière ce mécanisme, un possible business model pourrait émerger selon lequel les exploitants de réseaux subventionneraient une partie du coût de la batterie qui, on le sait, alourdit le prix final du véhicule".

Sous-traitant clé

Des projets comme celui-là, Axid en a plein les tiroirs, mais peu sont susceptibles de créer de la récurrence, point stratégique de l'entreprise dont le chiffre d'affaires 2018 (800 K€ - en croissance de 30%) provient exclusivement de projets R&D. D'où la récente adaptation de son système de management de la qualité aux standards de la certification EN 9100 (aéronautique) et sa volonté d'internationaliser son effectif afin d'être en mesure d'accompagner les filiales étrangères de ses grands donneurs d'ordre. Et ainsi se positionner comme "un sous-traitant clé en électronique de puissance pour les marchés à forte valeur ajoutée", reprend Roland d'Authier.

La problématique des compétences

A la condition de réussir à attirer des compétences dans un secteur longtemps délaissé par les ingénieurs français. "C'est notre principale problématique, trouver des ingénieurs de talent en électronique de puissance acceptant de rejoindre une entreprise de taille modeste. Malgré des projets complexes et valorisants, on ne fait pas toujours le poids face aux mastodontes, ce qui limite notre croissance", regrette le dirigeant, régulièrement sollicité par des investisseurs, "des industriels de l'électronique qui veulent agréger notre savoir-faire pour monter en compétence plus rapidement". Des offres jusque-là balayées. "Je ne suis pas vendeur aujourd'hui. J'ai encore plein d'envies". Comme celle - objectif affiché de 2019 - de pénétrer le marché des véhicules spécifiques, types ambulances ou engins de chantier, qui eux-aussi s'inscrivent dans la tendance du tout électrique.

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