Le pari marseillais du canadien Philomec

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(Crédits : DR)
Spécialisée dans la simulation biomécanique, cette entreprise de Montréal a fait le choix de s’implanter à Marseille où elle envisage de créer une filiale d’ici la fin d’année. Un moyen d’être présent des deux côtés de l’Atlantique, là où le marché présente le plus de potentiel.

Lorsque l'on veut créer une prothèse orthopédique, le processus est souvent laborieux. Il faut produire plusieurs modèles et les tester sur des blocs de mousse, des animaux ou des cadavres. Ce qui peut poser un problème d'éthique, d'efficacité mais aussi économique, ce type de test étant relativement onéreux. Et si la technologie pouvait éviter de tels tests grâce à une simulation au plus juste sur ordinateur ? C'est justement la proposition de Philomec, entreprise créée en 2017 à Montréal, qui a également choisi de s'implanter à Marseille.

Initialement experts de la simulation mécanique, Rohan-Jean Bianco et Léo Fradet, les deux fondateurs de l'entreprise, se sont ensuite spécialisés dans la biomécanique, ou mécanique du vivant. Un savoir-faire qu'ils mettent en pratique via Philomec.

Simulation biomécanique

Ainsi, la simulation mécanique est l'activité initiale de l'entreprise, son gagne-pain pour le moment. "Nos clients sont des fabricants de panneaux solaires, ou encore des équipementiers sportifs", explique Rohan-Jean Bianco.

Mais ce que veulent surtout développer les entrepreneurs, c'est la simulation biomécanique, en particulier pour des interfaces os et implants. D'abord parce que c'est dans ce domaine que les deux hommes ont une plus-value du fait de leurs études, mais parce que c'est un marché où les besoins sont croissants - "beaucoup d'entreprises fabriquent des dispositifs médicaux" - et où la concurrence est rare, contrairement à la simulation mécanique où les acteurs sont plus nombreux.

Ce volet d'activité cible plusieurs clients potentiels. Parmi les premiers d'entre eux : les concepteurs d'implants et de prothèses " Nous testons le comportement d'un implant, l'interface implant et os et comparons différentes approches pour conseiller au mieux le client quant au dimensionnement et aux options de formes". Philomec édite également des plans de fabrication afin que les produits soient prêts à être industrialisés.

"Nous travaillons aussi sur la planification chirurgicale. Le chirurgien peut avoir un modèle qui se rapproche le plus possible de patient puis il peut tester plusieurs approches, avec une ou plusieurs vis à insérer, l'angle d'orientation... Il est également informé du temps de l'opération et peut en déduire les risques, comme la perte de sang par exemple". Autres professionnels visés : les développeurs de logiciels à qui il est proposé d'implémenter la simulation dans leurs produits.

Pour assurer sa crédibilité et se distinguer des nombreuses simulations proposées en ligne, Philomec suit un processus de simulation, sorte de "guide de bonnes pratiques" qui sera bientôt reconnu comme une norme : le processus V&V 40. "Le but est d'avoir une simulation la plus réaliste possible". Et d'en apporter la garantie.

S'appuyer sur l'écosystème marseillais

Une garantie nécessaire pour s'imposer sur les deux continents où le marché est le plus porteur : l'Amérique du Nord et l'Europe. Et pour ce qui est du second continent, l'idéal était d'y poser un pied. D'où l'installation de Philomec dans la cité phocéenne.

Pourquoi Marseille ? "Nous avons beaucoup été aidés par Provence Promotion. Et on trouve en région un important écosystème autour de la santé. Il y a Eurobiomed mais aussi énormément de formations : Polytechnique, l'Ecole centrale de Marseille avec une option biomécanique. On trouve beaucoup de compétences ici, ainsi que des entreprises qui se créent". Une présence qui permet également d'être au plus proche de partenaires stratégiques comme 3D MedLab, située à Marignane et spécialisée dans la fabrication additive pour le secteur médical.

Mais pour l'heure, la présence de Philomec n'est pas encore structurée et passe par la présence de Rohan-Jean Bianco sur place. L'objectif est de créer une filiale d'ici la fin d'année, avec des salariés qui feraient du conseil. Des recrutements pourraient être envisagés dès 2020. Une levée de fond n'est pas exclue.

D'ici là, il faut développer les contacts de potentiels clients et partenaires sur place. "Nous sommes présents dans les salons, séminaires, et autres événements de réseautage en région. Nous attendons beaucoup de cette prospection".

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