Nice Éco-Vallée, bâtie sur un même socle environnemental

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Le Grand Central, bâtiment conclu par l'architecte catalan Josep Llius Mateo, au cœur de Nice Eco-Vallée.
Le Grand Central, bâtiment conclu par l'architecte catalan Josep Llius Mateo, au cœur de Nice Eco-Vallée. (Crédits : APM Architecture & Associés)
SPÉCIAL MIPIM. Lancée voilà dix ans, l'Opération d'intérêt national de l'Éco-Vallée de la plaine du Var, axée sur les éco-technologies, a fait du principe de durabilité et d'art de vivre méditerranéen le fil conducteur qui personnalise chacun des bâtiments. Une signature architecturale adoptée par l'ensemble des promoteurs de ce projet.

Il suffit de considérer les maquettes présentées, en décembre dernier au Salon de l'immobilier d'entreprise ou, ce mois de mars, au Mipim, le Marché international des professionnels de l'immobilier, pour trouver une certaine similitude aux constructions actuelles et futures de Nice Eco-Vallée. Indéniablement, c'est bien un air de famille qui relie, pour n'en citer que quelques-uns, le Campus régional de l'apprentissage, Anis, Grand Central ou Pléiade et Odyssée. Des bâtiments ouverts, ajourés, immaculés, jouant sur les effets de contraste.

Pourtant, tous sont nés de l'imagination de différents architectes, respectivement Jean-Philippe Cabane et Corinne Vezzoni, Laisné-Roussel, Josep Lluis Mateo et Jean Nouvel. Concernant la signature architecturale, l'Établissement public d'aménagement (EPA) n'a rien laissé au hasard.

Selon Christian Estrosi, le maire (LR) de Nice, qui avait qualifié de zone « en désordre » ce territoire à l'ouest de la ville, il était hors de question « d'y laisser faire n'importe quoi. Quand on fait de l'innovation, on ne fait pas de la mauvaise imitation du XIXe siècle ou du XXe siècle. On fait du beau du XXIe siècle. »

Des espaces protégés du vent

Et c'est le retour aux fondamentaux, ceux de l'architecture méditerranéenne, qui ont été choisis.

« Notre mot d'ordre était de revenir aux principes de la qualité de vie de la Côte d'Azur et cela dans la manière de concevoir les logements, les bureaux, les espaces publics. Les patios, les terrasses, les places, les parcs sont des marqueurs forts », rappelle Olivier Sassi, le directeur général de l'EPA.

C'est donc le bioclimatique, les façades exposées au soleil, les espaces conçus de façon à être protégés du vent, qui ont été privilégiés. Les logements sont traversants ou bi-orientés, les terrasses sont imaginées comme des lieux où l'on peut vivre selon les usages contemporains. Pour les immeubles Pléiade et Odyssée, détaille Jean Nouvel, « j'ai joué sur la perception avec des appartements bénéficiant, d'un côté d'une entrée-patio entourée de végétaux, et de l'autre d'une terrasse qui prolonge le salon ».

Pour aider à faire émerger cette « patte » spécifique à Nice Eco-Vallée, l'EPA a défini un référentiel environnemental qui fixe, depuis 2012, les conditions à respecter par les opérateurs. Il permet à cette Opération d'intérêt national (OIN) de revendiquer un volume bois dans les constructions trois fois supérieur à la moyenne nationale, 14.000 MWh économisés par an ou encore 45% de surfaces végétalisées pour chacune des opérations, ce qui équivaut à la création de 16 hectares verts.

« L'idée était d'avoir un outil à disposition pour les promoteurs, explique Olivier Sassi, ayant pour vocation d'être « un socle de dialogue entre l'EPA et les acteurs de la construction », sans rajouter de normes aux normes.

D'ailleurs, les 34 bâtisseurs, dont Eiffage, Bouygues Immobilier, Pitch Promotion, Nacarat ou BNP Paribas Immobilier, y sont allés de leur signature. Des opérateurs publics leur ont emboîté le pas, comme la CCI Nice Côte d'Azur qui y déploie le Campus de l'apprentissage ou Aéroports de la Côte d'Azur, engagé dans Airport Promenade, pour un ensemble de bureaux, logements, hôtel et commerces installés sur 25.400 m² dans le quartier Grand Arénas.

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Projet de Nacarat, quartier des affaires du Grand Arénas

[Dans le futur quartier d'affaires du Grand Arénas, le projet de Nacarat : des bureaux, des commerces et un hôtel 5 étoiles. Crédits : APM Architecture & Associés]

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Privilégier la densité raisonnée

Sans doute que le choix de Nexity Ywood d'ériger son Palazzo Meridia ne doit rien au hasard. Cet ensemble de bureaux de 9 étages de structure bois, livré fin 2019, sera le plus haut de France (35 mètres). Il est déjà présenté comme la parfaite traduction de l'éco-exemplarité et de l'innovation tant promue par l'EPA.

Une philosophie qui ne se déploie pas uniquement près de la mer, Nice Eco-Vallée s'étendant jusqu'à Saint-Jeannet, à une vingtaine de kilomètres de la baie des Anges, où un périmètre de réflexion de 20 hectares mettra en pratique des principes d'aménagement durables avec densité raisonnée et maîtrise des risques naturels. Une certaine idée de la ville du XXIe siècle.

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