Carros : la (trop) longue procédure d'abrogation des plans de prévention des risques

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(Crédits : Ville de Nice)
L'une des principales entraves au développement de la zone industrielle du Broc tient en un Plan de prévention des risques inondation (PPRI) contraignant qui, « depuis 2011, n'a pas bougé d'un iota », se désole Marc Raiola, président du club des entreprises de Carros. Lesquelles, depuis, rongent leur frein.

Les plus touchées ? Arkopharma et Virbac, deux fleurons industriels azuréens, dont les projets d'extension se heurtent au classement en zone rouge de parcelles qu'ils considéraient - à tort - comme des réserves foncières. Des zones inconstructibles pourtant désignées comme urbanisables par le futur Plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm) qui anticipe là une révision prochaine du Plan de prévention du risque innondation (PPRI), assujettie à la réalisation du chantier de confortement de la digue.

« Les travaux sont programmés pour 2020, une fois les contraintes environnementales, dues à la présence d'une espèce protégée de lézards sur le site, levées », indique Cyril Marro, directeur du Syndicat mixte pour les inondations, l'aménagement et la gestion de l'eau (Smiage) des Alpes-Maritimes.

Un chantier estimé à environ 6 millions d'euros

Ils consisteront à mettre à nu le perré historique de la digue sur 1 km avant de conforter l'ouvrage à sa base. À l'issue de ce chantier estimé à environ 6 millions d'euros, un dossier qualification de la digue en tant que système d'endiguement sera déposé auprès de la Préfecture. Laquelle engagera alors les études préalables à la révision du PPRI qui devrait intervenir en 2021, voire 2022. Sera-t-il contraignant ? À cet égard, les avis divergent. Si les élus, le maire de Carros Charles Scibetta en tête, se montrent confiants, les industriels, eux, restent prudents, arguant du durcissement des réglementations suite aux inondations meurtrières d'octobre 2015.

Mêmes interrogations concernant le Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) dont l'abrogation tient au départ de Primagaz de la zone d'activités artisanales de La Grave. « Tous les acteurs sont d'accord sur la nécessité et les conditions du déménagement », assure Christian Tordo, président de la commission Emploi et Développement économique à la Métropole Nice Côte d'Azur. Reste toutefois à préciser l'échéance. Douze mois ? Dix-huit mois ? À la Préfecture, on reste vague, soulignant que « les services de l'État et les collectivités sont mobilisés pour permettre le développement de la zone [...] au travers de procédures et travaux ». Le départ de Primagaz permettrait en effet d'ouvrir plus de 10 hectares à l'activité économique.

En attendant, le PLUm prévoit d'autoriser à certains endroits une augmentation de la hauteur constructible et la réalisation de parkings silo afin de libérer de l'emprise foncière et « donner de la respiration aux industriels », avance Christian Tordo. Son approbation finale est attendue pour septembre après une enquête publique qui débutera à la mi-avril.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2019 à 13:35 :
Les vieux niçois savent bien que le Var est un fleuve qui peut devenir dangereux: il suffit d'ailleurs de regarder une carte, et de voir que son bassin, outre le sien propre, recueille les eaux du Cians, de la Tinée et de la Vésubie, ce qui couvre un vaste ensemble montagneux. Le risque survient lorsque des précipitations exceptionnelles tombent en même temps sur les 4 régions. Le Var peut alors couler à ras bord et monter, jusqu'à déborder les digues. Allez au Mont Chauve, et regardez le Var: on comprend tout de suite.
a écrit le 06/04/2019 à 9:27 :
L'homme oublie vite. Malgre les consequences des pluies diluviennes tres recentes, l'on persiste et on resigne.
Le Var reprendra tot ou tard ce que l'homme lui a pris. Et au prix fort.

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