La réponse de Ragni aux nouvelles exigences du marché de l'éclairage

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(Crédits : DR)
Fabricant de solutions d'éclairage public, la PME familiale, basée à Cagnes-sur-mer a toujours défendu l'idée d'un éclairage raisonné. Très axée vers ce qui peut servir la smart city, compétences qu'elle exporte par ailleurs, l'entreprise voit dans les nouvelles réglementations qui régissent son secteur, bien plus une opportunité de défendre l'industrie hexagonale qu'un bâton dans les roues.

L'innovation et l'adaptation au marché sont quasiment depuis sa création en 1927 deux facteurs d'évolution chez Ragni. C'est par exemple ce qui lui a permis de se positionner assez tôt sur le sujet de la smart city - il y a plus de dix ans - quand la question de la ville intelligente n'était pas un thème de préoccupation tel qu'il l'est aujourd'hui. C'était pour s'adapter à des besoins exprimés que l'entreprise familiale a fait en sorte que ses produits soient conçus en conséquence. Une exigence qui lui a permis d'être dans les pionnières sur le sujet, d'être à l'export et de faire de la croissance.

Cette capacité à s'adapter c'est exactement ce qui sert le développement de l'entreprise. Car tout est une question de perspective.

Outil d'amélioration

Et cette fois-ci, ce n'est pas pour répondre aux desiderata d'un client qu'elle doit s'adapter, mais pour se mettre dans les clous d'une réglementation qui est en passe de régir le secteur de l'éclairage. Prévue pour entrer en vigueur au 1er janvier 2020, celle-ci se fait plus exigeante en terme d'éco-conception, d'éclairage et de nuisance lumineuse, notamment pour ce qui est de la réduction des lumières excessives émises la nuit et d'un meilleur respect de la biodiversité, perturbée par des éclairages intempestifs. Un "durcissement" que certains acteurs du secteur jugent bien sûr comme trop sévère ou perçoivent comme une remise en question de leur business modèle. Pas pour Marcel Ragni qui y voit au contraire... une opportunité. "Les appels d'offres lancés par les communes ces derniers mois intègrent cette nouvelle réglementation", note le président de l'entreprise azuréenne. "Nous n'étions pas très loin des exigences demandées mais néanmoins cette nouvelle réglementation nous oblige tout de même à revoir certaines particularités dans nos produits". Pour autant pas question d'en percevoir le côté négatif. "Nous prenons tout cela comme un outil d'amélioration".

Protection de l'industrie française

Et c'est là où intervient le second effet kiss cool. "Si nous sommes capables d'expliquer correctement aux décideurs pourquoi ces produits, plus esthétiques, moins consommateurs d'énergie, plus respectueux de l'environnement sont peut-être plus onéreux à l'achat mais qu'ils leur permettent d'être en accord avec la réglementation, alors c'est une protection apportée à l'industrie française". En détaillant ce qui fait la différence des produits made in France, c'est la meilleure façon d'endiguer le recours aux produits en provenance d'Inde, de Chine ou du Pakistan. "Techniquement nous devons suivre le besoin du client", dit Marcel Ragni. En l'occurrence ici, les collectivités. Car, "la smart city ne peut pas se faire sans elles. Les produits vont devenir de plus en plus intelligents, combinant charge du téléphone, capteurs de pollution intégrés, mesure de l'hydrométrie, système de reconnaissance faciale...", égrène Marcel Ragni, par ailleurs vice-président du syndicat de l'éclairage. "Notre secteur est lié à l'écologie et à l'économie. Fabriquer des luminaires, ce n'est pas faire que de la lumière". C'est pour répondre aux exigences de plus en plus fortes que l'entreprise a fait croître son bureau d'études, lequel regroupe aujourd'hui 25 personnes. "Nous avons fait monter en compétences en interne, nous sommes également allés chercher des compétences ailleurs", détaille le dirigeant. Et si la PME azuréenne a annoncé une évolution de sa gouvernance avec le départ - "sans conflit et en douceur" - de Sandra Ragni et Stéphanie Ragni (nièces de Marcel, la première était en charge de la direction marketing et de la communication, la seconde à la direction administrative et financière NDLR) cela ne remet évidemment rien en cause dans la stratégie de développement. Entouré de ses fils, Stéphane et Jean-Christophe Ragni, l'un à la direction commerciale France, l'autre à la direction commerciale export, Marcel Ragni poursuit sur la route de l'innovation et de l'industrie du futur. Le groupe qui comprend également trois filiales dont Novéa Energies, emploie 100 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 53 M€.

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