La Royère met de l'huile (d'olive) dans son développement

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(Crédits : DR)
Contrarié par les aléas climatiques qui mettent à mal la production de vin, le domaine familial installé à Oppède, dans le Vaucluse ajoute à la viticulture, la fabrication d'huile d'olive. En lui consacrant un musée très tourné vers le numérique, c'est toute la méthode ancestrale qu'elle veut surtout promouvoir.

C'est parce qu'il se refuse à "jouer à la roulette russe chaque année" que Jean-Pierre Hugues décide d'ajouter "une seconde jambe", à l'activité du Domaine familial, spécialisé dans la production de blancs, rosés et rouges classés en AOP Lubéron et en IGP Vaucluse et dont le premier millésime date de 1988. La roulette russe, ce sont les conditions climatiques qui abîment les vignes et avec les conséquences sur le volume de production.

Pour éviter la roulette russe, ce sera la production d'huile d'olive, ce qui nécessite la plantation de 5 hectares d'oliviers soit 1 000 arbres et de se doter d'un moulin permettant de presser sur place, ce qui est fait en 2018.

Le numérique pour éduquer

L'idée de créer un musée est venue naturellement, "à la fois pour exposer les différentes pièces dont je dispose mais également pour accompagner le démarrage de l'activité", explique Jean-Pierre Hugues. Pour lui donner corps, c'est vers la Cité mondiale du vin, à Bordeaux, qu'il va puiser l'inspiration, notamment pour sa capacité à avoir introduit une grande part de multimédia dans le parcours muséal. "Je me suis rapproché des équipes et nous avons préparé une présentation, dont une présentation des bienfaits du régime crétois". Ainsi une salle à manger virtuelle prendra place au milieu des 3 000 m2 consacrés à la mise en valeur d'éléments de pressage, moyens de culture, de transport, de pesage, de tri et de stockage. En tout, 1 000 objets chinés dont des mouliniers issus des différents pays du pourtour de la Méditerranée. L'objectif est certes de mettre en valeur les méthodes de production et l'histoire de l'huile d'olive mais le tout est "didactique" et le numérique, parfait pour cela.

Augmenter la production

"La rupture technologique dans le mode de fabrication est récente et nous voulons démontrer qu'il est important de conserver les anciennes méthodes", insiste Jean-Pierre Hugues. Un million d'euros a été investi, en auto-financement. Les cibles visées sont le grand public, les touristes évidemment mais également le scolaire. Côté production, 1 500 litres ont été réalisés en 2018, elle devrait être de 10 000 litres à la prochaine récolte. Comme pour sa production viticole, la Royère a entamé une conversion vers l'agriculture biologique depuis 2017. Le Domaine réalise au total un chiffre d'affaires de 800 000 euros et emploie 6 salariés. Mais, "cela est amené à évoluer", promet Jean-Pierre Hugues qui dans une autre vie a dirigé GSE, spécialiste de l'immobilier d'entreprise, au chiffre d'affaires atteignant 550 M€ en 2018 pour 500 collaborateurs. Pas tout à fait la même taille d'entreprise, mais le dirigeant l'assure, il emploie "les mêmes méthodes"... Vante la capacité à saisir "les opportunités" et "à savoir s'entourer". Raconte que "nous avons planté des oliviers il y a 18 ans et la première récolte a été effectuée en 2018". Et que le champ de chênes truffiers, planté il y a 30 ans, a donné "sa première récolte l'hiver dernier". Pour constater que finalement, l'agriculture cultive... la patience.

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