La Maison de la Vodka veut s'imposer dans la gastronomie française

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(Crédits : DR)
La célèbre boisson russe n'est pas l'apanage du pays des tsars. La société basée à Aix-en-Provence souhaite développer ses ventes en France pour être moins dépendante de la Russie, qui représente la moitié de son activité. Pour y parvenir, elle s'apprête à proposer une recette plus douce, capable d'être consommée pure, en accompagnement ou en ingrédient.

Vodka et gastronomie ne sont pas deux mots que l'on associe au premier abord. Du moins en France. C'est pourtant le credo sur lequel s'est positionnée la Maison de la Vodka. Installée à Aix-en-Provence, l'entreprise créée en 2010 propose une version haut de gamme de la célèbre boisson d'origine russe. "L'idée était de relancer les recettes du 18e siècle, lors de l'âge d'or de la vodka, avec un alcool beaucoup plus doux et moins agressif", raconte Pierre Solignac, fondateur de la société de 3 salariés. Une envie qui lui est venue après avoir longtemps travaillé en Russie et "connu beaucoup de vodka".

Pour parvenir à refaire les recettes d'antan, il fallait effectuer la distillerie dans des alambics de type charentais, ceux notamment utilisés pour le cognac ou le whisky. "En Russie, on nous a dit que ce n'était pas possible et que la distillation ne pouvait se faire que dans des colonnes", raconte Pierre Solignac. Il décide donc de chercher un lieu lui permettant de répondre à ses attentes. "Cela a été compliqué de retrouver un moyen de produire la vodka comme à l'époque", se souvient-il. C'est finalement à proximité de la ville de Cognac, en Charente, que se déroule la distillation. Un territoire sur lequel les deux célèbres marques françaises Grey Goose et Cîroc ont commencé. Pour la Maison de la Vodka, ce sont 30 000 bouteilles qui sont produites chaque année.

La moitié des ventes se fait... en Russie

Du côté des ventes, les clients sont des cavistes ou des restaurants. La Maison de la Vodka travaille surtout à l'étranger, via des importateurs dans chaque pays, où elle réalise 85 % de ses ventes à travers une dizaine de pays comme l'Allemagne, la Pologne, l'Azerbaïdjan ou encore le Kazakhstan et bien évidemment la Russie. Le pays des tsars pèse à lui seul 50 % des ventes. Un succès à l'export qui n'est pas vraiment surprenant. En effet, la vodka, qui n'a pas d'indication géographique, est juste derrière le Cognac en termes d'exportation (23,1% contre 31,5% en volume). En 2015, elle était même passée devant.

Pierre Solignac aimerait être moins dépendant de l'exportation et notamment de la Russie. "C'est un pays compliqué, même si l'embargo ne concerne pas la Vodka cela créé un climat qui n'est pas idéal pour les affaires", explique le dirigeant. Il vise désormais un développement en France. Pour y parvenir, l'entreprise prépare une nouvelle recette : la Carvia.

Une recette à l'utilisation universelle

Actuellement, la société aixoise propose principalement la Viche Pitia (qui en russe se traduit par spiritueux de haut rang) à base de seigle, et s'apprête à lancer en septembre une version avec du cumin des près, également appelé carvi. "Nous nous sommes rendu compte que cet ingrédient allait avec beaucoup de plats, et notamment de manière assez étonnante avec le chocolat. Cela sera une vodka moins forte que la Viche Pitia pour une utilisation universelle, c'est-à-dire pure, en accompagnement ou en ingrédient", détaille Pierre Solignac qui juge "le réseau de distribution assez vierge sur cet aspect-là".

L'objectif avec cette recette est d'atteindre 30 % des ventes en France. "La vodka gastronomique se développe", assure Pierre Solignac qui espère se faire "connaître comme une vraie marque de vodka" dans son pays.

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