Comment Berto s'affirme dans la location de véhicules industriels

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(Crédits : DR)
Née à Avignon, l'entreprise familiale déploie une vision large de son métier, où il n'est pas uniquement question de louer mais aussi d'accompagner le client via des services associés. Et son projet stratégique, qui doit porter le développement de l'ETI, subtilement baptisé Licorne 2025, appuie des ambitions de triplement du chiffre d'affaires.

Berto est née, comme beaucoup de petites entreprises, avec l'ambition de grandir et de trouver sa place sur son marché. Son marché, c'est la location de véhicules industriels avec chauffeurs. Un secteur particulier que la PME adresse dès 1963. Presque six décennies plus tard, la PME est devenue Entreprise de Taille Intermédiaire, mais en ayant su conserver son caractère familial.

Au fil du temps, l'entreprise a bien sûr développé son cœur de métier, cependant, assez rapidement, elle a su associer à son business modèle, des services qui lui ont permis de prendre de la distance sur ses concurrents et de se différencier.

D'ailleurs le groupe se présente lui-même comme "créateur de solutions globales". Car le métier de location de véhicules industriels concerne des secteurs très différents. Autant adresser chaque segment avec une offre dédiée. C'est le cas par exemple de Artys, consacrée au transport, à la logistique et au stockage pour le spectacle vivant qui est présente dans une trentaine de pays, en Europe comme au Maghreb. Simpliciti est, de son côté, spécialisée dans l'informatique embarquée et permet de gérer intelligemment les déchets ou encore de favoriser des déplacements pertinents. Eurolev, acteur bien connu de l'élévation, loue nacelles, chariots de toutes sortes, plateformes ciseaux et revendique avoir été la première entreprise à avoir proposé des nacelles à motorisation hybride.

Urbi et orbi

Cette stratégie de diversification, tout ne s'éloignant pas du métier originel, a soutenu la croissance d'une entreprise qui, bien que présente déjà à l'étranger via les filiales existantes, réalise sa première réelle opération de croissance externe avec le rachat de deux sociétés implantées en Pologne, donnant ainsi naissance à Berko Polska, une entité qui emploie 49 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 1,6 M€ ce qui représente par ailleurs 3% du chiffre d'affaires à l'international. Pourquoi la Pologne ? "C'est un pays qui rassemble 40 millions d'habitants et qui produit 3 à 4 % de croissance par an", détaille Norbert Zorpi, le président du directoire qui voit dans l'émergence de la classe moyenne la capacité d'une activité plus soutenue en travaux.

Si se renforcer à l'international est vecteur de croissance, le marché domestique et les phénomènes de concentration qui se produisent dans le secteur n'en sont pas moins des facteurs où le groupe veut conserver sa place. C'est ce qu'a permis notamment l'acquisition de TDS en 2018. "TDS est l'un des derniers pure players de la location de véhicules industriels", explique le président du directoire. Avec un effectif de 500 personnes et un chiffre d'affaires de l'ordre de 43 M€, l'entreprise apporte à Berto un "meilleur maillage du territoire et un renforcement là où nous étions déjà présent", pointe Norbert Zorpi.

La data et Licorne2025

Berto se projette forcément vers l'avenir. D'autant plus peut-être lorsque l'on est une entreprise familiale et à taille intermédiaire. Imaginer le futur et identifier les axes de développement, c'est le socle de Licorne2025. Un nom de code qui est surtout celui du plan de développement. Et où il est question de data. "Nous souhaitons travailler la partie digitale et nous regardons comment utiliser nos datas", dit Norbert Zorpi. "Comment être une plateforme de services et toucher un panel de clients multiples". L'objectif c'est le leadership européen mais sans perdre de vue la base : demeurer une entreprise à taille humaine. "C'est cela, le vrai challenge".

Licorne2025 a donc pour but de multiplier par trois le chiffre d'affaires - et atteindre un milliard d'euros -  et avec lui, tirer la croissance évidemment. Vouloir devenir européen signifie s'ouvrir à de nouveaux pays. Norbert Zorpi ne dément pas "regarder ce qu'il se passe dans d'autres pays européens et avoir identifier certaines potentialités". Tout cela dans un contexte général de concentration. "Oui le marché se massifie. Nous sommes face à une rupture technologique. Demain, les véhicules seront de plus en plus connectés". Il faut donc répondre présent et être prêt.

En parallèle aussi, préparer la transmission du flambeau. La troisième génération est déjà présente dans l'entreprise. Adrien Berto a suivi le parcours d'intégration afin d'apprendre le groupe et ses métiers. Berto est donc bien tourné vers demain, et ça commence aujourd'hui.

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