La stratégie de PortSynergy Projects pour s'imposer à Fos sur le conteneur

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(Crédits : CC by Erwan Hesry / StockSnap)
L'entreprise de manutention a fait passer sa part de marché sur le port de Fos de 48 à 66 % en sept ans. Le fruit d'une politique d'investissements massifs menée par le directeur général Nicolas Gauthier qui va désormais laisser sa place. Ce qui n'arrête pas les ambitions de la PME qui agrandit son quai et améliore ses équipements pour doubler la capacité de traitement.

Depuis le quai du terminal d'Eurofos, tout pourrait donner le vertige : le bateau de 160 mètres de long qui transporte plus de 1 000 conteneurs EVP (équivalent vingt pied), les portiques de près de 50 mètres de haut ou encore les files de conteneurs installés tout au long du quai de 1 600 mètres. Dans les nouveaux bureaux de l'entreprise installée sur la darse 2 de Fos-sur-Mer, les chiffres donnent aussi le tournis. En sept ans, la part de marché d'Eurofos est passée de 48 à 66 % et la croissance ne s'arrête pas. "Nous sommes sur une moyenne à deux chiffres, depuis deux ans et demi nous sommes à 33%", avance Nicolas Gauthier, directeur général de PortSynergy Projects. Cette société a deux implantations, la Générale de Manutention Portuaire qui opère au Havre et Eurofos dans le port fosséen.

Cette si bonne santé économique est le fruit d'importants investissements. Depuis 2011, ce sont 500 millions d'euros qui ont été investis par PortSynergy Projects, dont environ 40 % pour le site méditerranéen. "Nous avons tout refait, l'ensemble de l'asphalte du site, les systèmes informatiques, le réseau électrique, l'équipement de portiques et de cavaliers", énumère Nicolas Gauthier. "C'était un choix ambitieux, à l'époque les ports français n'allaient pas bien, et une stratégie compliquée, car nous modernisions en même temps que nous exploitions", poursuit-il.

Rapidité et offre adaptée

Une métamorphose risquée, mais qui collait parfaitement avec les envies de Nicolas Gauthier. Ancien président du directoire du port de La Rochelle, le dirigeant a également contribué à la réforme portuaire lorsqu'il était conseiller transport auprès de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer à l'époque. "Cela a favorisé l'investissement du privé, j'ai eu envie d'appliquer cette réforme", explique Nicolas Gauthier.

La méthode porte ses fruits. Le terminal d'Eurofos accueille aujourd'hui 2,3 millions de conteneurs EVP. Du volume notamment assurés par CMA-CGM qui détient 50 % de Terminal Link, une société qui possède elle-même la moitié du capital de PortSynergy Projects.

Mais les conteneurs du géant marseillais ne suffisent pas et il a fallu attirer d'autres armateurs. "Il faut être capable de traiter des navires de plus en plus gros, et nous avons fait les investissements pour cela, la position géographique de Marseille, pour desservir l'Ouest de l'Europe, a également favorisé ce développement", avance Nicolas Gauthier. "Ce qui fait la différence, c'est le transport terrestre. Un kilomètre coûte 1,50 à 2 euros, ce qui est considérable, en redevenant fiable nous avons récupéré des clients".

Les investissements de PortSynergy Projects ont également permis de traiter les conteneurs plus rapidement et de proposer une offre adaptée aux clients. C'est le cas par exemple pour les conteneurs frigorifiques, pour lesquels une centaine d'emplacements sont créés chaque année. "C'est une activité qui était très faible sur le port de Fos et qu'on a largement développé, c'est un trafic très dynamique", précise Nicolas Gauthier.

Une capacité en passe d'être doublée

Mais l'entreprise de 1 450 salariés (dont 250 à Fos) et 350 millions d'euros de chiffre d'affaires continue de vouloir se développer. En mars, elle a annoncé son intention d'investir 115 millions d'euros pour ses deux sites. "Pour 2019 et 2020, l'enjeu concerne le transport ferroviaire et l'accès des poids lourds", prévient le dirigeant qui ne verra pas la réalisation des travaux d'aménagement prévus à cet effet. Nicolas Gauthier quitte en effet son poste qu'il occupe depuis sept ans.

Les nouveaux investissements se feront donc sans lui. Ils concernent les équipements ; avec de nouvelles grues et des portiques ainsi que des cavaliers supplémentaires, et la capacité du Terminal, avec 300 mètres de quai et 7 hectares supplémentaires. Le volet humain est également un enjeu compte tenu des recrutements qui vont de pair avec la hausse de l'activité. "La formation est très importante, nous investissons dans notre institut de formation, nous avons acheté deux simulateurs de cavalier et de portique développés spécialement pour Fos", explique Nicolas Gauthier.

Le dirigeant voit en tout cas un avenir radieux pour PortSynergy : "Avec tous ces projets la capacité de traitement de conteneurs va doubler. Mais cela ne veut pas dire que cela va s'arrêter là, il y a la capacité de continuer à accompagner la croissance".

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