Comment Eridanis creuse son sillon dans la smart city

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(Crédits : BooblGum)
Fondée en 2014 par le niçois Emmanuel Gavache, la société de conseil en transformation digitale, spécialiste de l’IoT pour l’industrie, s’appuie sur sa collaboration avec la métropole Nice Côte d’Azur pour s’imposer auprès des collectivités comme un acteur clé de la ville intelligente.

A l'origine d'Eridanis, une intuition. Celle du niçois Emmanuel Gavache, persuadé du potentiel disruptif de l'Internet des Objets pour l'industrie quand celui-ci n'en était encore qu'à ses balbutiements, principalement tournés vers le marché grand public. Nous sommes alors en 2014. L'ex-membre du Comex de Renault, à l'époque de son rapprochement avec Nissan, quitte Capgemini où il officiait pour fonder Eridanis, start-up positionnée dans le conseil stratégique aux entreprises autour de l'IoT, dont l'actionnaire principal, Jean-Luc Bernard, n'est autre que le président de Robinson Technologies. Une holding regroupant une vingtaine d'entreprises parmi lesquelles Astek, pesant 250 M€ de chiffre d'affaires pour 4.500 collaborateurs dans le monde, et où Eridanis apparaît comme "la pépite high tech du groupement avec des compétences en IoT, en électronique, en data sciences et en e-santé", revendique Alexis Semmama, responsable Smart City de la jeune pousse, déjà présente à Paris (siège), Londres, Montréal et Singapour. Laquelle, après avoir fait ses armes auprès d'industriels de la maintenance prédictive, du spatial et de la pharmaceutique, développe depuis 2016 et son implantation au CEEI de Nice une expertise dans le domaine de la ville intelligente.

Nice, tête de pont de l'activité Smart City

A cet égard, le choix de la métropole azuréenne ne doit évidemment rien au hasard. Régulièrement classée dans le Top 15 mondial des villes intelligentes par l'organisme Juniper, Nice Côte d'Azur, parce qu'elle fait preuve d'une politique volontariste en la matière, doit composer avec "des dizaines, voire des centaines de projets potentiels, tous plus intéressants les uns que les autres" qu'il s'agit d'arbitrer, de prioriser pour que ceux-ci aient un réel impact sur la collectivité et ses administrés. "Nous avons ainsi contribué dès 2017 au choix et à l'intégration de la plateforme Smart City open source Fireware auprès des différents services de la métropole", explique Alexis Semmama qui définit Eridanis comme "un facilitateur technologique". Ce "travail de longue haleine" permet aujourd'hui de mettre en œuvre des projets concrets concernant "essentiellement la mobilité et l'e-santé". Ainsi, "ces quatre dernières années, nous avons développé des compétences dans le secteur de la mobilité avec des algorithmes de prédiction de stationnement et de trafic pour créer de nouvelles façons de se déplacer et de gérer le stationnement", détaille le responsable.

Une vision globale du territoire

Si l'activité Smart City représente à ce jour un tiers de son chiffre d'affaires (non communiqué mais qui se compterait en millions d'euros), elle est toutefois appelée à rattraper peu à peu l'activité historique d'Eridanis. "Notre collaboration avec Nice Côte d'Azur constitue une carte de visite précieuse pour adresser et gagner de nouvelles villes en région Sud et au-delà". De même, la récente entrée de ses offres au catalogue UGAP (Union des groupements d'achats publics) devrait contribuer à son ancrage auprès des collectivités, même si "toutes ne sont pas totalement convaincues par la pertinence de la Smart City", admet Alexis Semmama. Il faut dire que tout le monde en parle mais peu savent vraiment ce que c'est. "Beaucoup assimilent la Smart City à une ville technologique. Ce n'est pas notre vision. S'il est certes difficile aujourd'hui de concevoir de l'intelligence sans technologie, il s'avère néanmoins qu'une technologie sans usage réel peut être destructrice de valeur". Pour Eridanis, "la Smart City doit donc avoir une vision globale de son territoire, géographique mais aussi informatique et humain, pour mieux répondre aux exigences des concitoyens en termes de mobilité, de connectivité, de sécurité..., tout en conciliant des intérêts a priori divergents comme, par exemple, l'augmentation de la mobilité d'un côté et la baisse de son impact sur l'environnement de l'autre". Un vœu pieux ? "Nous sommes optimistes. Les progrès en la matière sont considérables, du moins dans les villes qui s'y engagent pleinement".

Trouver des compétences

Aussi Eridanis poursuit-elle son plan de développement qui vise à conforter et améliorer ses parts de marchés auprès des collectivités françaises tout en grignotant quelques points à l'international. Et ce, en s'appuyant sur les forces vives de Robinson Technologies, "présentes sur cinq continents". En ce qui concerne son activité industrielle, "nous sommes dans une démarche d'amélioration continue de notre R&D, notamment dans le domaine de la maintenance prédictive, de la dématérialisation des process et de l'optimisation des processus de production grâce à la data intelligence".

Et puis, il y a la branche e-santé où des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques et des acteurs de la téléconsultation noués depuis plus d'un an permettent à la start-up de développer des solutions dédiées aussi bien pour les villes que pour les industriels. "C'est clairement un des enjeux des prochaines années." L'entreprise, qui emploie une trentaine de personnes dont une demi-douzaine basée à l'agence de Nice, compte également étoffer son effectif d'une dizaine de profils de haut niveau, de préférence issus de grandes écoles d'ingénieurs, d'ici à la fin de l'année. "Si on y arrive !" Car chez Eridanis comme ailleurs, la question des compétences reste prégnante et constitue, finalement, le principal frein à son développement.

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