Comment les automates de Bleutec entendent dynamiser le commerce de proximité

 |   |  668  mots
(Crédits : DR)
Avec ses distributeurs automatiques d’e-liquides Vape Self, le bureau d’études basé à Carros et spécialiste de la mécatronique diversifie sa cible clientèle vers les buralistes auxquels il propose un outil de communication et de fidélisation censé dynamiser leur activité comme celle, plus largement, des commerces de proximité.

Les automates sont-ils l'avenir des commerces de proximité et notamment des buralistes ? C'est l'idée défendue par Bleutec System, bureau d'études basé à Carros, fondé en 2007 et spécialisé dans la conception mécanique, électronique et informatique (mécatronique). Son expertise ? Les automates, plus précisément les distributeurs et bornes automatiques de tout type, en dehors du snacking. A son actif, des appareils de distribution de dosettes de café, une borne de contrôle de conteneurs à distance délivrant les scellés qui vont bien, un compacteur solaire de bouteilles en plastique et canettes, une conciergerie d'entreprise automatique... conçus pour un spectre clientèle très large, du Géo Trouvetout aux grands comptes. "Les trois quarts de nos réalisations sont des prototypes. Le quart restant est généralement fabriqué en petites séries et, selon les produits, assemblé et testé dans notre atelier", explique Christophe Semel, dirigeant-fondateur de l'entreprise qui emploie une quinzaine de personnes.

Outil de communication et de fidélisation

Laquelle, dans sa quête de relais de croissance, s'est intéressée à partir de 2014 au marché de la vape (ou cigarette électronique) dont le chiffre d'affaires devrait dépasser, selon les estimations, le milliard d'euros en France en 2020. Trois générations de distributeurs automatiques d'e-liquides ont ainsi été développés, écoulés à ce jour à 150 exemplaires. "Nous avons progressivement adapté nos machines à l'évolution de l'offre et de la demande avec la volonté d'adresser, outre les 2 500 à 3 000 magasins spécialisés, les 24 000 buralistes de France", explique le dirigeant. Car Vape Self, c'est le nom du dernier-né, s'avère être "bien plus qu'un distributeur d'e-liquides et d'accessoires dédiés". "C'est une e-boutique connectée, accessible 24h/24, 7j/7, qui permet de générer une base de données clients et donc, grâce à une appli associée, d'engager des actions de communication et de fidélisation". Le recueil des données étant facilité par la réglementation qui impose à l'exploitant de s'assurer de la majorité de son client via, concernant Vape Self, la présentation d'une carte nominative associée à un code secret ou d'un QR Code qu'il débloque.

Virage numérique

Lancé en 2018, présenté aux buralistes lors de leur grand raout professionnel, Losangexpo, Vape Self entend donc répondre aux enjeux du secteur qui cherche à se diversifier en l'accompagnant dans son virage numérique. "La machine s'adapte aux modes de consommation de la clientèle qui utilise de plus en plus le smartphone et contribue à contrer le rouleau compresseur du commerce en ligne", revendique Christophe Semel. Qui a choisi d'internaliser sa commercialisation - en leasing - avec la mise en place d'une équipe marketing et commerciale dédiée ainsi que des techniciens itinérants afin de "maîtriser la qualité du service et les compétences". Il faut dire que les perspectives s'annoncent prometteuses : "Les buralistes ont l'ambition de prendre 80% des parts de marché de la vape. Cet outil peut les y aider d'autant plus qu'il est éligible au fond de transformation". Dotée de 80 M€, cette enveloppe publique négociée l'an passé entre la Confédération des buralistes et le gouvernement vise à accompagner le réseau dans la transformation de ses points de vente pour s'adapter à la baisse annoncée du marché du tabac traditionnel et répondre aux nouveaux usages des consommateurs. D'où la volonté du bureau d'études, qui vise le million d'euros de chiffre d'affaires en 2019, d'élargir la gamme Vape Self avec le développement, en cours, de deux nouveaux modèles, l'un, plus petit pour réduire l'encombrement, l'autre, orienté multiproduits. "Les automates constituent une solution économiquement intéressante pour le secteur et plus largement pour l'ensemble des commerces de proximité qui ont besoin qu'on leur amène des outils pour dynamiser leur activité", conclut Christophe Semel. Qui entend donc, demain, transformer l'essai pour servir d'autres types de commerces grâce notamment à sa maîtrise du paiement carte bancaire qui lui ouvre un large champ des possibles.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :