Provepharm Life Solutions renforce son empreinte industrielle

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(Crédits : DR)
En installant une unité pilote dans la cité phocéenne, la laboratoire pharmaceutique originaire de Marseille intensifie sa capacité à innover, étant désormais capable de produire ses propres principes actifs. Un positionnement qui lui permet d'aller plus vite et de surtout prendre encore plus de poids, surtout à l'international.

C'est par sa capacité à avoir réhabilité le bleu de méthylène que Provepharm a pris sa place dans le monde pharmaceutique. Créé en 1998, le laboratoire a poursuivi sa croissance, soufflant sa vingtième bougie l'an dernier. Une date anniversaire qui est aussi être celle d'un virage. Renforcé capitalistiquement avec l'arrivée de Téthys Invest, le fonds de la famille Bettencourt, et ArchiMed, la PME décide que pour entamer la page de sa troisième décennie, elle doit renforcer sa capacité à innover en s'appuyant sur ce qu'elle sait faire de mieux. C'est ainsi que naît le projet de l'unité pilote, désormais opérationnelle et qui a mobilisé un investissement de 9 M€, occupant 500 m2 sur les 3 000 m2 de surface totale du site. Un sacré outil qui est éminemment stratégique pour l'entreprise.

Troisième voie

Stratégique car elle permet à Provepharm de se positionner sur ce que Michel Féraud, son co-fondateur, appelle la troisième voie. C'est-à-dire prendre une place entre l'activité des génériques et celles des biotechs. "Il y a un modèle économique à trouver", souligne le PDG de l'entreprise qui va donc poursuivre sur la réhabilitation de molécules, un enjeu important en matière de santé, "certaines n'étant pas suffisamment investigées".

Dotée de cette unité équipée de tous les éléments innovants qui vont bien - 4 réacteurs anti-corrosion et un skid mono-fluide - "nous allons pouvoir mettre en œuvre nos idées" soit tester ses principes actifs. Et c'est là que se situe l'effet de levier. Habituellement sous-traitée, cette phase est ainsi accélérée, permettant de "réaliser plus rapidement les études cliniques", précise Michel Féraud.

De plus, cette nouvelle unité de production permet de "réaliser un double saut, à la fois quantitatif et qualitatif". Quantitatifs car les développements se font avec es réacteurs de 600 litres, contre 6 litres précédemment, et qualitatifs car les principes sont reconnus GMP, soit Good Manufacturing Practice.

"Nous cherchons des produits dans des aires thérapeutiques à haute valeur ajoutée", précise Michel Féraud. "De façon générale nous sommes tournés vers les produits hospitaliers". 15 à 20 % du chiffre d'affaires sont par ailleurs injectés chaque année en R&D.

Réussir la diversification

Présente à l'international via sa filiale américaine, basée à Philadelphie, née en 2012 mais réellement opérationnelle depuis un an, Provepharm est également positionnée en Nouvelle-Zélande, en Malaisie, au Vietnam et en Europe... distribuée dans 30 pays. Elle est en cours de déploiement en Amérique Latine ainsi que dans les pays du Golfe. Une nouvelle filiale pourrait-elle voir le jour ? "Dès lors qu'un portefeuille de produits sera suffisamment développé", indique Michel Féraud. L'entreprise, pour faire face à ses ambitions, a également structuré ses équipes en réalisant plusieurs embauches dont une dizaine de personnes pour sa nouvelle unité pilote. En faisant grandir encore un peu plus celle qui a commencé comme petite entreprise et qui entend confirmer son statut de groupe pharmaceutique, Michel Féraud veut aussi faire passer le message selon lequel, entreprendre en grand "c'est possible" et que l'industrie doit être moins négligée et davantage considérée. Le prix EY de l'entrepreneur de l'année, obtenu ce 24 septembre à Nice récompense son parcours et sa vision. Provepharm - qui réalise un chiffre d'affaires de 38,5 M€ et emploie 60 salariés - entame plutôt bien sa troisième décennie.

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