Comment Ymagis déploie sa diversification (et c'est aussi depuis Marseille)

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(Crédits : DR)
Spécialiste de la fourniture de technologies numériques pour l'industrie du cinéma, le groupe basé à Paris a entrepris une stratégie de diversification, ouvrant plus largement le spectre des services que le numérique permet. Une stratégie qui passe par la réalité virtuelle et le divertissement. Et c'est à Marseille, après la Capitale, qu'elle se déploie, notamment via son concept Illucity.

Le 7ème art est un art pluriel, auquel s'adressent tout un ensemble d'expertises. C'est aussi ce secteur qui est le cœur du métier d'Ymagis. Née à Paris en 2007, le groupe s'est spécialisé dans la fourniture de technologies numériques pour le cinéma. Un secteur où tout évolue vite et c'est assez logiquement que s'est tracé une roadmap s'appuyant sur la diversification. Qui passe également par une activité BtoB où réalité virtuelle et divertissement s'unissent pour donner naissance à un parc immersif se voulant différent de ce qui existe sur le marché. Ce concept, baptisé Illucity, s'est d'abord déployé en région parisienne, avant de passer par Athènes et d'ouvrir une seconde adresse dans l'Hexagone, à Marseille, opérationnelle depuis quelques jours. Un choix que Jean Mizrahi, co-fondateur et dirigeant d'Ymagis explique somme toute assez logiquement : "Après la Capitale, il nous semblait évident d'installer notre parc dans la deuxième ville de France".

Phase d'obsolescence... prometteuse

Axé originellement vers le cinéma, Ymagis s'est structuré en business unit afin d'en adresser les différents segments. Ainsi, CinemaNext qui fournit les services d'exploitation aux cinémas est celle qui "est la plus internationale" souligne Jean Mizrahi, puisque présente en Europe (dans une vingtaine de pays), en Turquie, à Dubaï avec un rayonnement vers l'Afrique de l'ouest et avec "un pied aux Etats-Unis". Générant un chiffre d'affaires de 63 M€ en 2018, cette BU "est en nette croissance" précise Jean Mizrahi. "Il se construit des salles de cinéma dans les zones que nous couvrons. De plus, les équipements numériques arrivent à la phase d'obsolescence, donc significative de fort renouvellement. Et la phase de renouvellement est plus étendue que la phase d'équipement. Nous avons conduit un important travail sur les marges, sur le développement des produits et nous avons mis au point un concept de salle premium, avec des zones de jeu, utilisant la réalité virtuelle". Positionnée sur la partie amont du business, Eclair est le pôle qui fournit le contenu aux distributeurs de films. Et une autre BU qui se porte bien - merci les plateformes telles Netflix - "c'est une marque reconnue dans le monde entier", qui s'appuie sur un autre pilier du métier, la localisation, c'est-à-dire tout ce qui relève du sous-titrage, doublage et adaptation du contenu aux malentendants. En 2018, elle a réalisé 50 M€ de chiffre d'affaires, après avoir connu des périodes difficiles, car "le marché est très compétitif", explique Jean Mizrahi. Ainsi l'activité post-production a été mise en sommeil, "nous nous concentrons sur des activités plus industrielles".

Rendre le cinéma encore plus attractif

Pour s'adapter donc encore davantage, est née Illucity. Soit des centres de divertissements autour de la réalité virtuelle. "L'idée était de créer des synergies avec CinemaNext", indique Jean Mizrahi, mais c'est surtout que cette autre activité permet à Ymagis d'adresser le BtoC, quand elle n'a, par nature, adressé uniquement le BtoB. "Ce marché des centres de divertissements est très dynamique. Grâce à la réalité virtuelle, nous recréons l'environnement comme nous le souhaitons, ce qui octroie davantage de créativité en termes de scénario". Après Paris et La Villette, puis Athènes, c'est donc à Marseille qu'a été inauguré le second parc de l'Hexagone, utilisant 850 m2. "Nous voulions proposer aux exploitants une solution qui permette de faire revenir vers l'environnement de la salle de cinéma, qui ouvre à d'autres expériences. C'est un concept complet, original par rapport à ce qui existe déjà sur le marché", promet Jean Mizrahi. Qui insiste sur la valeur ajoutée qu'apporte Ymagis dans cette activité qui sort des sentiers battus. "Notre vocation est d'aller en partenariat avec l'exploitant. Nous nous concentrons sur la sélection et la production de contenus. Nous bénéficions d'une expérience terrain qui permet de faire remonter une appréciation de ce que le public attend. Le BtoB est un segment que nous avons trop longtemps négligé", poursuit le dirigeant du groupe. Qui imagine un avenir prometteur au concept, qui - on ne se refait pas - intéresse aussi le BtoB. "Nous avons des demandes entrantes d'entreprises qui y voient un moyen de formation".

Le cinéma crée, crée...

"Nous devenons un intégrateur de solutions pour les exploitants de cinéma", ajoute Jean Mizrahi. Qui n'ignore pas les autres secteurs où Illucity serait pertinente. Notamment le secteur de l'immobilier commercial qui pense les centres commerciaux comme des lieux de vies. De fait, "nous avons des discussions avec les exploitants de centres commerciaux. Nous venons en support de l'entertainment". Et ce, d'autant que le cinéma se porte bien, 80 à 100 salles de cinéma se créent chaque année. "Le numérique a permis aux exploitants de rationnaliser les coûts". Sans oublier que "ce phénomène est mondial. On assiste en Europe de l'Est à un phénomène de rattrapage, l'Afrique est au début de sa phase d'équipement. Le marché va s'accélérer dans les pays où le PIB va permettre de créer une classe moyenne", analyse Jean Mizrahi. Et puis, "le marché est demandeur. Même si le cinéma est en pleine recomposition avec l'arrivée des plateformes. C'est un secteur également qui souffre peu des crises économiques. L'industrie est vigoureuse, nous sommes confiants sur nos activités". Ymagis emploie 800 personnes et a généré en 2018, un chiffre d'affaires de 167 M€.

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