Argeville cultive son indépendance et sa croissance à l'international

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(Crédits : DR)
Installé au cœur de Sophia-Antipolis, cette PME industrielle s'est positionnée sur un secteur ultra concurrentiel, celui des arômes alimentaires, de la parfumerie et des ingrédients naturels. Farouchement attachée à son actionnariat familial, elle fait de l'export une plus-value pour demeurer innovante face aux géants du secteur.

Rien ne ressemble jamais à un long fleuve tranquille lorsqu'on pilote une entreprise. Rester à l'écoute du client et du marché, innover au bon moment, exporter au bon endroit... la somme des ingrédients qui font le succès d'une PME est sensible. Aussi sensible qu'une formule chimique ... Un sujet que connaît bien Argeville. Née en 1921, l'entreprise opte pour le secteur des parfums, ce qui va porter sa croissance. Rachetée en 1981 par Jean-Jacques Ardizio, elle va alors pousser sa diversification. Aujourd'hui Argeville c'est bien sûr les parfums mais aussi les arômes alimentaires, division née en 2010, et les ingrédients naturels. Trois branches dont la plus active demeure bien la division parfumerie, générant, à elle seule 50 M€ sur les 65 M€ qui constituent le chiffre d'affaires.

La plus-value du Made in France

Assez logiquement, Argeville s'est rapidement tournée vers l'international, notamment au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Le groupe dispose ainsi de bureaux en Colombie, en Chine et d'un centre créatif à Dubaï. Dubaï qui permet d'adresser une partie de l'Inde et de l'Afrique et qui représente le marché historique de la société.

Mais c'est à Bangkok que la PMI vient de consacrer un investissement de 2 M€ pour la création d'une usine, étalée sur 1 500 m2 et qui sera inaugurée ce 4 novembre.

Une façon d'être plus proche du client, explique Xavier Ardizio, qui a repris les rênes de l'entreprise familiale et qui insiste pour dire à quel point le Made in France joue un rôle dans ce rapport. Un centre créatif devrait également y voir le jour dès 2020. Car la plus-value c'est de fournir des éléments du marché aux clients. Lesquels sont plutôt des industriels et non pas des multinationales. "Nous cherchons, dans chaque pays, les grands acteurs locaux", explique Xavier Ardizio. Qui dit bien que "nous mettons l'accent sur l'Asie du Sud" et qui espère beaucoup de l'Afrique, pays en pleine croissance, notamment en ce qui concerne le parfum. En revanche, l'aventure américaine n'est pas prioritaire. "Nous avons un client sur place qui se restructure" et c'est plutôt via la branche ingrédients naturels qu'Argeville veut marquer sa présence, bien plus qu'avec les parfums et les arômes.

"Nous souhaitons renforcer l'axe Afrique/Moyen-Orient/Asie. Nous avons besoin de comprendre le marché avant de l'adresser", commente Xavier Ardizio qui dit aussi sa volonté de revenir sur le marché européen.

Implication de la R&D

En France, outre l'usine azuréenne installée à Mougins consacrée à la production d'arômes et à la production de parfums, Argeville dispose d'un site de production à Montélimar, dans la Drôme, dédié aux ingrédients naturels. Laquelle a bénéficié d'un investissement de 800 000 euros afin d'améliorer l'outil de travail.

Pour ce qui est de la parfumerie, Argeville adresse ce qui concerne le segment du détergent et du personnal care. Pour les arômes alimentaires, la PME fournit davantage pour le segment laitier et les biscuits. L'alimentaire qui "représente l'avenir", selon Xavier Ardizio et qui va concentrer une grande part des investissements réalisés par Argeville.

Plus largement, 30 % du personnel - qui réunit 250 personnes au total - est dédié à la R&D.

Mais c'est bien son indépendance capitalistique de Xavier Ardizio compte conserver. Car c'est aussi un élément qui fait partie de son agilité, ses concurrents n'étant jamais les mêmes selon les pays où la PMI est positionnée, c'est "soit la PME locale, soit la grande entreprise mondiale". L'an dernier, un nouvel ERP a été installé, justement pour accompagner la croissance de l'entreprise, "pour aller plus loin dans l'avenir". Comme nombre d'entreprises, Argeville ne méconnaît pas les problématiques de recrutement, sur des profils de cadres et agents de maîtrise notamment. Ce qui n'empêche pas l'entreprise de viser un chiffre d'affaires de 100 M€ à 5 ans. Comme un parfum d'ETI en devenir...

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