Adastra Films confirme son ambition internationale

 |   |  688  mots
(Crédits : DR)
En produisant un long-métrage mexicain, la société de production basée à Cannes s'ancre encore un peu plus dans l'internationalisation de son expertise. Surtout, ce nouveau projet valide le business modèle de la PME initialement positionnée sur le court-métrage et qui a également créé un véhicule d'investissement afin de financer les projets qu'elle porte.

Ce ne sera pas, au bout du compte, un film estampillé France mais il contient pourtant beaucoup du savoir-faire français et azuréen.

Car Domingo, tourné à Guadelajara au Mexique par un réalisateur mexicain, Raoul Lopez Echeverria, dispose d'un producteur français, d'une post-production marseillaise et même d'un financement azuréen.

C'est en 2015 que Sébastien Aubert, co-fondateur de la société de production Adastra Films a un coup de cœur pour un court-métrage, baptisé "Domingo", visionné au Festival latino-américain de Biarritz. Un coup de cœur qui lui fait envisager la nécessité de faire de ce court un long métrage. Un projet sur lequel planche déjà Raoul Lopez Echeverria. Ainsi se nouent les premiers liens... D'autant que c'est Adastra Films qui distribue alors l'œuvre. Un voyage au Mexique l'été 2016 et des échanges nourris plus tard, voilà la société de production cannoise et le réalisateur mexicains embarqués dans l'aventure. Trois années ont été nécessaires pour écrire le scénario, affiner le financement, finaliser le casting. Le tournage s'est tenu entre octobre et novembre au cœur d'une favela de Guadelajara, d'où est originaire le réalisateur, Raoul Lopez Echeverria.

Valorisation des compétences internationales

Si donc "Domingo" dispose d'un producteur azuréen, une partie des fonds ayant servis à la financer le sont également. Car Adastra Films - qui n'a bénéficié d'aucune subvention, ni de la part du CNC ni de la Région Sud - a regroupé un pool d'investisseurs dont le galeriste Dominique Hurtebize, pour un montant total de 60 000 $, soit 10 % du budget global, celui-ci se montant à 600 000 $.

"Nous apportons, outre ce financement, également notre expertise, notre expérience, notre connaissance des distributeurs, notre réseau à l'international, notre connaissance des marchés du film", précise Sébastien Aubert, la part de la PME cannoise étant de fait valorisée ainsi à 20% de la valeur totale du long-métrage.

Car en effet, le rôle d'Adastra Films se poursuit désormais sur le segment de la promotion sur des salons proposant du Work in Progress, (comme Les Arcs Film Festival ou Annecy Festival), ces sessions se tenant en parallèle de certains festivals, où sont présentés des films en cours de production et dont sont friands les sociétés de post-production, les distributeurs et les organisateurs de festivals, désireux de repérer la pépite qui organisera sa première mondiale lors de leur événement.

"Domingo" sera fin prêt pour cette étape dès février-mars 2020.

Pour l'heure, c'est une autre brique "sudiste" qui s'ajoute au déroulement du projet puisque la postproduction se fait au sein de Label 42 Studio, installé à Marseille.

Projet américain pour 2020

Au-delà du projet précis, celui-ci confirme le virage pris par Adastra Films vers la production de longs métrages. La société s'était initialement tournée vers les courts métrages. C'est en 2014 qu'elle décide d'ajouter le long métrage à ses compétences. Une stratégie qui s'est renforcée depuis deux ans. De fait, au chapitre des projets, ce sont 5 longs métrages et un court métrage qui sont dans les tuyaux. Parmi ces projets figure Laroy, un film américain qui se tourne aux Etats-Unis et pour lequel elle est actuellement en contact avec CAA, agence de représentation d'acteurs célèbres (elle a notamment représenté Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, Nathalie Portman, Kate Winslet ou Cameron Diaz NDLR) dans l'objectif de soumettre certains projets à des artistes reconnus. Ce film bénéficie également du financement apporté par le pool d'investisseurs réunis par Adastra, via Adastra 1, dédié au financement des projets cinématographiques et qui dispose d'un budget total de 150 000 €.

De son côté, Films 06, la société davantage spécialisée dans les films d'entreprise et le team building, continue son développement avec des clients tels que Thales, ETSI ou Areco.

Adastra Films emploie 6 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 300 000 euros en 2018, contre 450 000 euros en 2017, 2018 ayant été un exercice dédié à la recherche et développement.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :