Comment AG3I fait de la Bourse un atout de compétitivité

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(Crédits : DR)
Spécialiste de la maintenance et des travaux pour l’industrie et le tertiaire, l’entreprise basée à Grasse est l’une des rares PME azuréennes à avoir fait le choix de la bourse pour financer sa croissance. Quatre ans après son introduction sur le marché libre Euronext Access, elle poursuit sa feuille de route, malgré des vents contraires, et réaffirme son ambition de devenir, à terme, une ETI.

Faut-il avoir peur d'entrer en bourse quand on est une PME ? Pour Christian Ghio, dirigeant de l'entreprise grassoise AG3I, présente sur le marché libre Euronext Access depuis 2014, la réponse est non, bien au contraire. "C'est un outil de financement peu utilisé car, pense-t-on à tort, générateur de lourdes contraintes alors qu'entrer en bourse n'est finalement pas plus compliqué que d'obtenir un prêt bancaire, c'est même parfois plus simple." Surtout, "cela permet de bien poser la stratégie, de positionner le curseur sur ce que vaut l'entreprise aujourd'hui et vers où elle doit aller. On regarde le présent, un peu, mais surtout le futur, c'est ça qui est intéressant".

Une introduction en réaction à la crise de 2008

Spécialisée dans la maintenance et les travaux, AG3I couvre quatre domaines d'activité : le CVC (chauffage, ventilation, climatisation), le contrôle d'accès et les portes automatiques, la maintenance de l'outil industriel et le multi technique (plomberie, électricité...). Ses clients ? Les grands comptes du territoire, Thalès Alenia Space, Malongo, les industriels du parfum et des arômes, mais aussi le secteur bancaire, les administrations et le tertiaire. Du local essentiellement même si depuis deux ans, l'entreprise de 38 personnes, au chiffre d'affaires annuel compris selon les années entre 3,5 et 4 M€, multiplie les incursions au national avec des chantiers CVC à Paris et Bordeaux. Doucement mais sûrement, AG3I fait son nid. Quitte à prendre des chemins de traverse pour mieux résister aux vents contraires.

Ainsi en est-il de son introduction en bourse, en réaction aux conséquences de la crise économique de 2008. "A partir de 2011, le contexte économique s'est modifié durablement, avec un effondrement des marges, une concurrence de plus en plus serrée et des clients aux budgets limités", se souvient Christian Ghio, repreneur de l'entreprise en 2010 via un LBO (Leveraged buy-out), et donc contraint de trouver "des solutions pour financer la croissance tout en remboursant la dette". Une équation résolue par son entrée sur le marché boursier parisien régulé mais non réglementé Euronext Access, réalisée dans le cadre de la loi Tepa. La PME, valorisée à 4,5 M€, ouvre 25% de son capital à plus de 500 actionnaires, lui permettant de lever "une somme conséquente". Laquelle "nous a permis de faire le dos rond" pendant la tempête qui s'en est suivie.

Outil de différenciation

Car, arrivent le 3 octobre 2015 et ses inondations meurtrières qui lui font perdre deux gros chantiers représentant plus de 800 000 € de chiffre d'affaires. "La trésorerie faisait défaut, j'ai donc anticipé la problématique de BFR qui allait se présenter en déclenchant dès décembre une procédure de sauvegarde dont nous sommes sortis en février 2017". Une période de treize mois durant laquelle Christian Ghio prend son bâton de pèlerin pour communiquer auprès des salariés, des clients, des actionnaires, "expliquer le pourquoi du comment" et rassurer sur son plan d'actions et son portefeuille de commandes. Il en profite par ailleurs pour réétaler la dette afin de se donner des capacités d'autofinancement plus importantes. Résultat : "La confiance a été maintenue, nous n'avons pas perdu de clients, nous avons même gagné des marchés publics et réalisé en 2017 une année record avec près de 5 M€ de chiffre d'affaires !" Le fait d'être une entreprise cotée pouvant changer la donne en termes de visibilité. "L'image véhiculée est celle du petit poucet qui joue des coudes pour rivaliser avec les gros nationaux, ce qui permet de se différencier sur un marché tendu".

Un tremplin vers l'ETI

Certes, la PME a vu sa valorisation baisser suite à cet épisode, "mais est-ce si grave quand on n'a pas l'intention de vendre ?", s'interroge le dirigeant qui souligne la souplesse du dispositif. "Je peux maintenir le statu quo en attendant que la valorisation remonte puis, dans l'éventualité où j'aurais besoin de cash, ouvrir à nouveau une petite partie du capital", explique-t-il. D'autant qu'après "deux années de consolidation, 2020 annonce une nouvelle phase de croissance pour AG3I qui s'engage par ailleurs dans une démarche de numérisation de ses process". A cet égard, une demande de financement de l'innovation auprès de BPIFrance dans le cadre du PIA3 est en cours de finalisation. "C'est un des éléments qui va nous permettre de gagner en agilité, en réactivité et en compétitivité". Un autre tient à l'organisation même de l'entreprise depuis son introduction en bourse. "On s'est peu à peu doté d'outils pour, le moment venu, pouvoir grandir et passer à la marche suivante". A savoir, le marché réglementé. "C'est notre objectif, aller vers l'ETI pour sortir de la masse."

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