Marius Fabre mise sur l'export

 |   |  579  mots
(Crédits : Agence Caméléon)
La PME installée à Salon-de-Provence est l'un des derniers savonniers provençaux à utiliser la technique traditionnelle du savon de Marseille. Une authenticité qu'elle exporte à travers 48 pays depuis plusieurs décennies.

Depuis presque 120 ans, la société Maris Fabre s'attèle à produire du savon de Marseille dans son usine de Salon-de-Provence selon la technique traditionnelle. C'est-à-dire fabriqué uniquement à base d'huiles végétales dans un chaudron pendant une dizaine de jours. Une méthode qui n'est pas protégé par le droit. "Nous défendons une tradition et un savoir-faire parfois galvaudé, le savon de Marseille a des caractéristiques propres", souligne Julie Bousquet-Fabre. Directrice générale de la PME depuis 2011, elle incarne avec sa sœur Marie la quatrième génération Fabre à faire perdurer l'entreprise. "Nous sommes dépositaires d'un patrimoine", explique-t-elle.

Une tradition qui séduit jusqu'à l'étranger puisque la savonnerie salonaise réalise 25% de ses 9,4 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'export. "C'est un axe que nous développons depuis longtemps, grâce à certains partenaires venus nous voir pour proposer nos produits dans d'autres pays", raconte Julie Bousquet-Fabre. Au Japon, l'un des principaux pays où se vendent les savons, Marius Fabre travaille avec deux distributeurs depuis 35 ans. Au total, la PME s'exporte dans 48 pays. Principalement en Asie, mais aussi en Suisse, en Allemagne ou au Canada. "Nous sommes toujours en recherche de nouveaux marchés", prévient la directrice générale qui note que "parfois les étrangers connaissent mieux notre produit". Mais Julie Bousquet-Fabre n'est pas d'une course à la rentabilité. "Notre but est d'avance lentement mais sûrement, c'est presque une devise familiale", assure-t-elle.

La fin de l'huile de palme

A l'heure où l'authentique revient dans les motivations de consommation, le savon de Marseille en bénéficie. Il présente en plus l'avantage d'être estampillé made in Provence. "Il a une aura particulière", juge la dirigeante. Cette tendance profite au développement des quincailleries et autres boutiques de ce type. Ces commerces sont les distributeurs privilégiés de Marius Fabre qui vend les deux-tiers de ses produits via ce biais. "On nous trouve dans un réseau très varié avec par exemple des magasins de bricolage ou des pharmacie", explique la dirigeante. Une stratégie commerciale de diversification héritée du grand-père de la dirigeante. En revanche, elle se refuse à vendre son savon dans les hypermarchés. "Ce n'est pas notre philosophie, notre but n'est pas de faire du volume et d'inonder la planète avec nos produits", justifie-t-elle. Pour ce qui est de la vente en directe, elle se fait via le site ou l'une des trois boutiques Marius Fabre qui se situent à l'usine, à Salon et à Paris.

L'année 2020, qui marquera les 120 ans de l'entreprise, sera aussi synonyme de changement pour la PME de 40 salariés puisqu'elle mettra fin à l'utilisation d'huile de palme. "C'était déjà le cas pour le savon vert, mais désormais cela sera aussi vrai pour le blanc qui est dédié au ménage", précise Julie Bousquet-Fabre. Le fruit de 8 années de recherche. "Et d'investissements pour adapter l'outil de production", ajoute la dirigeante. Chaque année ce sont 1,000 tonnes de savon, toutes catégories confondues, qui sortent de l'usine salonaise. "Nous n'utilisions que 50 hectares de palmier à huile, mais nous voulions faire cet effort et cela joue aussi sur le transport", détaille la directrice générale. Car désormais les savons blancs seront faits avec de l'huile de tournesol oléique, venue de France. Ce qui apportera un changement de couleur avec un teint un peu plus beige. Une pointe de modernité dans la tradition.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :