L’équation très développement durable de MDI et de son moteur à air comprimé

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(Crédits : DR)
Le motoriste luxembourgeois, dont les filiales de R&D et de production sont basées à Carros, bascule vers l’application industrielle de son moteur à air comprimé qu’il destine aux domaines de la mobilité et du stockage d’énergie. Une innovation de rupture qui associe une technologie propre et durable à un concept de production privilégiant le circuit court.

Le 22 juin dernier, à Lille, Véolia Environnement inaugurait son premier véhicule de collecte de déchets non compactés doté de la technologie de motorisation à air comprimé MDI. Une étape importante pour le motoriste luxembourgeois qui a fait de l'air comprimé comme alternative au tout thermique son cheval de bataille depuis sa fondation en 1991 par Guy Nègre. "Cela contribue à démontrer la fiabilité et la viabilité de notre technologie après une longue période de R&D", se félicite son fils, Cyril Nègre, à la tête du groupe présent à Carros à travers ses filiales CQFD (R&D) et MDI Prod qui emploient au total 22 personnes. C'est là qu'a patiemment été développée cette innovation de rupture destinée aux secteurs de la mobilité et du stockage d'énergie, saluée en 2016 par l'ONU pour sa contribution à un transport plus durable.

Un moteur, différentes applications

L'innovation MDI tient en un moteur 100% écologique, sans émissions de gaz et ne nécessitant pas de matières premières rares puisque "l'air est partout", sourit le PDG. "La technologie consiste à aspirer l'air ambiant, à le comprimer dans un réservoir et à l'utiliser pour entraîner, selon les cas visés, un moteur ou un alternateur", résume-t-il. Un moteur "propre et durable", insiste-t-il, "le réservoir étant homologué pour 20 000 cycles de charge ce qui représente une durée de vie supérieure à celle du véhicule lui-même". Autres points soulignés, son éco-conception, sa simplicité de maintenance et sa sobriété, "la notion de juste nécessaire" présidant à l'ensemble des développements de MDI.

A partir de ce petit moteur à air comprimé de 7 kw, le groupe a conçu et imaginé différents types de véhicules légers, allant de la voiturette de golf au petit véhicule urbain en passant par la benne à ordures donc, baptisée AirVolution, dont Véolia Environnement a acquis l'exclusivité pour la France. Un partenaire de taille pour MDI qui se dit ouvert à des accords ou joint-ventures avec d'autres industriels pour adapter sa technologie à des produits de niche comme les laveuses industrielles. Car MDI n'a pas vocation à fabriquer ses produits, préférant la diffusion de son savoir-faire via la vente de licences sur des zones géographiques définies.

Production locale

"Il s'agit d'encourager un mode de production locale", confirme Cyril Nègre. L'idée étant de proposer aux investisseurs des licences de fabrication et d'exploitation des véhicules ou autres produits conçus en amont par le groupe, associées à des unités de production à taille humaine, outillées par MDI Prod pour fabriquer - à terme - 80% de la masse du véhicule sur place. Et ainsi servir son marché domestique au rythme de 5 000 exemplaires par an. Les avantages de ce concept industriel sont, selon le dirigeant, nombreux : "il permet de réduire les intermédiaires, donc de baisser les coûts et de rendre accessible des produits propres réalisés localement par des salariés locaux pour des consommateurs locaux". Un process à la fois économique, écologique et social qui coche toutes les cases du développement durable.

Une dizaine de contrats signée dans le monde

Ce concept, aujourd'hui, est sur les rails. D'où l'accélération de MDI qui entre en phase d'industrialisation. Le groupe a ainsi contracté avec différents investisseurs pour l'installation d'usines de production de véhicules dans une dizaine de pays. Au Maroc, l'accord conclu en octobre dernier concerne la co-production et la distribution de GreenAir, une voiturette destinée aux golfs, resorts et complexes touristiques avec laquelle MDI entend attaquer le marché courant 2020. "C'est une excellente opportunité pour donner de la visibilité et de la crédibilité à notre technologie avant le lancement des véhicules nécessitant une homologation européenne". En l'occurrence l'AirPod 2.0, petit véhicule urbain d'une autonomie de 100 à 120 km, pouvant atteindre une vitesse maximale de 80 km/h et dont "le rayon de braquage, très ouvert, est particulièrement bien adapté à la conduite en ville". Les premiers exemplaires seront produits en Sardaigne par la société AirMobility qui a signé pour 1000 véhicules par an sous licence MDI. C'est aussi elle qui fournira les carrosseries des 30 démonstrateurs qui assureront la promotion de l'AirPod 2.0 tout au long de l'année 2020 durant laquelle l'obtention de l'homologation est attendue. En Australie Nouvelle Zélande, encore, le contrat porte lui aussi sur l'AirPod 2.0 mais également sur la production de groupes électrogènes. Car si la technologie à air comprimé s'applique au domaine de la mobilité, de niche ou de masse, elle peut aussi servir d'autres marchés, et notamment celui du stockage d'énergie verte domestique pour lequel un produit - l'AirWall - a été conçu.

Mise en place d'un AirLab

"Dans notre stratégie, le stockage d'énergie renouvelable prend une place importante au regard des enjeux énergétiques actuels", insiste Cyril Nègre. A cet égard, "nous entrons en période de test et recherchons des candidats à l'instar des gestionnaires de resort pour y installer des PoC". Par ailleurs, si le solaire comme source d'énergie est aujourd'hui privilégié pour ce produit, "des travaux vont être rapidement fait sur l'hydrolien et l'éolien au sein de notre AirLab dont la mise en place est en cours à Carros". Ce laboratoire va également travailler sur l'implémentation de systèmes permettant d'augmenter l'autonomie et le rendement du moteur, ainsi que sur la conception de stations de recharge en air appelées à accompagner le déploiement des véhicules, aujourd'hui rechargeables depuis une prise électrique. En attendant, MDI poursuit ses efforts pour convaincre les investisseurs de se lancer, notamment en France, où le groupe a invité en novembre une poignée de députés et sénateurs à visiter ses installations carrossoises. Parmi eux, Stéphane Piednoir, rédacteur du rapport sur les scénarios technologiques permettant l'objectif d'un arrêt des moteurs thermiques en 2040. Un interlocuteur de choix pour pousser la motorisation à air comprimé sur le devant de la scène.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2020 à 12:28 :
ça fait 25 ans que ça fait pshhhitt mdi.

Normal pour de l'air comprimé...

blague à part, il va falloir vendre autre chose que rien...
a écrit le 06/12/2019 à 10:30 :
Etonnant comme montage, mais.. Pour le reste l'idée du moteur à air est ancien. Il faut rappeler que si le moteur est propre, disons super Bio, l'énergie nécessaire pour produire de l'air comprimé vient de quelque part.. En outre ce système devra se plier à la stricte législation sur le contrôle en service des capacités sous pression..

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