Les capteurs de Greencityzen au secours du HCR

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(Crédits : DR)
La startup établie à Marseille a mis au point des solutions qui permettent de connecter l'environnement et qui intéressent particulièrement les industriels et les collectivités. Mais c'est avec l'ONU et le Haut Commissariat pour les Réfugiés que la jeune entreprise déploie également sa technologie, utile pour gérer aussi les situations tendues.

Le monitoring de l'environnement est l'une des composantes qui constitue ce que l'on appelle la ville de demain. Pouvoir connecter l'eau notamment recouvre des enjeux multiples mais c'est surtout le capacité à offrir des outils d'aide à la décision qui représente l'intérêt majeur. C'est exactement sur ce créneau que s'est positionnée la startup, née en 2016.

Et assez logiquement, c'est le sujet de l'eau qui en est le cœur. "Nous travaillons beaucoup sur l'eau, notamment sur les réseaux d'assainissement" détaille François Hamon, le dirigeant de la startup basée à Marseille. L'eau qui permet à la jeune pousse de collaborer avec des grands comptes sur ces sujets, tels la Société des Eaux de Marseille, Veolia ou encore Suez et le SERAMM (le service d'assainissement de Marseille Métropole, filiale de Suez NDLR).

 Sécuriser l'approvisionnement

Cependant, par leur capacité à piloter à distance, les solutions connectées de Greencityzen ont fait un bond à l'international, choisies par l'ONU pour sécuriser l'eau potable dans les camps de réfugiés. Comme l'explique François Hamon, dans les premiers mois, les camps de réfugiés sont approvisionnés en eau potable non pas directement par le HCR mais par des sous-traitants. Et toute la problématique pour le Haut Commissariat pour les Réfugiés est de s'assurer que les livraisons en eau potable soient bien effectuées comme prévues. Afin de tracer ce qui est réellement fait, des capteurs mis au point par Greencityzen sont apposés sur les réservoirs d'eau, présents dans chaque camp de réfugiés, qui prennent la forme de "villages".

"Les capteurs permettent de connaître le stock d'eau potable disponible et d'alerter sur les livraisons qui ne seraient pas faites comme prévu. Après six mois, des canalisations sont mises en place, mais le moment critique de l'approvisionnement en eau se déroule dans les premiers mois", explique François Hamon. 300 capteurs ont été déployés courant novembre dans des camps en Ouganda. François Hamon s'est notamment rendu dans le camp de Bidi Bidi, plus grand établissement de réfugiés au monde. En janvier, c'est au Bangladesh que Greencityzen installera ses solutions.

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Rafraîchir la ville

Un autre des sujets abordés par la jeune pousse concerne l'arrosage intelligent et le rafraîchissement des villes. Une préoccupation environnementale certaine étant donné le réchauffement climatique et les épisodes d'intenses chaleurs, vécues ces dernières années. Et c'est notamment l'évapo-transpiration que Greencityzen valorise, ce qui permet de lutter contre les îlots de chaleur. Baptisée HummBox, cette solution est constituée de capteurs positionnés dans le sol et de stations météo qui transmettent des données telles que la température, l'humidité ou la pluviométrie. "En fonction de ce qui est considéré comme des paramètres environnementaux, nous pilotons les électrovannes qui déterminent l'arrosage", souligne François Hamon. Et l'avantage c'est qu'en arrosant le végétal correctement, autrement dit en amplifiant cette évapo-transpiration, "les températures baissent de 5°". Une réponse technologique qui a convaincu la ville de Florence, en Italie.

Lutte contre les déchets en mer

Autre thématique qu'aborde la jeune entreprise, celle des déchets en mer. Une préoccupation générale, encore amplifiée par la perspective des JO 2024 (une partie des épreuves se déroulera dans la Cité phocéenne NDLR). Avec le SERAMM justement, les avaloirs vont être équipés de capteurs afin de repérer les déchets très tôt et d'éviter qu'ils ne finissent en mer. Un millier va être déployé d'ici début 2020 pour à terme, avant les JO, atteindre 10 000 capteurs disposés partout dans la ville. L'idée, avec cette démonstration grandeur nature, est de convaincre d'autres métropoles de s'équiper. Comptant un effectif de 10 salariés, Greencityzen double son chiffre d'affaires chaque année.

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