Quand l'acier d'ArcelorMittal Méditerranée sert aussi les technologies durables

 |   |  733  mots
(Crédits : DR)
Si elle consacre une nouvelle enveloppe de 100 M€ pour réduire son impact sur l'environnement, l'usine basée à Fos-sur-Mer rappelle que le tout relève d'une démarche initiée il y a déjà 5 ans et que l'acier est aussi une composante de technologies vertes dont l'électro-mobilité.

La question de l'impact sur l'environnement générée par l'industrie n'est pas un sujet ignoré, pas plus que dans tout autre type d'activité économique. En annonçant injecter 100 M€ d'ici 2023 pour son site provençal de Fos-sur-Mer dont 20 M€ exclusivement consacrés à un système de filtration innovant capable de réduire de 40 % les émissions de poussières à l'agglomération - allant même au-delà des normes à venir - ArcelorMittal veut bien montrer que le sujet environnemental n'est pas pris à la légère. Il faut dire que les conséquences des activités industrielles sur l'écosystème proche sont matière à attention, autant des associations de protection de l'environnement que des industriels eux-mêmes.

C'est exactement le message qu'entend faire passer Bruno Ribo. Arrivé en 2012 en Provence, le directeur du site de Fos-sur-Mer rappelle que la préoccupation n'est pas nouvelle et qu'une première enveloppe de 100 M€ a déjà été investie au cours des 5 années précédentes. Avec des résultats mesurés, dit-il, dont une émission de poussières et de dioxydes de soufre divisée par deux et 70 % de dioxines en moins.

Mais pas question d'en rester là. Car le groupe lui-même s'est engagé dans la volonté de produire un acier "sûr et durable". Dont acte. Et dont nouvel investissement.

Acier de spécialités

2ème site français du groupe sidérurgique - le premier étant celui de Dunkerque - celui de Fos-sur-mer est stratégique à plusieurs égards. Premier client du Grand Port Maritime de Marseille en vrac, deuxième employeur des Bouches-du-Rhône avec 4 000 salariés, 2 500 en interne et 1 500 co-traitants, il voit sa production - 4 millions de tonnes annuelles pour 189 nuances d'acier - être exportée à 90 %. "Nous servons le Sud de l'Europe, vers l'Italie et l'Espagne ainsi que la Turquie, la Grèce et les pays du Maghreb", détaille Bruno Ribo, le tout auprès de 510 clients. Sur la production totale, 30 à 35 % des produits sont des aciers de spécialités. ¼ de la production concerne même précisément l'acier pour automobile, acier de haute résistance.

L'énergie est un autre secteur pour ArcelorMittal, notamment pour les éoliennes, le gaz, les pipe-lines... "On retrouve certaines de nos produits dans les pipe-lines aux Etats-Unis et au Canada", précise Bruno Ribo. ArcelorMittal qui est également un fournisseur des chantiers navals de Saint-Nazaire. "L'acier produit à Fos se retrouve sur le pont des bateaux".

Outre le site de Fos-sur-mer, ArcelorMittal Méditerranée c'est aussi le site de Saint-Chély d'Apcher en Lozère. C'est là qu'en 2013, 90 M€ ont été consacrés à une ligne de production dédiée aux aciers électriques haut de gamme, présentée alors comme unique en Europe. Des aciers utilisés pour les éoliennes donc mais aussi pour l'automobile hybride et électrique comme les moteurs électriques industriels. "Nous prenons le virage de l'électro-mobilité", indique Bruno Ribo. "Nous assistons à une croissance exponentielle de l'électro-mobilité. C'est un changement que nous accompagnons".

Prendre part à la décarbonisation

C'est aussi, rajoute Bruno Ribo, une façon de démontrer que "l'acier contribue à la décarbonisation". L'occasion également de préciser que "nous visons la neutralité carbone à horizon 2050" et qu'ArcelorMittal soutient les accords de Paris.

Car l'acier est l'un des matériaux les plus recyclables. Ainsi 95 % des aciers mis au rebut sont recyclés sauf que cette part n'est pas suffisante pour couvrir les besoins, ce qui oblige à continuer à produire. A Fos, cette part d'acier recyclé va être vue à la hausse, pour passer de 10 % à 17 % d'ici 2 à 3 ans.

"C'est une contribution à l'économie circulaire", indique le directeur du site provençal. Qui estime aussi que "tout cela nous ne pouvons le faire seuls. Nous devons travailler avec des partenaires, nous avons besoin du soutien des pouvoirs publics afin d'établir notamment un niveau égal de compétition". Comprendre avec les acteurs établis hors zone Europe et qui ne sont pas égaux face aux obligations de réduction des émissions de Co2 via les ETS, les Emissions Trading System. "Il faut un mécanisme aux frontières qui redresse les distorsions des ETS", indique Bruno Ribo.

A Fos, on estime que l'on peut encore aller plus loin. Et que l'on doit être plus transparent, mieux expliquer ce qu'il se passe derrière les cheminées. Histoire de montrer que dans la sidérurgie aussi, l'industrie du futur a un sens.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :