Comment Sophim veut accroître ses capacités de production

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(Crédits : DR)
Installée à Peyruis, cette PME produit du squalane végétal utilisé dans les cosmétiques. Un ingrédient qui fait l’objet d’une demande croissante à laquelle Sophim doit trouver de nouvelles manières de répondre, qu’il s’agisse d’agrandir ses outils de production ou de diversifier ses matières premières.

Fabriquer des ingrédients naturels pour les cosmétiques, c'est ce à quoi s'attelle Sophim depuis sa création en 1996. Un métier qui s'incarne au travers de son produit phare : le squalane, "une molécule qui est utilisée en cosmétique depuis les années 1950 et qui présente de nombreuses vertus", expose Jacques Margnat, dirigeant de l'entreprise. Et d'énoncer son excellente compatibilité avec la peau humaine qu'elle n'a donc aucun mal à pénétrer, ou encore le toucher de velours et la brillance qu'elle confère aux crèmes.

À l'origine, cette molécule est extraite de l'huile de foie de requin, impliquant la surpêche d'un animal menacé. De quoi rebuter certains consommateurs, mais aussi les fabricants qui, depuis la crise de la vache folle, se méfient des ingrédients d'origine animale, privilégiant autant que possible le végétal.

Végétal. C'est justement ce qui caractérise le squalane fabriqué par Sophim à partir de sous-produits de l'huile d'olive. Si l'entreprise n'en est pas l'inventeur, elle en est néanmoins devenue le leader, les concurrents qui lui ont montré la voie ayant mis la clé sous la porte.

Les cosmétiques naturels : un marché en plein essor

Parmi ses clients, "les grands acteurs français de la cosmétique, mais aussi des entreprises en Europe et dans le reste du monde", l'export représentant 75 % de son chiffre d'affaire. Des clients qui se tournent de plus en plus vers les cosmétiques naturels, un marché qui, ces dernières années, "a cru de 12 % par an".

Et les perspectives de Sophim ne s'arrêtent pas là puisque, comme l'explique Jacques Margnat, "le squalane est un produit multifonctions. Dans l'industrie pharmaceutique, il est utilisé comme adjuvant pour des vaccins. En Asie, il est aussi consommé en gélule comme complément alimentaire". Et si ces usages sont encore marginaux, ils pourraient se développer à l'avenir, ouvrant de nouveaux horizons à la PME.

Une usine espagnole appelée à grossir

Reste à répondre à la demande. D'autant que la production de squalane végétal est très gourmande de matières premières. "Le produit fini représente 5 à 10 % des matières premières d'origine. Nos besoins de production sont donc très importants". Il faut par ailleurs offrir aux clients une sécurité d'approvisionnement, indispensable pour les fidéliser. D'où la construction en 2014 d'une usine à Almería (Espagne), lieu de production d'huile d'olive. "Là-bas, nous réalisons la première concentration de l'huile". Celle-ci est ensuite envoyée à Peyruis où se fabrique le produit fini.

L'usine espagnole et sa vingtaine de salariés ont permis à la société de doubler ses capacités de production. Mais cinq ans après, les limites sont à nouveau atteintes. "Ce qui a toujours freiné notre développement, c'est la production", observe le chef d'entreprise.

Il faut donc continuer à investir. Objectif : doubler une nouvelle fois les capacités de production d'ici trois ans. Ce qui passe par un agrandissement de l'usine espagnole pour un montant de 8 millions d'euros. Elle devrait être opérationnelle au premier semestre de 2021.

Trouver de nouvelles sources d'approvisionnement

En parallèle, il est aussi question d'innover, mission à laquelle se dédie 20 % du personnel de l'entreprise. Parmi les pistes de travail : la possibilité de produire le squalane à partir de nouvelles sources d'approvisionnement. "Il y a un an et demi, nous avons investi pour en fabriquer à partir d'autres huiles comme celles de soja ou de tournesol". L'avantage principal étant que ces matières premières sont disponibles en bien plus grandes quantités.

Qui plus est, en se tournant vers ces huiles alternatives, l'entreprise pourrait être amenée à fabriquer de nouveaux produits. "On espère devenir un jour producteurs de vitamine E qui est obtenue à partir du raffinage d'huile de soja. C'est un cousin germain du squalane".

Un moyen de continuer à croître, pallier par pallier, comme l'a toujours fait Sophim qui espère atteindre un chiffre d'affaire de 50 millions d'euros d'ici 3 à 4 ans, contre 22 millions aujourd'hui. A terme, Jacques Margnat n'exclut pas d'opter pour de la croissance externe, par le rachat d'entreprises "bien ciblées", ce qui n'a jamais été fait jusqu'alors. "L'occasion fera le larron".

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