Comment Aroma Zone cultive sa croissance en Provence

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(Crédits : DR)
Si son siège social est parisien, c’est dans le Vaucluse qu’Aroma Zone s’est développée, devenant la référence pour tous les amateurs de cosmétiques et de produits d’entretien faits maison. Une croissance qu’elle veut poursuivre au travers une série de chantiers allant de l’ouverture d’une boutique-atelier dans un hôtel particulier aixois à l’innovation en matière d’emballage.

Huiles essentielles et végétales, macérats, argiles, laits... Ce ne sont pas moins de 1700 références qui sont proposées sur le site d'Aroma Zone. Si bien que l'entreprise est devenue incontournable pour les adeptes du « fait-maison », qu'il s'agisse de cosmétiques ou de l'entretien de la maison. En 2019, elle affichait un chiffre d'affaire de 80 millions d'euros réalisé auprès de son million de clients. Et son activité ne se limite plus au web puisqu'elle dispose désormais de six boutiques en France, surfant sur l'essor du fait-maison. Pourtant, Aroma Zone n'aurait jamais dû être un site commercial...

Décembre 1999. Réunie autour d'un repas, la famille Vausselin a une idée. Pierre et ses filles, Anne-Cécile et Valérie, veulent créer un site internet qui permette à chacun de connaître les propriétés des huiles essentielles qui sont, à ce moment-là, l'apanage d'une élite. Le site est lancé et rapidement, des producteurs contactent les Vausselin car ils aimeraient y vendre leurs huiles. C'est chose faite dès mai 2000. "Nous avons commencé avec une petite gamme d'huiles essentielles en provenance d'Espagne, d'Inde, du Mexique et de Madagascar", se rappelle Anne-Cécile Vausselin, aujourd'hui PDG de l'entreprise. Une offre qui s'étend peu à peu tandis que les trois fondateurs poursuivent en parallèle leurs activités professionnelles. Mais en 2005, le succès est tel qu'il faut se consacrer à plein temps au site... et penser sérieusement à un lieu d'implantation. Ce sera le Vaucluse.

Une installation au plus près des agriculteurs-distillateurs

Les deux sœurs originaires de l'Auvergne sont immédiatement séduites par le département, "ses paysages, sa nature préservée, son ambiance, sa lumière". Et ce ne sont pas ses seuls atouts.

"Le Vaucluse est dans l'axe rhodanien", avec, non loin, la plateforme Colis-poste de Cavaillon et plus au sud, l'aéroport et le port de Marseille. "Être en Provence signifiait aussi être proche de nos producteurs d'huiles essentielles et de plantes aromatiques". Des producteurs avec lesquels l'entreprise cultive de solides relations. "Depuis quelques années, avec des agriculteurs distillateurs du Vaucluse, du Gard et de la Drôme, nous réimplantons des plantes aromatiques qui n'étaient plus cultivées qu'en Espagne ou dans les pays de l'Est. Nous finançons leurs plantations et nous assurons leur vente pendant sept ans. Cela participe à la revalorisation de terrains laissés en jachère et à la conversion de vergers en surproduction".

D'abord à Malemort du Comtat, l'entreprise rachète en 2007 un site à Cabrières d'Avignon. "On y fait toute la production et la recherche". Pour la plateforme et la logistique, elle se dote d'un second site, cette fois à Châteauneuf-de-Gadagne. Au total, c'est une centaine de salariés qui travaille dans le département en CDI, auxquels s'ajoutent environ 70 intérimaires pendant les périodes plus rythmées.

Ambition zéro plastique

Deux sites qui sont le cœur de l'activité d'Aroma Zone dont le siège social se situe à Paris. Et parmi les sujets qui occupent les salariés : celui de l'emballage. Car les clients, régulièrement consultés - "ils sont un service à part entière de l'entreprise"-, lui ont lancé un défi : celui du zéro plastique. Un défi qui n'est pas des moindres tant les alternatives sont rares. "Pour cela, nous avons dédié deux temps pleins". Des efforts qui commencent à porter leurs fruits. "Un matériau vient d'être développé spécialement pour nous. Il est recyclable mais aussi biodégradable et compostable dans un compost domestique". Il devrait être utilisé dès cette année pour les poudres, puis, dans un second temps, pour les liquides.

Et c'est loin d'être le seul chantier de la PME qui compte embaucher encore cinquante personnes sur les deux années à venir. De quoi renforcer les équipes du site de Cabrières d'Avignon qui sera agrandi en 2021. "L'idée est de ré-internaliser une partie de notre production, notamment la production de cosmétiques complexes telles que des crèmes et des laits". L'agrandissement sera aussi l'occasion d'ouvrir un magasin d'usine, plébiscité par les clients locaux.

Une série de nouvelles boutiques

Des recrutements auront également lieu à Aix-en-Provence où Aroma Zone ouvrira une boutique atelier dans l'hôtel particulier Boyer d'Eguilles. Le rez-de-chaussée fera place à une boutique de 300 mètres carrés, le premier étage à des ateliers, à des salles d'exposition et de conférence, tandis que le dernier étage sera occupé par des bureaux et une équipe web recrutée pour l'occasion.

D'autres boutiques devraient par ailleurs voir le jour à Toulouse, Bordeaux et au sein d'un ou deux magasins Printemps en plus des trois dans lesquels Aroma Zone est déjà présente. "Nous prévoyons aussi d'en ouvrir dans des pays frontaliers où nous avons déjà des clients via notre site". Parmi les destinations envisagées, la Belgique, l'Espagne ou encore l'Italie, ce pays représentant 8 % du chiffre d'affaire de l'entreprise, quand bien même "le site n'est pas en italien".

Car la tendance du fait-maison dépasse les frontières et touche un public toujours plus large, les consommateurs voulant, plus que jamais, reprendre leurs droits sur ce qu'ils mangent, sur ce qu'ils s'appliquent sur le corps... et par là même sur ce qu'ils ont de plus précieux : leur santé et celle de leurs proches.

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