Coronavirus : Epidemic Protect, l'autodiagnostic qui veut rassurer

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(Crédits : DR)
Développée à Marseille par un collectif d'entrepreneurs, cette solution vise – au travers de questions simples – à déterminer si contamination possible il y a ou pas. L'objectif étant d'éviter psychose et comportement anxiogène. Ce qui fait du bien dans le contexte que l'on sait.

L'idée a germé dans l'esprit de Jean-François Masse. Cet avocat d'affaires, habitué des situations de crise, a rapidement été à la fois impressionné et inquiet par les réactions provoquées par les conséquences, réelles ou supposées du coronavirus. Des réactions souvent provoquées par le climat anxiogène qui entoure le sujet.

D'où sa volonté de proposer une solution à la fois pratique et simple.

Intelligence collective

C'est un médecin urgentiste exerçant à l'Hôpital Lariboisière à Paris, Arnaud Depil Duval, qui crée le questionnaire, fait de demandes simples auxquelles il suffit de répondre par oui ou non. Mais pour faire du tout un ensemble capable d'être accessible par le plus grand nombre, quoi de mieux qu'une application ? C'est la société Kayla Santé, basée à Montpellier, spécialisée dans la collecte d'information sur les pratiques non médicamenteuses, validées par la science, et dans sa diffusion auprès des professionnels et institutionnels - le tout avec une touche d'IA - qui se charge du développement. Alors que pour l'hébergement des données, c'est la marseillaise Jaguar Network, dirigée par Kevin Polizzi, qui met à disposition des serveurs sécurisés. Le tout gratuitement. Car chacun des entrepreneurs a décidé d'apporter sa propre pierre à l'édifice, de façon bénévole.

Concrètement, la solution permet à tout un chacun de s'auto-diagnostiquer. Et en bout de chaîne, si suspicion avérée il y a, de mettre en relation avec les services hospitaliers adéquats. Voire d'être mis en relation avec un médecin, grâce à Medadom, plateforme de téléconsultation, elle aussi engagée dans l'aventure.

"Nous voulions casser le caractère anxiogène du coronavirus et rappeler les bonnes pratiques", explique Jean-François Masse.

Pour Jean-Marc Durand, le PDG de Kayla Santé, l'initiative s'inscrit parfaitement dans le positionnement du groupe qui "mêle intelligence collective et expertise numérique au profit d'une société responsable". Ici, clairement, "l'application a pour vocation de rassurer le plus grand nombre de personnes possible". Une application qui par ailleurs, n'exige ni données personnelles ni ne traque les données GPS. Seul le code postal est demandé.

L'intelligence artificielle permet, en cas de suspicion, de retrouver dans l'agenda de la personne concernée, les personnes avec lesquelles elle a été en contact et de les prévenir.

Oui... mais non disent Apple et Google

Développée pour être une application, Epidemic Protect se retrouve être, pour le moment, un site internet éponyme. Car ni Apple, ni Google, après moult demandes et vérifications, n'ont accordé la licence pour que du tout il soit fait une application téléchargeable. C'est donc, pour l'heure, via le web que la solution est disponible. Sans, le service de recherches des contacts dans son agenda.

Pour être disponible en store, Epidemic Protect doit être reconnue par un organisme gouvernemental ou par une structure de santé publique. Une sévérité qui navre les entrepreneurs engagés dans l'aventure. "Nous sommes avant tout un collectif de citoyens. Notre solution renvoie, si risque de contamination il y a, vers les services agréés. Notre démarche est totalement bénévole. Il n'y a pas de rémunération sur les données collectées puisqu'elles ne le sont pas", précise Jean-Marc Durand.

Une V2 est en gestation, apportant un plus, la capacité à géolocaliser les cas qui se révéleraient positifs, ce qui permettrait de constituer une cartographie en temps réel. Là encore, l'objectif est de fournir des données qualifiées aux organismes étatiques. Mais pour être réalisée, cette version 2 nécessite  un financement de 20 000 euros "ou de nouvelles bonnes volontés", indique Jean-François Masse. Qui veut croire à une intelligence collective capable de répandre son bon état d'esprit au-delà des frontières du Sud.

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