Comment La Maison de la Mousse engage sa diversification

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(Crédits : DR)
Reprise en février 2019 par un couple de trentenaires, l’institution niçoise fondée en 1979 sort de son sommeil pour s’offrir une seconde jeunesse. Où il est question de modernisation de l’image et de l’outil de production, et de diversification vers une clientèle de professionnels, l’hôtellerie-restauration et le yachting en tête.

La Maison de la Mousse entre dans le XXIe siècle. A la manœuvre, Juliane Costes et Julien Bounicaud, repreneurs en février 2019 de cette institution niçoise spécialisée depuis 41 ans dans la confection et la réfection d'aménagements intérieurs et extérieurs à base de mousse et de tissu. Une reconversion pour ce couple de trentenaires issu de la finance pour la première, de la communication et du catering pour le second. "Nous nous inscrivons dans un mouvement générationnel où la quête de sens, la volonté d'être dans le concret priment désormais sur une carrière professionnelle bien établie", indiquent ceux qui entendent conjuguer leurs compétences et réseaux pour réveiller cette belle endormie.

Grand potentiel

A l'image vieillissante du secteur, les jeunes repreneurs opposent "un vrai potentiel à exploiter". Et de détailler : "La mousse est partout, c'est ça la clé ! Elle est dans les véhicules, les motos, les scooters, les bateaux ; les plages, hôtels, cafés et restaurants aussi, et bien sûr chez les particuliers qui ont ici un pouvoir d'achat plus important qu'ailleurs". D'autant que "les nouvelles générations sont plus responsables, elles ne veulent plus jeter et préfèrent restaurer leurs meubles anciens". Enfin, "La Maison de la Mousse est une institution à Nice, elle est connue de beaucoup, parfois en bien, parfois en mal, mais la notoriété est existante". A eux d'en tirer avantage pour transformer cette maison un brin figée en une entreprise dynamique, pourvoyeuse d'emploi et de valeur ajoutée. "C'est un secteur artisanal où beaucoup d'indépendants travaillent seuls, dans leur atelier, et font appel à la sous-traitance. Ce n'est pas notre position. Notre idée est d'en faire une entreprise qui maîtrise son produit de A à Z, avec du personnel intégré et une offre la plus large possible pour les particuliers et surtout les professionnels".

Modernisation

Dont acte ! Après une phase d'observation, Juliane Costes et Julien Bounicaud ont entrepris de moderniser l'image de la maison. Relooking du showroom, intérieur comme extérieur, création d'un nouveau site internet, refonte de l'identité visuelle imaginée par l'agence de communication Comback pour mettre en avant l'étendue des compétences (coussins, tapisserie, literie, rideaux, voilage, sellerie...), made in France évidemment. Le parc de machines a lui aussi été restauré, avec des moteurs électriques moins consommateurs d'énergie et surtout plus silencieux. "Nous avons également élargi la proposition de l'offre avec une gamme de tissu plus variée et des mousses écologiques, à base de soja bio, et non feu", détaillent-ils. Enfin, "nous avons développé l'activité menuiserie" pour mieux se positionner sur le marché des professionnels. L'idée étant de maîtriser la chaîne de production dans son ensemble. Ce qui s'est traduit par l'embauche de deux personnes supplémentaires (une couturière et un sellier-tapissier) portant l'effectif de l'entreprise à 5 (contre 2 auparavant).

Diversification

Car si la cible des particuliers est toujours adressée, les dirigeants s'orientent clairement vers une activité BtoB. En ligne de mire : le secteur du tourisme, du yachting et de la décoration intérieure principalement. Et déjà des premières références signées : de la salle niçoise d'escalade Arkose, inaugurée il y a peu, à l'Hôtel Amour et le Café des chineurs, toujours à Nice, ou encore le restaurant L'avalanche à Isola 2000 et le Château Eza à Eze. Au total, plus de 1 000 projets ont ainsi été réalisés en 2019, permettant d'afficher un chiffre d'affaires de 185 000 euros, soit une progression de 25% par rapport à l'exercice précédent. La part de la demande professionnelle a représenté 35% de la clientèle totale, l'objectif étant de la porter progressivement à 70%. Quant à l'exercice 2020, il s'annonçait jusqu'à mars et l'épisode Covid-19 très prometteur avec une hausse de 60% des facturations sur le premier trimestre. Signe que la dynamique est belle et bien enclenchée.

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