Avec son store évaporateur, Prothelios veut offrir une alternative à la climatisation

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(Crédits : Amir Cohen)
Installée à Marseille, cette entreprise développe un store évaporateur capable de protéger les pièces de la chaleur des rayons solaires, voire de les rafraîchir. Un brevet vient d’être déposé. L’heure est maintenant à l’évaluation et au prototypage avant que le produit ne soit distribué, sur le marché de la rénovation en priorité.

C'est un principe que l'on connaît depuis l'Antiquité. Lorsqu'ils croisent la route de gouttelettes d'eau, les rayons du soleil perdent en chaleur, leur énergie étant détournée vers l'évaporation. C'est ainsi que les vases antiques permettaient de maintenir des liquides au frais. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ce mécanisme à l'apparence si simple n'est pas utilisé dans le bâtiment. "Pour deux raisons", pense Marc Doco, fondateur de Prothelios. "D'abord parce qu'il faut une source d'eau, ce qui n'est pas simple. Ensuite, parce que les gens du bâtiments n'aiment pas beaucoup l'eau en raison des soucis d'infiltration, de salissure et de champignon". Alors, lorsqu'il prend sa retraite, ce professeur agrégé de physique décide de mettre cette technique au service de l'isolation des pièces, voire de leur rafraîchissement.

Pour cela, il a conçu un store doté d'un système d'aspersion avec un réservoir d'eau intégré. Côté fenêtre, la surface du store est étanche. Côté extérieur, il est absorbant. Quand le store est baissé, l'humidité bloque l'émission de chaleur, alors qu'en temps normal, un double vitrage laisse passer 50 à 70 % de l'énergie solaire. Sur les premiers essais qu'il a réalisés, Marc Doco a enregistré une efficacité de l'isolation 30 à 40 % supérieure grâce à son dispositif. Dispositif qu'il a breveté en décembre dernier.

"Cela me permet d'en parler librement et d'éviter qu'il soit contrefait". Sur cette base, il veut désormais améliorer sa solution tout en veillant à ce qu'elle soit bon marché. "Ce que je vise, ce sont les personnes qui vivent en appartement en plein été, dans un bâtiment mal isolé, avec des pièces au soleil, sans climatisation". Des constructions existantes donc, mais aussi en rénovation.

Le produit doit aussi être amovible - "on n'en a besoin que lorsqu'il fait chaud" -, et universel, capable d'être posé sur tout type de fenêtre.

Construire un réseau de partenaires pour valider le dispositif

Pour répondre à ces exigences, trouver les meilleurs matériaux et améliorer le dispositif d'aspersion, l'entrepreneur travaille avec les plateformes technologiques d'Aix-Marseille Université. Des relations facilitées par l'intégration de entreprise au sein de Marseille Innovation. "Il faut aussi qualifier le produit, en relation avec des laboratoires d'essai pour savoir précisément quel gain de température espérer". Des échanges sont en cours, notamment avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Autre chantier et pas des moindres : celui du financement. Pour convaincre de potentiels investisseurs, Marc Doco pointe les nombreux avantages de sa solution : un moyen d'éviter, sinon de diminuer l'usage (polluant) de la climatisation, une consommation d'énergie quasiment nulle et un coût relativement faible sur un marché immense où le besoin est pressant étant donné le réchauffement des températures.

Les prochains mois doivent aussi servir à finaliser un prototype préindustriel. "Cela devrait être prêt fin 2020, début 2021". Après quoi se posera la question de la distribution. "Le moment venu, l'entreprise va-t-elle développer elle-même le produit fini ou bien passera-t-elle la main à des industriels sous forme de contrats de licence ?". La question est ouverte. Néanmoins, c'est davantage sur la seconde option que l'entrepreneur semble se projeter. "On pourrait être une structure de conception et de pré-industrialisation dans le domaine du solaire, qu'il s'agisse de protection vis-à-vis des rayons ou de leur utilisation. On pourrait être une PME intermédiaire sur laquelle les industriels pourraient s'appuyer pour développer des solutions". Un moyen de jouer sur la complémentarité plutôt que d'être dans l'offensive, pour continuer à être agile et innovant.

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