Rachel Paire - Europliage : “Gardons les idées claires et payons nos fournisseurs”

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(Crédits : DR)
A l’arrêt, le fabricant azuréen de portes blindées pour le marché de la rénovation courbe le dos en attendant le rebond. Lequel ne sera possible que si la chaîne de paiement ne se grippe pas, notamment en ce qui concerne les fournisseurs. C’est le message que martèle la dirigeante de la PME basée à Saint-Laurent du Var. Qui n’en est pas à sa première crise...

Rachel Paire se dit "sereine", du moins, "autant que faire se peut" dans le contexte que l'on sait. L'entreprise qu'elle dirige, Europliage, spécialisée dans la métallerie et la fabrication de portes blindées pour le marché de la rénovation sous la marque " Rachel P." est à l'arrêt depuis le 17 mars, midi. Basée à Saint-Laurent du Var, elle emploie 23 personnes, aujourd'hui au chômage partiel. "Nous avons fait le choix de fermer, d'abord pour suivre les recommandations du gouvernement et protéger les salariés, ensuite parce que tant nos fournisseurs de matières premières, situés en Italie du nord, que nos commerçants distributeurs ont fermé". Autrement dit, sans approvisionnement, ni commande, point d'activité.

Les crises surmontées

Et pourtant, Rachel Paire reste sereine. Il faut dire que des crises, elle en a vécues. Et surmontées. "J'ai fondé Europliage en 1991, raconte-t-elle. Quelques mois plus tard, la guerre du Golfe éclatait. Tout mon prévisionnel sur les achats de matières premières a été revu à la hausse et multiplié par 2,5. Immédiatement, j'étais dans le dur." Puis est survenue la crise des Subprimes, "compliquée à gérer", avec "un gouvernement moins clément pour les entreprises que l'actuel". Alors, pas question de faire la fine bouche ! "Nous avons accepté des travaux que l'on refusait généralement afin d'amortir la chute du chiffre d'affaires", lequel accusait un retard de 25% au premier trimestre 2009 pour se stabiliser à -2% à la fin de l'exercice. "L'important a été préservé, c'est-à-dire l'emploi, ce qui nous a permis de repartir de plus belle l'année d'après."

Garder les idées claires

Sauf qu'avec le Covid-19, la crise se fait plus radicale, plus violente. Et, souvent, dans ces cas-là, les petites structures comme Europliage sont "les premières à être fusillées", admet-elle. Pourtant, Rachel Paire demeure sereine. "Le message du gouvernement est très clair. Il s'agit de sauver le maximum d'entreprises. Pour une fois, on ne se sent pas tout seul, c'est important de le souligner". Et la dirigeante, dont les banques "jouent le jeu et continuent de soutenir la PME", de se féliciter de l'annonce de la prise en charge totale du chômage partiel pour les salariés. "Cela va nous donner un petit peu d'air pour garder les idées claires. Lorsqu'une crise apparaît, le réflexe de tout entrepreneur est de protéger ses salariés, donc de les rémunérer au détriment du paiement des charges et surtout des fournisseurs. Or, c'est la chose à ne pas faire. Nous devons absolument payer nos fournisseurs pour éviter un effet domino catastrophique et pour que nous soyons tous en situation de rebond à la sortie du confinement".

Développement commercial

Pour Europliage, il s'agira alors d'arbitrer. La PME, qui a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 3,3 M€, en progression de 13% par rapport à l'exercice précédent, s'inscrit dans une dynamique de croissance, avec d'un côté un développement commercial renforcé au national et, de l'autre, une diversification sectorielle engagée. "Nous travaillons depuis 2014 et le lancement de la marque signature de portes blindées Rachel P. à sortir progressivement des frontières régionales", confirme celle qui, pour compléter son maillage hexagonal, vient d'embaucher et de former un commercial pour la région Grand Aquitaine. Parallèlement, une démarche de diversification est entamée pour attaquer le marché des locaux techniques, Europliage adressant pour l'heure essentiellement celui des particuliers, en BtoBtoC. "Un certain nombre de certifications étaient en préparation, elles sont désormais en stand-by". Seront-elles relancées dans l'année ? "J'aimerais mais cela a un coût. Nous allons donc devoir définir les priorités en fonction de l'état des lieux en fin de confinement". Et Rachel Paire de conclure : "Cette crise nous a un peu coupé les ailes, nous espérons pouvoir rebondir rapidement. En tout cas, nous allons tout faire pour". Avec sérénité.

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