P-A Villanova - Corsica Linea : "La course aux gains de productivité ignorant le développement durable et le social, c'est fini"

 |   |  825  mots
(Crédits : DR)
Impactée, forcément, par les règles liées au confinement, la compagnie maritime, qui relie notamment Marseille à la Corse, voit pourtant, sa stratégie confirmée par ce que la crise provoque. Une stratégie depuis quatre ans tournée vers la RSE et la volonté de s'appuyer sur les productions et savoir-faire locaux, comme l'explique son directeur général.

Comme toutes les acteurs du transport, quels qu'ils soient, Corsica Linea s'est trouvée impactée par la décision du gouvernement d'opter pour le confinement. Pas de passagers, pas (ou très peu) de traversées, et évidemment, une activité économique impactée. En effet, seul l'affrètement en denrées alimentaires pour la Corse a mené les navires de la compagnie en Méditerranée. Et la deuxième phase, celle du déconfinement, voit un navire supplémentaire être dédié à la desserte de l'Île Rousse.

Confirmer la stratégie

Clairement, "la crise est un drame économique, il faut appeler les choses par leur nom", dit Pierre-Antoine Villanova. Qui veut être clair. "L'entreprise n'est pas en risque. Mais nous nous retrouvons dans l'état dans lequel nous étions lorsque nous avons repris la compagnie" indique-t-il, pour bien marquer le recul, en deux mois, que la crise va provoquer. Pour autant, précise aussi le directeur général, "nous allons reconstruire plus vite que ce que nous avons bâti en 4 ans". Car si Pierre-Antoine Villanova fait preuve d'optimisme, c'est parce que la crise a fait ressortir des priorités, qui, sont exactement en droit ligne avec ce qui constitue les fondamentaux de la compagnie depuis sa reprise en 2016.

"Les valeurs que nous portons d'ambition sociétale et de qualité environnementale se confirment". Alors même que "depuis 4 ans, on nous dit que l'on ne peut pas être sociétalement responsables et exemplaires d'un point de vue de développement durable", tient à rappeler Pierre-Antoine Villanova. "Ce projet d'entreprise nous l'avons mis en place car cela avait du sens. Et c'est le sens que nous voulons donner à notre entreprise n'a jamais été aussi juste".

Irriguer le tissu économique local

Ce qui concrètement se traduit par le recours à des marins français. Et non des marins italiens, dont le coût de main d'œuvre est trois fois moindre, ce qui séduit d'autres compagnies maritimes. "Nous avons fait le choix de développer une filière de marins français", appuie Pierre-Antoine Villanova, qui considère que l'on arrive bien à la fin d'un certain modèle. "La course aux gains de productivité ignorant le développement durable et le social, c'est fini. Il faut savoir mettre les priorités dans le bon ordre. Nous avons relocalisé les prestations et fait des choix concernant nos partenaires. Notre volonté est de créer un tissu économique autour de...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/05/2020 à 8:59 :
Un armateur qui fait naviguer des navires antediluviens , qui les équipe de scrubbers circuit ouvert pour brûler du fuel lourd plein de soufre , qui mise tout sur la RSE pour se faire une image verte , bref c'est Juste de la com pour les gogos . Cessez de nous prendre pour des idiots !!!
a écrit le 15/05/2020 à 4:41 :
Sachant qu'ils s'entendent très bien avec la CDC et sont en train de récupérer toutes les delegations de service publique en promettant l'embauche des électeurs nationalistes en échange, on peut imaginer qu'ils n'auront pas beaucoup de soucis à se faire.
Ils vont également exporter les déchets à prix d'or depuis la corse ... alors que les bateaux retournent à 70% vides sur marseille.
a écrit le 14/05/2020 à 21:54 :
Un petit nouveau qui se lance dans le stand up ? Attention, la concurrence est rude !
RSE et développement durable sont des notions inexistantes dans les dictionnaires et les formations de management. C'est pas qu'on part de loin, c'est surtout qu'on part de nulle part...
a écrit le 14/05/2020 à 16:01 :
LOL !

Mes moments préférés qui me feront toujours penser à Sarkozy qui après avoir serré deux mains et passé trois coup de fil nous a annoncé en grandes pompes:"Maintenant ça y est les paradis fiscaux c'est terminé !"

Merci de nous faire bien rigoler au moins, quand le ton y est comme ça, quand vous y mettez tout du votre, c'est un véritable met de fin gourmet.

Parce qu'il est évident que l'économie réelle avec les gestes barrières ne pourra jamais reprendre son rythme d'avant mais la finance nous a bien démontré qu'elle n'était pas corrélée à l'économie réelle, qu'elle faisait ses trucs dans son coin comme elle le voulait, sans aucune limite, sans qu'aucun politicien ne redise quoi que ce soit.
a écrit le 14/05/2020 à 14:06 :
Qu'il y ait des règles du jeu, certes ! mais certainement pas pour fausser la concurrence avec le marché mondial ou tout du moins occidental voire au minimum européen.
Les accords marchands nous l'interdisent mais le gvt s'assoit dessus allègrement pour alourdir nos charges et la gestion de la plus mauvaise manière qui soit.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :