Et si on parlait programme enfin ? Lettre aux candidat (e) s

 |   |  785  mots
(Crédits : DR)
Alors que les Municipales 2020 à Marseille occupent beaucoup les esprits et les conversations, la bonne compréhension des enjeux économiques est indispensable. Par Philippe Zichert, président de Via Marseille Fos.

L'actualité Métropolitaine des élections municipales est concentrée depuis des mois sur des personnes, candidats réels, virtuels, potentiels, alliances ou chimères. Des mois que nous les électeurs (salariés, retraités, chômeurs, entrepreneurs, société civile en général, fonctionnaires, entreprises, associations...)  attendons vainement. Alors il est vrai que je parle essentiellement de Marseille. Mais Aujourd'hui Marseille compte 131 conseillers Métropolitains sur 240. Avouez que c'est loin d'être insignifiant.

L'élection aura lieu en mars 2020, nous sommes début octobre et toujours rien. Alors entre les partis ou regroupement  qui hésitent à choisir un candidat, tentent des cuisines indigestes, alliances probables ou improbables et autres disciplines inintéressantes, je n'y trouve aucun intérêt.

On se croirait dans l'un de ces feuilletons insipides qui traversent les décennies sans qu'on n'y comprenne grand-chose. Mais où sont les enjeux locaux, métropolitains, la fusion Métropole/Département? Les programmes?

Pourquoi écrire? On ne se refait pas, l'une de mes chansons préférées l'explique : I don't want to be the one, The battles always choose, 'Cause inside I realize, that I'm the one confused... "Breaking the habbit »

Les sujets ne manquent pas : mobilité, logement, propreté, voitures, pas voitures...

Alors que penser des sujets économiques et écologiques, qui devront être abordés ?

Economie circulaire

L'économie circulaire liée à la gestion des déchets ? Ah bien sûr, il faudrait connaitre l'existant, pour le faire évoluer et aller vers l'avant.

Une visite récente sur le site d'EveRé (l'incinérateur de Fos), m'a permis comme tant d'autres de voir ce qui existait et ce qu'il manquait.

Ce qu'il nous manque ce sont les usines de recyclage, ces producteurs de plastiques recyclés de haute qualité. Il n'y a pas un mais des plastiques PET ou PETE : polyéthylène téréphtalate, HDPE ou PEHD : polyéthylène haute densité, PVC ou V : polychlorure de vinyle, LDPE ou PELD : polyéthylène basse densité, PP : polypropylène, PS : polystyrène et les O pour Others : mélange de polymères, résines.

Et pour la Méditerranée quel meilleur endroit que Marseille-Fos? Des étendues loin des habitations (ah oui Messieurs les écologistes, les plastiques des poubelles après tri attirent quantités de mouches), un port performant, une fluidité des transports. Qui se soucie que ce type d'industrie impose d'énormes quantités pour être viable économiquement ? 800 000 à 1 M tonnes/an.  Cela imposera sans nul doute de collecter, ses plastiques sur d'autres territoires, d'autres pays.

Il n'y aura pas 36 usines sur le bassin méditerranéen: une ou deux de grande dimension. Nous aurons besoin de la force publique afin de créer les conditions nécessaires  à ce type d'implantation.  Les emplois qui en découleront de manière directe ou indirecte sont difficilement imaginables à la vue des implications dans tous les secteurs de l'économie. Je me contenterais de dire,  du jamais vu pour une région.

Energies renouvelables

Qui connait l'Appel à Manifestation d'Intérêts Provence Industry'Nov qui implique collectivités locales, territoriales et la CCI Marseille Provence ? Comités de pilotages, comités techniques, sélections des dossiers... Les projets en cours ? Il ne suffit pas d'écrire sur les réseaux sociaux qu'on aime l'électricité et l'hydrogène pour avancer.

La solution unique n'existe pas, il faut mixer et faire évoluer là encore l'existant.

Sur les transports,  la force publique est le démarreur d'une économie basée sur le transport  décarbonné. Il est nécessaire d'avoir des motrices (bus, camions, voitures, rail) fonctionnant à l'électricité ou ave la pile à hydrogène. Entre les deux, les moteurs sont électriques, seuls les modes de stockages varient (batterie ou réservoir à H2).

Qui sait que notre région est l'une des régions qui produit le plus d'hydrogène en Europe ?  Il ne s'agit pas d'usines à production d'hydrogène mais d'un déchet  des  productions de chlore, soude et des isocyanates (polyuréthanes) depuis les années 1980. Il est non utilisable en l'état, il faut nettoyer de son monoxyde de carbone.  Ce que techniquement nous savons très bien faire.

Il y a un projet éolien marin qui est bien avancé, mais qu'il faudra multiplier. Il faudra aussi compter sur Jupiter 1000, Vasco 2, des mots barbares qui préfigurent les gaz de synthèse (mélange H2 et CO2 récupéré des cheminées industrielles)  et les biocarburants issus de la culture d'algues...

Rassurez-vous, tout de même certains candidats connaissent ces projets. Alors ma question sera :

- Comment voyez-vous le territoire dans dix ans ?

-Comment parviendrez-vous à tenir et transformer ces défis ?

Il y a bien d'autres sujets économiques qui seront abordés...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :