La trottinette électrique en free floating : maillon désormais indispensable de la mobilité urbaine

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(Crédits : DR)
Face au risque de saturation des transports en ville, la trottinette électrique tire son épingle du jeu. Elle s’insère comme un mode de déplacement écologique, apprécié sur de courtes distances et facile d’accès avec son parc en free floating (en libre-service et sans station). La question n’est donc plus de savoir s’il faut lui laisser sa place, mais comment.

D'ici 30 ans, plus des deux tiers de la population mondiale évolueront en milieu urbain1. Face à ce changement de paradigme, les villes sont sommées de se réinventer. Urbanisme, gestion des déchets, équipements publics... et bien sûr, transports, font partie des axes majeurs de transformation.

Un réseau routier et de transports en commun congestionné

C'est déjà une réalité : la voiture individuelle autrefois marqueur de liberté dans les déplacements accuse aujourd'hui un net recul en ville. La région Ile-de-France, la plus urbanisée du pays, en est la preuve avec une baisse de 4,7 % des trajets quotidiens effectués en voiture depuis 2010.En cause : l'augmentation du prix des carburants, de la réglementation, mais aussi et surtout des embouteillages. Les automobilistes franciliens passent en moyenne 150 heures par an dans les bouchons. A Marseille, le nombre est de 146 heures. Pas beaucoup plus reluisant.

Et si les transports en commun restent l'alternative la plus citée dans les déplacements face à l'automobile, ils peinent à absorber l'ensemble des voyageurs. On recense à Marseille seulement 1 129 kilomètres de lignes de bus, tramways et métros contre 3 886 kilomètres à Lyon. Sans compter les embouteillages, encore eux, qui retardent les bus desservant la périphérie. Il y a donc urgence à développer de nouveaux modes de transports non-polluants à même de répondre aux attentes de la population. En décembre 2019, Greenpeace a de nouveau épinglé la ville dans un rapport pour son manque d'action concernant la qualité de l'air.

L'idée n'est pas de substituer les transports en commun mais bien de les compléter dans un usage intermodal. Il en va de la qualité de vie des citoyens mais aussi de l'attractivité de Marseille à l'échelle nationale et internationale. Les Marseillais ont déjà commencé à changer leurs habitudes. En 2019, ils ont dit être 90 % à emprunter les transports en commun au moins une fois par mois. Ils sont également 34 % à déclarer utiliser des modes de déplacements partagés, contre une moyenne de 26 % dans le reste de la France. Ville jeune et étudiante, Marseille est donc encline au changement. Alors donnons-lui les moyens d'assurer cette transition !

La trottinette électrique à l'usage des déplacements quotidiens

Apparue en France à l'été 2018, la trottinette électrique en flee-floating s'inscrit dans la tendance de mobilité partagée, amorcée par les vélos en libre-service puis les voitures et scooters du même genre. Comme le montre une étude réalisée par le bureau de recherche 6T avec le soutien de l'Ademe, 7 % de ses usagers affirment déjà l'utiliser chaque jour ou presque, principalement pour des trajets domicile-travail. Ils sont ensuite 38 % à y recourir au moins une fois par semaine. C'est dire l'ancrage effectif, moins de deux ans après son apparition, de la trottinette partagée. Sans compter les déplacements réalisés en complémentarité avec les transports en commun. Deux tiers des courses réalisées par les utilisateurs de Voi s'inscrivent dans un déplacement multimodal avec les transports publics.

Mais l'avalanche de chiffres ne peut à elle seule masquer l'inquiétude quant à la prolifération de ces deux roues, parfois sources d'encombrement sur la voie publique. Il appartient aux opérateurs de prendre leurs responsabilités et de travailler main dans la main avec les collectivités locales. Avec Voi, nouveau venu suédois dans la cité phocéenne, des zones de parking incitatives ont été mises en place pour éviter le stationnement sauvage. Des zones à vitesse réduite et des zones de stationnement interdites dans les zones piétonnes ont également été instaurées afin de protéger les autres usagers de la voie publique. Ces exemples constituent les premières mesures d'une cohabitation sereine dans les rues de la ville.

A Stockholm, où Voi est apparu, la municipalité s'est vue décerner en octobre 2019 le prix CIVITAS, distinction européenne qui récompense chaque année la ville avec les transports les plus écologiques... mais aussi les plus sûrs. Preuve que l'émergence de ces modes de déplacements ne s'accompagne pas nécessairement du chaos dans les rues.

Oui, la trottinette électrique en free floating redéfinie sensiblement la circulation en ville. Mais c'est une opportunité à saisir pour aménager la ville de demain, qui répond aux enjeux de l'accroissement de la population et de la qualité de l'air. Pour y parvenir, opérateurs et municipalités doivent travailler main dans la main. Une mission que Voi est bien déterminé à mener à Marseille, pour les Marseillais.es.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2019 à 19:41 :
Enfin un article intelligent et encourageant pour l'emploi de la trottinette. Ca change de cette mode stupide et contre-productive du bashing contre ce nouveau mode de transport. Personnellement, j'ai découvert ce mode de transport grâce aux sociétés de location. A terme, je ne suis pas sûr que ce genre de service subsistera (c'est cher, peu écologique et il y a effectivement le problème du manque de respect du bien partagé) mais il a le mérite de faire découvrir ce mode de transport pour pousser les usagers à s'offrir leur propre trottinette en fonction de leurs besoins. Perso, j'ai d'abord acheté une trottinette type etwoo. Franchement, alors que c'est ce que l'on plébiscite le plus pour une utilisation multimodale, je trouve ces trottinettes dangereuses et peu fiables. Aussi, je m'interroge vraiment sur l'intérêt d'alterner transport en commun et trottinette. Autant prendre une trottinette capable d'assurer l'entièreté de notre trajet. A Bruxelles, il me fallait 45 minutes en transport en commun pour relier l'ULB et mon appartement du côté de Saint-Josse. En trottinette, il faut 15 minutes... (je me suis amusé à refaire le parcours). Par contre, mieux vaut investir dans une trottinette assez haut de gamme, genre à partir de 1000 € afin de s'assurer une bonne autonomie et de bonnes performances pour s'insérer avec sécurité dans le trafic. D'ailleurs, il y a de quoi pester sur le choix démagogique du législateur de limiter la vitesse de ces engins à 25 km/h (ceux qui ont voté les textes ont-ils déjà vraiment utilisé une trottinette ?) C'est franchement ridicule. Depuis que j'ai une trottinette puissante, c'est beaucoup plus sûr de s'insérer dans le trafic et les automobilistes ne s'empressent plus de vouloir nous doubler une fois que l'on atteint une vitesse de croisière en adéquation avec le rythme de course du trafic en ville, c'est à dire max 30 ou 50km/h en fonction des axes. Je ne vais pas rentrer dans un long débat là-dessus mais quelle hypocrisie cette limitation (soi-disant pour protéger l'usager et les piétons) qui ne répond en rien à la réalité. Lorsque la chaussée est mouillée, une trottinette est bien plus dangereuse (rien que la distance de freinage) que sur terrain sec. Est-ce que le législateur a pris la peine de prendre des mesures à ce sujet ? Là, la limitation à 25 prend tout son sens mais certainement pas par temps sec et sur certains axes routiers. Et puis encore une fois, il y a trottinette et trottinette. Au lieu de restreindre arbitrairement la vitesse (mais en terme de communication, c'est tellement plus efficace), le législateur pourrait déjà relever l'âge légal pour l'utilisation de ces engins voire exiger un permis car effectivement, rouler à trottinette demande une plus grande capacité de concentration et d'anticipation. Et pour ça, il faut de l'expérience... Bref, tombé un peu par hasard sur ce mode de transport, je pense sincèrement qu'il constitue l'avenir. Ça n'a que des avantages. Depuis que j'ai acheté une bonne trottinette, je ne prends plus ma voiture pour les trajets dans un rayon de 15km de chez moi. A part les grosses courses ou lors de fortes pluies, la voiture c'est fini. Je n'ai jamais été un grand utilisateur des transports en commun sauf à Bruxelles et ça a rapidement montré ses limites. Avoir une bonne trottinette, c'est une vraie révolution en terme de mobilité. Je sais quand je dois partir et je suis certain de quand j'arrive. Et tout ça en 2 à 3x moins de temps qu'en voiture ou en transport en commun. Je ne peux qu'encourager les gens à découvrir ce mode de transport lorsque le temps sera plus clément (j'habite maintenant à Liège en Belgique). Au delà de l'efficacité de ce mode de déplacement, la trottinette pourrait permettre d'améliorer la convivialité en ville, déjà en permettant l'échange à l'arrêt d'un feu. ;-)
Réponse de le 08/01/2020 à 15:47 :
En cette période de grève c'est clair que c'est bien pratique après je
suis pas forcément d'accord avec le commentaire précédent au sujet de la vitesse. la réglementation Française -> https://www.trotti-electrique.com/articles/reglementation-trottinette-electrique
estime la vitesse max à 25 km/h sachant que la plupart du temps le casque n'est pas obligatoire, conduire à 50 km/h me parait très dangeureux sur une chute (très plausible sur ce genre d'engin)

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