En Italie se joue l'union européenne

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(Crédits : FRANCOIS LENOIR)
Depuis le décret du 9 mars les citoyens doivent impérativement limiter les déplacements pour les besoins de première nécessité. Le 25 mars, Giuseppe Conte est intervenu au Parlement pour annoncer un nouveau décret-loi, après "Cura Italia", qui augmentera le fonds destiné à l'émergence coronavirus à 50 milliards d’euros et annonce des nouvelles restrictions jusqu’au 31 mai, le gouvernement bloque le paiement de taxes et d'impôts pendant six mois.

Le ministre de la Défense Lorenzo Guerini a annoncé, en accord avec le ministère de l'Intérieur, que l'armée sera déployée pour patrouiller les rues et garantir le respect des interdictions. Toutes les activités non-essentielles à la gestion de la crise ont été arrêtées. En ce qui concerne les écoles, le Ministère de l'Instruction a fait savoir qu'elles ne rouvriront pas le 3 avril. Dans le dernier décret, nous retrouvons un durcissement contre les violations des règles mises en place pour limiter la propagation du coronavirus : entre autres, des amendes de 400 à 3 000 euros pour ceux qui contournent les mesures visant à endiguer la propagation de Covid-19 et une peine maximale de 5 ans pour ceux qui, étant positifs au dépistage, violent la quarantaine.

La solidarité internationale

Les difficultés en Italie ont provoqué un énorme intérêt mondial et la mobilisation de la communauté internationale a été extraordinaire. La troisième équipe de médecins et d'experts est arrivée de Fujian, en Chine avec huit tonnes de fournitures médicales : 30 respirateurs pulmonaires, 3 000 combinaisons de protection, 300 000 masques (plus 20 000 autres de type N95) et 3 000 écrans faciaux. La Russie a également envoyé neuf avions transportant du matériel médical et environ 120 hommes au total, dont des

médecins et des experts en virologie. Cuba a envoyé une brigade de 52 experts à Crema : l'équipe comprend un chef de cabinet, le Dr Carlos Pe'rez Das, directeur de l'hôpital Joaqun Albarrn de La Havane, un responsable de la logistique et de la coordination, 35 médecins, dont 23 spécialistes en médecine générale intégrale, 3 pneumologues, 3 spécialistes des maladies infectieuses et 3 spécialistes des urgences et 15 infirmières.

L'économie italienne en difficulté

Le pays pourrait perdre 4 à 5% de son PIB en 2020. Cela dit, les répercussions sur le système économique pourraient être bien plus graves. Si l'urgence du coronavirus se terminait en mai, les entreprises italiennes pourraient enregistrer une perte de 275 milliards d'euros. Si, en revanche, l'épidémie devait persister jusqu'en décembre, les pertes pourrait attendre 640 milliards d'euros.

L'appel de Mario Draghi

Dans une intervention dans le Financial Times, Mario Draghi qualifie la pandémie comme "une tragédie aux proportions bibliques, non seulement pour la perte de vies humaines, mais aussi pour les conséquences économiques". Selon l'ex président de la BCE, les gouvernements doivent mobiliser toutes les ressources disponibles, peu importe si le coût sera l'augmentation de la dette publique, car une destruction permanente des capacités de production et donc des impôts, serait encore plus préjudiciable pour l'économie italienne et de la zone euro. Il faut donc agir immédiatement, sans hésiter sur les coûts des dettes publiques, car vu les niveaux actuels et probablement futurs des taux d'intérêt, ils resteront bas.

La BCE répond à l'appel

Une action sans précédent, qui prend en compte l'urgence extraordinaire de la pandémie, et qui étend totalement la liberté d'action de la BCE dans le domaine des obligations d'État, mais aussi dans celui des obligations émises par la BEI et le MES. La BCE pourra acheter des obligations d'État et des obligations émises par des entités internationales et supranationales sans limites dans son nouveau programme extraordinaire de 750 milliards qui durera au moins jusqu'à la fin de l'année. Par conséquent, la BCE n'aura pas à respecter la limite de 33% pour les obligations d'État et de 50% pour les obligations supranationales, ce qui a jusqu'à présent limité les achats d'actifs publics par PEPP.

Eurobonds : L'Italie et la France sur la même position

Giuseppe Conte et le président français Emmanuel Macron ont signé une lettre commune demandant la création des « Eurobonds » pour faire face à la crise économique provoquée par la pandémie. La lettre est signée par la France, l'Espagne, le Portugal, la Slovénie, la Grèce, l'Irlande, la Belgique, le Luxembourg. Enfin, l'Italie et la France forment un nouvel axe pour balancer la désastreuse politique allemande de l'austérité. Et c'est au nom de l'austérité que l'Allemagne, Pays Bas et Autriche se sont pour l'instant opposés aux corona-bonds. Un changement à niveau de l'Union Européenne est souhaitable : les Pays-Bas et l'Allemagne affirment que ceux qui veulent des exemptions et des aides doivent ouvrir les portes de leur pays directement à la Troïka. L'Europe gagnera sa bataille contre les égoïsmes nationaux seulement si elle saura repartir de ses origines et construire une vraie union politique.

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