Pourquoi il faut verdir les transports

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(Crédits : DR)
La réduction es gaz à effet de serre est un défi pour beaucoup d'industriels. Une décarbonation de l'économie apparaît comme nécessaire et le secteur des transports, très varié, est l'un des sujets primordiaux.

Alors que les températures mondiales augmentent et que les conditions météorologiques sont perturbées partout dans le monde, la nécessité d'agir sur le changement climatique devient de plus en plus urgente. L'Accord de Paris de 2015, qui a fait date, a constitué une étape importante. Toutes les parties ont convenu de limiter le réchauffement climatique à moins de 2ºC d'ici l'an 2100, ou bien, de manière plus ambitieuse encore, à 1,5ºC par rapport à l'ère pré-industrielle.

Réduire les gaz à effet de serre (GES) pour atteindre ces objectifs est un défi énorme pour tous. Pour parvenir à la réduction nécessaire, nous devons opérer une décarbonation généralisée de l'économie, avec des réductions particulièrement importantes dans les domaines où la technologie le permet, notamment dans le secteur des transports.

Le transport est à lui-même un secteur très varié : de nombreuses technologies sont utilisées pour déplacer des personnes et des marchandises sur des distances et des terrains différents et à des vitesses variables. Malheureusement, il repose presque entièrement sur une seule source d'énergie - la combustion du pétrole. En conséquence, le secteur dans son ensemble est responsable de 17 % des émissions totales de GES dont 1/5 sont des émissions de dioxyde de carbone (le GES qui impacte le plus le réchauffement climatique).

La promesse de l'électrique

L'augmentation croissante de la population mondiale, de la richesse, de la consommation et des échanges commerciaux contribue à accroitre ces émissions. En d'autres termes, nous conduisons, volons, naviguons davantage et achetons plus de biens dans une économie mondialisée - même si les impacts actuels du coronavirus imposent un ralentissement temporaire des échanges commerciaux et peuvent entraîner des changements structurels à plus long terme quant aux voyages d'affaires et de loisirs, avec une utilisation accrue des technologies de communication à distance.

La pollution de l'air est un accélérateur supplémentaire de changement. Les villes du monde entier souffrent régulièrement de niveaux élevés d'oxydes d'azote, de dioxyde de soufre et de particules dangereuses pour la santé humaine. La combustion du diesel et de l'essence dans les voitures, les utilitaires, les camions, les autobus et les motos polluent énormément ces villes. Dans les villes portuaires, la pollution provoquée par les navires qui brûlent du combustible de soute s'ajoute à la pollution atmosphérique locale.

Pour certains modes de transport, il est plus facile de substituer le pétrole que pour d'autres. Les voitures sont les plus polluantes avec plus d'un tiers des GES émis par les transports au global. La bonne nouvelle, c'est que les véhicules électriques à batterie, une alternative au moteur à combustion interne, sont de plus en plus performants, et dans certains pays, l'infrastructure permettant de charger ces véhicules se développe à toute vitesse. La Norvège entre autres fait figure de chef de file pour la promotion et l'utilisation des véhicules électriques et hybrides. Certaines villes, en Asie par exemple, remplacent aussi les bus diesel par des bus à batteries électriques, piles à hydrogène ou autres solutions alternatives fonctionnant au gaz.

Quelles énergies ?

Certains modes de transport sont néanmoins plus difficiles à décarboner. Il n'existe pas encore de flottes de camions, d'avions ou de navires électriques. Pourtant, l'hydrogène et le gaz peuvent aussi avoir un potentiel pour les camions et les transports maritimes.

Si la solution de l'hydrogène s'avère viable pour les transports, atteindrait-on un niveau zéro de GES ? Cela dépend de la source. L'hydrogène "gris" est créé par des molécules de craquage du méthane - CH4. Mais une fois que le 'H' a été obtenu, il reste encore du carbone, ce qui est mauvais du point de vue du changement climatique. Il existe une alternative propre à l'hydrogène gris - l'hydrogène "vert" provient des molécules d'eau de craquage, par électrolyse. Cela signifie que le sous-produit de H2O n'est que de l'oxygène. Cette solution est toutefois très coûteuse en raison de la quantité d'énergie nécessaire.

Il faudrait utiliser l'excédent de production d'énergie éolienne et solaire, lorsque l'offre d'énergie dépasse la demande, pour créer de l'hydrogène.

Le biogaz - produit à partir de déchets agricoles, alimentaires et municipaux - est une autre alternative au gaz naturel fossile. Il est déjà utilisé dans la flotte d'autobus de New Delhi et pourrait être développé dans d'autres villes.

Accélérer, oui mais comment ?

Que faut-il donc faire pour mener la transition énergétique des transports ? Il existe un certain nombre de facteurs d'accélération. Nous pouvons nous attendre à ce que les pays qui produisent de l'électricité à faible teneur en carbone se concentrent davantage sur l'innovation et la production de transports propres - la Norvège étant déjà en tête, bientôt rejointe par ses voisins d'Europe du Nord. La taxation du carbone n'est pas assez largement appliquée à l'utilisation du pétrole dans les transports - ce qui contribuerait à encourager la transition. L'élimination progressive des subventions à la production et à la consommation de pétrole modifierait également la dynamique des prix. Dans le même temps, davantage d'investissements dans les transports en commun propres pourraient permettre de diminuer le trafic routier.

En quoi cela est fondamental pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris ? Outre la décarbonation de la production d'énergie, nous pensons que le verdissement des transports peut et doit jouer un rôle majeur au cours des deux prochaines décennies. Selon nous, plus de la moitié des réductions d'émissions nécessaires devront provenir de ces deux secteurs. Le transport est un secteur clé. Il y aura sans aucun doute des coûts substantiels associés à la transition et beaucoup d'innovations sont encore nécessaires. Mais le coût de l'inaction - entrainant des perturbations sociales et économiques causées par catastrophes météorologiques, des températures plus élevées et des changements dans les cycles de l'eau - pourrait bien être beaucoup plus élevé.

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