La farine de microalgues, la solution protéinée d'inalve

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(Crédits : DR)
Grâce à son procédé biotechnologique capable de produire des microalgues sous forme de biofilm, la startup basée à Nice compte répondre à la pénurie de protéines qui se profile d'ici 2050 et à la demande des marchés de l'alimentation animale et de l'aquaculture. La phase d'industrialisation devrait démarrer en 2019.

Il a juste fallu considérer le problème d'un autre point de vue. Une vision plus "simple" qu'ont eux Christophe Vasseur et Hubert Bonnefond, le premier docteur en océanographie, rentré des Etats-Unis où il est passé chez Algenol Biofuels, le second ingénieur agronome et docteur en biotechnologies marines. Duo fondateur d'inalve en avril 2016, ils partent du constat que si l'aquaculture est considérée comme la solution pour supporter les besoins croissants en protéines de la population mondiale, il n'en reste pas moins que la demande dépasse déjà l'offre et que selon la FAO, l'organisme chargé de l'alimentation et de l'agriculture au sein des Nations Unies, c'est bel et bien une pénurie qui pointe le bout de son nez à horizon 2050.

Maillon "faible"

"L'aquaculture est souvent présentée comme la solution de demain, les poissons pêchés fournissant des protéines de très bonne qualité. Si l'on considère que ce poisson se nourrit de micro-algues, pourquoi ne pas chercher à augmenter la production de ces micro-algues plutôt que la production de poisson ?" pose Christophe Vasseur, président d'inalve. Dit autrement, pourquoi ne pas couper un maillon dans la chaîne de production de protéines ?

Menés dès 2016 au sein du Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-mer (LOV) près de Nice, les travaux, sous la houlette de l'équipe de R&D que pilote Hubert Bonnefond, le directeur technique, finissent par sélectionner de façon naturelle une microalgue non OGM aux propriétés anti-oxydantes, immunostimulantes et riche en protéines.

Procédé breveté

Une microalgue prometteuse qu'il faut donc pouvoir produite en grand volume. C'est justement ce que permet le procédé biotechnologique mis au point par inalve, une production qui prend la forme de biofilm. Ensuite éco-extraite et transformée, cette biomasse devient farine. Prête à nourrir dans tous les sens du terme, les marchés visés, soit celui de l'alimentation haut de gamme pour animaux de compagnie et celui des ingrédients pour l'aquaculture.

Surtout, explique Christophe Vasseur, cette technique brevetée affiche un coût de production qui permet d'entrer sur les marchés enviés. "Notre validation technologique a été mise en regard des besoins des industriels". Reste donc désormais le passage à la phase industrielle.

 Financer l'industrialisation

Ça, c'est le projet pour 2019. Le lieu de production sera très probablement basé à Nice, le soleil - "l'énergie de production la moins chère du monde" - n'y étant pas étranger - et l'écosystème autour de la filière des micro-algues non plus.

"Nous voulons créer un pôle dédié, sur le territoire. Le terreau ici, est favorable", dit Christophe Vasseur.

Reste à financer l'unité industrielle. C'est le rôle du tour de table qui doit permettre de lever 2 M€ rapidement. Les premiers produits devraient être disponibles dans la foulée, dès 2019 également. La promesse, c'est 10 000 tonnes de protéines de microalgues produites annuellement.

Une dizaine de recrutements va également être effectuée, afin d'améliorer encore le bioprocédé et travailler à l'industrialisation. "Nous cherchons à capter l'hyper-croissance", souligne le président d'inalve.

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