Adequabio, un 100ème lauréat pour le DAP

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Le Dispositif d’Amorçage de Provence a réuni pas moins de 100 lauréats.
Le Dispositif d’Amorçage de Provence a réuni pas moins de 100 lauréats. (Crédits : DR)
100 lauréats... ça se fête. Quoi de mieux que les chiffres pour prouver l’efficience du Dispositif d’Amorçage de Provence, qui a permis depuis 14 ans via Pays d’Aix Développement, de créer pas moins de 83 entreprises et plus de 550 emplois. Dernière en date à bénéficier de ce soutien : Adequabio, spécialiste de la dépollution par les bactéries photosynthétiques.

Il compte aujourd'hui 14 ans d'existence et vient pour la 100ème fois de mettre le pied à l'étrier d'une entreprise, à savoir la Pertuisienne Adequabio. Sans conteste, le Dispositif d'Amorçage de Provence, plus connu sous le nom de son sigle DAP, a su montrer son efficience au fil du temps... Et ce succès, ce sont les chiffres, mis en avant par Isabelle Corbin, directeur de Pays d'Aix Développement (PAD), qui l'illustrent le mieux : « depuis son lancement, le DAP a permis de créer 83 entreprises pour plus de 550 emplois ». Pour mémoire, c'est à la faveur de «la décision de l'Etat en 2003, via le fonds de reconversion des Charbonnages de France », que PAD s'est vu confier « le soin de mettre en œuvre un fonds d'amorçage et les moyens financiers pour le développer. » Et nul doute qu'en Pays d'Aix, on sait parier sur les pépites d'avenir ! De Genes'Ink, première start-up à permettre l'impression d'électronique flexible sur des supports légers et transparents à Hysilabs, spécialiste du carburant alternatif que constitue l'hydrogène à l'état liquide, en passant par Solable, créatrice tout dernièrement d'un procédé de minéralisation de l'eau via oxydation avancée, le DAP a su sélectionner et soutenir des jeunes pousses porteuses de solutions en phase avec les exigences du monde de demain. Pour être éligible au dispositif, trois critères majeurs : ne pas avoir créé l'entreprise, vouloir s'implanter en Pays d'Aix et pouvoir justifier du caractère technologique et innovant du projet.

Adequabio, un procédé de dépollution différenciant

Et force est de constater que le 100ème lauréat, Adequabio, s'inscrit dans les mêmes logiques d'avenir que ses prédécesseurs.  Le cœur de métier de cette nouvelle-née implantée sur la pépinière d'entreprises de Pertuis ? « Il s'agit de dépollution via l'utilisation des bactéries photosynthétiques, un procédé sur lequel nous travaillons depuis près de 30 ans. Nos recherches ont permis à un industriel du Sud-Ouest, les Etablissements Barre, fabriquant de stations de récupération des effluents phytosanitaires, de nous repérer », explique Daniel Garcia, président d'Adequabio. Un partenariat qui a permis de donner le jour au premier produit de l'entreprise provençale, le Phytobarre, adressé au monde agricole. En quelques mots, il s'agit de la seule station à allier deux phénomènes pour traiter les effluents phytosanitaires : l'évaporation et la dégradation  bactérienne en milieu liquide. Il figure comme le 18ème procédé de traitement des effluents sanitaires au monde, mais se différencie de ses concurrents par sa simplicité d'usage. Pour l'utilisateur en effet, un seul geste à opérer, verser chaque année en début de saison agricole le sachet de bactéries dans les bassins de la station. « Nous avons généré une preuve de concept il y a près de 6 ans, puis nous avons été sélectionnés dans le cadre du projet européen Life, pendant lequel nous avons pu développer des démonstrateurs, tester l'efficacité du procédé et recueilli les retours des utilisateurs. Au cours de ce projet, nous avons dégradé pas moins de 150 produits ». L'entreprise est prête aujourd'hui à être lancée.

40 K€, le financement de la preuve de concept de toute une chaîne de production

Une solution prometteuse, donc, qui va bénéficier pour se développer du soutien du DAP, soit un prêt d'honneur d'un montant de 40 K€. Fonds remboursables avec différé et pouvant tout aussi bien financer R&D, études techniques, études de marché que brevets et prototypes. Dans le cas d'Adequabio, « le dispositif va nous permettre de développer une pré-série pour ces bactéries photosynthétiques. Car plus on construit de stations, plus on va devoir fabriquer de sachets de bactéries, et glisser vers une production quasi-industrielle », poursuit Daniel Garcia.

Mais auparavant, il a fallu convaincre les membres du comité...« Si le DAP est un succès 14 ans après sa mise en place, c'est grâce à la qualité des experts que nous avons réunis pour composer son comité de sélection. Ce comité est l'atout majeur du DAP. À la fois exigeant et bienveillant, il effectue une analyse très fine et complémentaire des projets. Nous avons la chance de réunir autour de la table des compétences à la fois techniques et financières », observe encore Isabelle Corbin. C'est dans cet esprit que s'est déroulée l'audition de Daniel Garcia et de Camille Escoffier, fondateurs d'Adequabio. « Les experts nous ont posé des questions diverses, abordant le procédé en lui-même. Ils se sont assurés que l'on maîtrisait tous les aspects de notre sujet, la taille du marché, les concurrents... Ils ont enfin regardé le business plan et les tableaux financiers ». Un soutien qui va donc aider la jeune entreprise à lancer une pré-série, d'autant que la commercialisation du Phytobarre s'amorce aujourd'hui... avec des devis d'ores et déjà signés. Nul doute ainsi qu'il s'agit pour PAD d'une future success story en pays d'Aix. Implanter durablement sur son territoire des projets innovants et technologiques à forte potentialité de développement, c'est tout l'objet du DAP.  Une fois encore, la mission est accomplie.

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