Payrfect, la solution anti-erreur des fiches de paie

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(Crédits : DR)
La start-up créée à Marseille en 2017 à l’initiative d’une ancienne responsable administrative et comptable a mis au point une application pour débusquer les bulletins de salaire erronés, ce qui est le cas d’un sur trois en France...

Voilà une solution numérique propre à répondre à un constat sans appel : "à l'échelle nationale, 40 % des affaires prud'homales traitent d'un sujet lié à la paie et un bulletin de salaire sur trois est faux", dresse Sabine Ferrero, fondatrice de Payrfect. Une simple division illustre donc toute l'étendue du problème : il y a plus de 20 millions de salariés en France, donc ce ne sont pas moins de 7 millions de fiches de paie qui comportent chaque mois des erreurs. Il faut dire que pour les DRH, le quotidien est rude : "nouveaux dispositifs, nouvelles réformes, on est mis à mal depuis bientôt quatre ans. La loi de finances 2018 va apporter à son tour des bouleversements, comme les ordonnances Macron, les changements au niveau des retraites, puis, l'année qui suivra, le prélèvement à la source..." Sans oublier, à plus courte échéance, le bulletin simplifié ou clarifié qui prend effet dès ce mois de janvier.

C'est donc pour offrir un outil à même de survivre à ces "mutations" que Sabine Ferrero, ancienne responsable administrative et comptable cumulant les expériences, de la TPE à la multinationale en passant par l'association et l'infrastructure culturelle, a eu l'idée de créer Payrfect. L'objet de l'application, dédiée pour l'heure au salarié ? "Ce dernier prend en photo sa fiche de paye avec son smartphone, notre solution numérique l'analyse". L'idée, bien sûr, n'étant pas d'entrer en conflit avec le gestionnaire de paie, mais bel et bien de disposer d'un outil pour faciliter le dialogue, ce qui peut être utile quand on n'est pas expert en la matière. "Nous sommes sur une innovation d'usage, elle utilise des technologies existantes qu'il faut adapter et faire évoluer, à savoir la reconnaissance de caractères et l'intelligence artificielle. C'est donc un gros travail de développement au vu des différentes présentations des bulletins, intégrant chacun à sa façon espaces, virgules, points..." L'application Payrfect vient donc d'être lancée en version bêta, elle est pour l'instant gratuite, le temps de confirmer sa fiabilité auprès des premiers utilisateurs et de la faire évoluer encore en fonction des retours. "Dès février elle deviendrait payante, les grilles de tarification sont pour l'heure à l'étude".

Un modèle économique biface... deux fois

Mais tout l'intérêt du modèle économique de la start-up, c'est qu'elle ne met pas tous ses œufs dans le panier de son application, et  ne cible pas non plus que le BtoC.

"Dans le back office, sera déployée plus tard la même technologie dédiée celle-ci aux entreprises, afin de leur permettre de vérifier notamment le paiement des charges patronales.  La version pour le salarié va donc asseoir notre solution, nous allons nous baser sur cette dernière pour développer celle dédiée aux gestionnaires de paie et aux dirigeants".

Mais ce n'est pas tout, puisque Sabine Ferrero propose également ses services hors du virtuel. Il s'agit de prestations de consulting et d'expertise, non seulement pour accompagner les porteurs de projet dans la gestion de la paie, mais aussi les entreprises déjà existantes à passer le virage numérique en ressources humaines. "Je propose également plusieurs fois par mois, à destination des salariés, une formation de deux heures pour les aider à décrypter leur fiche de paie". Des activités de service BtoB et BtoC qui génèrent d'ores et déjà du chiffre d'affaires, même si "le développement de l'innovation technologique a besoin de financements externes et c'est le parcours du combattant pour convaincre les financeurs publics et privés de l'intérêt d'une telle application". Sabine Ferrero devrait lancer prochainement une levée de fonds afin de poursuivre le développement de sa solution numérique, notamment en vue de l'adaptation de cette dernière aux nouvelles mesures du gouvernement, "soit des textes de loi qu'il faudra intégrer de façon algorithmique". Bref, 2018 est pour Payrfect une année test. Difficile en effet de prévoir pour l'instant laquelle des activités de la start-up jouera le rôle de locomotive, tout dépendra bien sûr de l'appropriation de la solution numérique par le public. 20 millions de salariés, c'est autant d'utilisateurs potentiels. Dans les hypothèses hautes, le digital prendra le pas sur le consulting. "Dans le cas contraire, les outils numériques que l'on a développés me serviront tout au moins dans mes activités d'expertise", conclut Sabine Ferrero.

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